RECETTES ET DEPENSES
On peut constater, en parcourant les colonnes du tableau qui précède, la plupart des faits qui se sont produits sur chacun des réseaux français depuis 15 ans, et trouver des exemples de progression soutenue, de chute rapide ou de développement subit du trafic. Nous indiquerons les faits qui nous paraissent comporter les enseignements les plus utiles.
Ligne de Paris à Strasboarg^.
Le produit kilométrique s'élève rapidement de 1853 à 1857, et il passe de 45,000 fr. à 72,000 fr.; mais en 1858 l'ouverture de la ligne de Paris ù Mulliouse enlève à la ligne de Strasbourg la moitié du trafic de l'Alsace et la totalité du trafic suisse, et le produit kilométrique s'abaisse à 03,000 fr., il remonte péniblement à 68,000 fr. pour redescendre encore à 65,000 fr. lorsque la ligne directe de Paris à Reims attire sur Soissons une partie du trafic des Ardennes avec Paris.
Ligne d'Épernay à Reims.
L'ouverture de la ligne de Reims à Soissons exerce sur la ligne de Reims à Épernay une influence désastreuse : le produit kilométrique s'abaisse de 49,000 à 23,000 fr.
Lignes de Gbâlons à Moarmelon, de Blesme à Chaumont et de Nancy
à Épinal.
Ces trois lignes présentent des résultats très-importants à noter. Tant qu'elles restent à l'état d'embranchements, leur produit demeure stationnaire : la ligne de Mourmelon donne 8 à 9,000 fr. par an ; la ligne de Blesme et celle d'Épinal oscillent entre 9 et 12,000 fr. Dès que ces lignes sont prolongées, l'une sur Reims, la seconde et la troisième sur Gray, le trafic se développe et atteint 24,000, 27,000 et 18,000 fr. par kilomètre. Les embranchements semblent donc arriver presque immédiatement au maximum de rendement que l'on peut en espérer, et ce n'est que lorsqu'ils arrivent à faire partie de grandes artères
qu'ils reçoivent un nouveau trafic. Malheureusement, ce trafic est souvent enlevé à d'autres directions, et on ne constate en définitive qu'un déplacement.
Ligne de Vendenheim à Wissembonrg.
Pendant plusieurs années le trafic de la ligne de Wissembourg demeure stationnaire et limité à 1 2,000 fr. par kilomètre. A partir de 1861 il progresse rapidement et arrive à 22,000 fr., parce que la liberté accordée aux compagnies par le décret du 26 avril 1862 sur les tarifs de transit permet à la compagnie de l'Est de lutter contre les lignes allemandes, et d'obtenir une partie des marchandises qui s'échangent entre la Hollande et la Suisse.
Ligne de Paris à Vincennes.
La ligne de Paris à Yincennes et à la Varenne-Saint-Maur a pu échapper aux influences qui ont modifié dans de si graves proportions le produit des lignes dont nous venons de parler, et son trafic a pu se développer librement. Dans l'espace de six années le produit kilométrique s'est élevé de 72,468 par kilomètre à 108,494 fr., soit très-exactement de 50 p. 100.
Variations mensuelles du produit iiiloniétrique . — LcS recettes de l'exploitation ne se répartissent pas également entre tous les jours de l'année, et les différences qui se produisent d'un mois à l'autre sont très-considérables. Le tableau ci-après donne la valeur de ces différences pour deux années sur le chemin de l'Est ; si le trafic était uniforme, chaque mois donnerait 8,55, 55 p. 100 du trafic total.
Le mois de juillet 1865 a donné. . . . 9,01,22 p. 100 Le mois de janvier 1864 a donné.. . . 6,79,20
Différence 3,12,02 p. 100
Soit environ 50 p. 100 du trafic du mois le plus faible.
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§ 2, — Division des recettes par nature de produit.
Nous avons dit, au commencement de ce cours, combien le transport des marchandises avait été peu prévu sur les chemins de fer, qui, au dire d'un grand nombre de personnes, étaient impropres au transport des marchandises encombrantes. Nous avons montré comment toutes ces appréhensions avaient été heureusement déçues, et nous avons donné le chiffre de l'énorme tonnage actuellement transporté par les chemins de fer. 11 nous reste à préciser la part que représente dans les recettes générales d'un réseau, chaque nature de produit.
Ces produits se divisent habituellement en trois groupes :
Produit du transport des voyageurs ;
Produit du transport des bagages et articles de grande vitesse ;
Produit du transport des marchandises à petite vitesse.
Un quatrième groupe comprend quelquefois les recettes diverses faites à différents titres : produits du domaine, exercices clos, etc. ; mais ce groupe n'a aucune importance relativement aux trois autres.
Le tableau ci-aprés indique comment ces divers produits se sont répartis sur le réseau de l'Est dans une période de seize années :
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