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Sans aucun doute, la labricatiou de la bière aui'oit, sans les eliemins de fer, acquis un certain développement; mais (''videinmenl ce développement eût été frès-inlérieur à celui (pie nous venons de laire connaître, et dont les chemins de fer ont été le puissant instrument.
§ 0. — Transport des vins.
An moment où les premiers chemins de fer français furent mis en exploitation, la question de la possibilité de leur confier les vins fut sérieusement agitée : les trépidations des wagons devaient troubler le vin, presque le décomposer, et jamais, disait-on, les chemins de fer ne remplaceraient la navigation. Aujourd'hui les vins forment, avec les houilles, les céréales et les fers, les produits les plus importants du trafic des mar-
chandises. Sur plusieurs lignes, on \oit circuler chaque jour (les trains entiers chargés de \ins, et à diverses reprises, les gares de Cette et de Narbonne ont dû être fermées au public, parce que les trains ne suffisaient pas à enlever les quantités accumulées dans les cours, sur les quais, sur les trottoirs, dans tous les points où avait pu pénétrer un haquet.
Nous n'avons pas besoin de parler du degré de prospérité auquel sont arrivés les pays producteurs de vins. Dans le midi de la France, la culture de la vigne s'étend chaque jour, et il n'y a peut-être pas de contrée en Europe à laquelle les chemins de fer aient apporté plus d'aisance ef môme de richesses que dans les départements de l'ancien Languedoc.
On pouvait craindre que l'arrivée des vins du Midi dans les parlies de la France peu favorisées par le climat, pour la culture de la vigne, rendît désormais impossible, à des prix rémunérateurs, le placement de produits évidemment inférieurs comme qualité. Il n'en a rien été, et les faits qui se sont passés dans les départements traversés par le réseau des chemins do fer de l'Est ont montré combien ces appréhensions étaient chimériques. La plupart de ces départements, la Meuse, la Meurthe, la Moselle, les Vosges, la Haute-Saône, la Haute-Marne, l'Aube, possèdent de grandes superlicies de vignobles, mais dans lesquels la vigne n'arrive pas toujours à un degré dé maturité convenable. On redoutait la concurrence des vins du Midi; ces vins sont arrivés, nous pouvons le dire, avec une abondance, une violence presque inouïe :
gare de Gray a
reçu
en 1861. . .
50,817 tonnes
en 1862. . .
en 1863. . .
en 1864. . .
en 18G5. . .
en 1866. . .
lesqueUes se sont réparties dans les régions que nous venons d'indiquer. En mélangeant dans des proportions convenables
ni'SIl.TATS C.rNKIlMA. «201
It's \iiis luiicrs cl ;i|(ti(ili(|ll{'s de l'Ilii ;ilill ;i\ ce les \ iiis |i;'il('s cl soUVCIll ail^lt's (les liassilis di- l;i Iliilllr-Saniic, i\[' |;i Moselle, de |;i Meinllie, on ;i (ddeiiii des (iiialilés de \iiis (trdiii;iires dmil le |)l;ifeiiieii( a élr lrrs-1'aeili', et, loin de s'ahaisseï' cl de s'avilir, le pi'ix des vins de THsl de la l' ranci' a été eu quelque soile en iiu}^nicntanl. Nulle pari «ni n'a anaclié de vifiiies, connue l'annonçaieul de lanx itiophélcs.
Ainsi que pour les céréales, les eliemins de fer ont résolu le double problème de rauginentalion dans la production et de la l'acililé dans la répartition des vins, c'esl-à-dire d'une des substances les plus nécessaires à riionime qui Iravaille. *
Pour les vins comme pour les céréales, les compagnies de eliemins de i'er ont dû spoiUanémenl faire des abaissements de taxes que nous allons I'air.e connaître.
Dans les cahiers des charges, les vins sont comp^'is à la 2" classe, c'est-à-dire à 0 IV. 1 i par tonne et par kilomètre.
Les tarifs généraux des compagnies, ou tarifs applicables dans toutes les gares, consacrent déjà des réductions impoitantes et contiennent les prix ci-après :
Nord. . . de Of. l^ à Of. 07 par tonne et par kilom.
Est. ... » M 0 10 —
Ouest.. . 0 10 0 07 \rl —
Orléans.. 0 10 0 07 1/2 —
ParisL.M. 0 10 0 08,9 —
Midi. , . 0 08 12 0 04,7 —
Mais, sur clîaque réseau, il existe des tarifs spéciaux exceptionnellement réduits, appliqués dans toutes les directions parcourues par de grandes masses. Nous citerons les plus importantes :
Paris-L.-M. , prix variant de 0 f. 08 à 0 f. 05 par T. etpar kil. Orléans. . . — 0 06 1 2 0 05 —
Est — 0 08 0 04 —
Le tableau ci-après indique les quantités de vins en fiits transportées par les chemins de fer depuis 1851 jusqu'en 1860. Nous n'avons pu avoir les chiffres afférenls à tous les exercices, mais ceux que nous avons recueillis suffisent pour donner une idée du développement pris par cette nature de transports. Quelques compagnies comprennent, avec les vins, les vinaigres, cidres et poirés, ainsi que la bière; il convient donc défaire une légère correction aux chiffres qui vont suivre, si on no veut envisager que les vins proprement dits.
VINS EX FUTS TRANSPOKTÉS PAR LES CHEMINS DE FER DEPUIS I.'aNNÉE 18S1
jusqu'en 1806
ANNÉES
Nonr»
OUEST