CLASSE. 2* CLASSE
hix, par chemin de fer. .. . Sif.SO 16f.65
Prix, par dih'gence, en f''t(''. , . 40 » 30 p Prix, par diligence, ea hiver. . 30 > 20 »
3^ OAMt.
3* eusse.
3* ciafi»K.
5ir.S5 40 > 50 •
3* CLASSI.
Les prix que nous avons indiqués pour les diligences sont
les prix extraits des anciens lariis des messageries. Mais rien
EXPLOITATION COMMERCUME. SI 1
n'était plus variable qoe ces tarife, qui obéissaient à la loi commerciale de l'ofTre et de la demande : quand les voyageurs abondaient à Tépoque des chasses et des vacances, les prix
s'élevaient en quelque sorte sans limite; en hiver, au contraire, les prix étaient diminués de manière à altiier les voyageurs. Ces variations n'étaient pas les m«>mes pour tous les voyageurs : tel client obtenait une réduction qui était refusée à son compagnon de voyage.
Enfin, pour ne rien omettre dans Tétude relative aux deux modes de transport, il faudrait ajouter au prrx du transport par diligence le prix demandé pour les bagages, et la dépense faite pour la nourriture pendant la durée du vovapfe.
La comparaison entre les prix demandés par les entreprise» de navigation à vapeur et par les chemins de fer est encore plus difficile à établir, à cause de Textréme mobililé des prix des entreprises de navigation. On peut dire qu'en général les prix de la navigation étaient inférieurs h ceux des chemins de fer, et cependant il n'y a pour ainsi dire pas eu de lutte entre ces deux voies de communication. La régularité de marche sur les chemins de fer, la sécurité plus grande sur terre que sur Veau, ont immédiatement décidé les voyageurs à abandonner les bateaux, et, sur presque tous les fleuves, on n'a conservé qu^un nombre insignifiant de services destinés à desservir des localités que n'atteignait point le chemin de fer tracé loin des Vives du fleuve.
lnro«Tfnlontn tfui ré«alte««ai d« 1a Oxllé des tarifa povr une
ptgimàm éPmm «léeie. — Nous pensous que la fixation des tarifs pour une période aussi longue que celle d'un siècle, stipulée dans les cahiers des charges, donnera lieu à des difficultés de plus d'un genre entre l^tat et les compagnies. Lorsque ces
prix ont été fixés, au moment de la concession du chemin de fer, ils étaient en rapport avec le pri.vde toutes choses , mais personne ne peut affirmer que le môme rapport existera vingt-cinq années, cinquante années plus tard. L'ex-
m DE L*BXI>UKTATK»f DES GHEMiKS DE FER.
piM iern f prouve que la valeur de rargenl va «ans cesse en diminuant, c'est-à-dire que Ton n'obtient pas aujourd'hui pour 1 franc ce que l'on obtenait il y a cinquante années pour ce même franc. Pendant 99 années , les compagnies receyront , toujours la même rémunération, tandis que leurs dépenses iront sans cesse en augmentant. La dépense d*un train dépend uriiquemenl de la somme des salaires qui sont donîiés à tous les ajïenîs et ouvriers dont le tra\ail concourt direcleiueut ou indirectement à la mise en marche de ce train : si ces salaires sont doublés, le prix de revient d'un train sera doublé, tandis que la recette restera stationnaire. Dans une courte période, ces foits n'ont pas d'inQuence appréciable ; mais il n'en sera pas de même dans quelques années, et toutes les compagnies peuvent conblater une dillèrence entre les salaires qu'elles payent uujouid'hui et ceux qu'elles payaient aux (h'-buts do l'exploilalion. Nous ne doutons pas que la (lilticulté que nous indiquons ne soit résolue, mais elle doit être signalée à l'avance.
SI )i. — Tarir» perçu^i par le:» oiiupa^Miie» de cheiiiius de ler.
Taxes létmXcH. — Loii>qut' les preiiàicrs chemins de ter lurent mis en exploitation, toutes les taxes furent établies d'après les bases légales; et, pour tous les parcours dans lesquels le chemin de fer diffère peu, comme longueur, des parcours mesurés sur les routes ordinaires, on a maintenu l'application des bases légales augmentées de l'impôt du dixième.
Taxes réduKen pour les par«oar« m Impies. — Mai S, au lur et
u mesure de rachèvement du réseau français, de la création de lignes d'embrauchement et de ligues parallèles, les dislances par rails entre deux points se sont trouvées beaucoup plus considérables que les distances par voie de terre. Chaque réseau offre des exemples en nombre presque infini de cette situation, et il sullit de jeter un coup d'œil sur la carte des
chemins de fer pour trouver une grande quantité de localités distantes l'une de l'autre de S^O kilomètres par voie de terre,
el entre lesquelles on ne peut aller en chemin de fer qu'en effectuant un parcours double ou triple.
Les compagnies de chemins de l'er ont jugé qu il était impossible d'imposer au public le payement de taxes établies sur un parcours aussi exagéré, et elles ont remplacé les distances réelles par des dislances plus courtes, qui, dans beaucoup de tarifs, sont désignées sous le nom de distanee d^appltea' t'wu.
Dans beaucoup de cas, les coiupaffiiios (iiil ainsi devancé pour le public la baisse de tarifs que l exéculion d'une ligne projetée devait offrir.
mm. Toutes les compagnies de chemins. de fer accordent des réductions de tarifs à des personnes ou à des associations
dont la plupai l uv poiii i aient se déplacer si elles étaient obligées de payer le prix inté^Tal. Nous ne pouvons entrer dans l'examen détaillé des réductions consenties par chaque compagnie et des conditions mises à Tobtenlion de ces réductions ; nous indiquerons les plus générales.
Conyrétjations religieuses. One réduction de 50 p. 100 est accordée aux membres des congrégations religieuses dont la pauvreté est notoire, et qui se vouent aux soins irratuils donnés aux malades, à l'éducalion des entants pauvres. Les tilles de la ctiarité de Saint- Vincent de Paul, les frères de la ik>ctrine chrétienne » lês prêtres lazaristes figurent en téte des ordres auxquels la faveur de la demi-place est accordée ; et le nom de ces congrégations indique l'ordre d'idées auxquelles ont obéi les compagnies en prenant cette mesure libérale.
Indiiji'nis. Le déplacement des indigents est favorisé par l'allocation de bons de demi-place.
Toutes les réductions qui précèdent sont accordées à des vo]fageurs isolés. Les compagnies accordent en outre des réduc-
5)4 M L*E\l>I0ITATfOlV DBS GBEHINS DB FER.
fions de 40, 50 et même 60 p. 100 sur les prix des tarifs légaux à certaines associations de voyageurs parmi lesquelles nous citerons :
Orph^mte» se rendant à des concours ;
Êîèves de$ lycée» et pensionnais en promenade ;
Membres des sociétés de botanique et de géologie laisant Jcs excursions colloctives ;
Artistes dramatiques en tournée de représentations.
Enfin des billets aller et retour spéciaux sont très-fréquem* ment accordés à Toccasion de fêtes, de concours régionaux, d'expositions, etc., etc.
«■M Méë t M i M TfatÊÊT Um MUols ^ler «t vctw. — Toutes leS
compagnies ont consenti des réductions de prix Ircs-importantes pour les voyageurs qui accomplissent un voyage aller et retour dans une même journée. On a ainsi beaucoup facilité les déplacements des habitants de la campagne qui ont à se rendre à la ville voisine pour leurs arfaires, et des habitants des villes qui veulent aller passer une journée' à la campagne; pour ces derniers même on a étendu la durée du voyage à 48 heures. Quelques compagnies ont augmenté la durée de ces billels en les déclarant valables du samedi au lundi, sans fixation d'heure.
Expérimentés d'abord à Paris et dans la banlieue de quelques grandes villes, les billets aller et retour ont été succcssi-^ vement étendus à un grand nombre de localités. On a examiné
(juels étaient les points d'un rest au qui par leur situati^m politiquo^ commerciale, indiisiriclle, judiciaire, pouvaient être considérés comme un centre d'attraction prmr les voyageurs, et on a établi des billets aller et retour dans les directions qui rayonnent autour de ce centre. La distance à laquelle s'arrêtent les billels d'aller et retour délivrés pour un centre dépend de l'importance de ce centre et surtout de Texistence de trains permettant d'effectuer le voyage aller et retour dans la môme journée elà des heures convenables. Dans de semblables condi-
EXPLOITATION OÛMHBRCIALE. SI&
tioDS il est difficile de dépasser SO & 60 kilomètres, et les distances les plus ordinaires varient de 5 i 30 kilomètres.
La délivrance des billets aller et retour est un moyen puissant de d»helù])per le déplaccnienl des personnes dans les localités pauvres ou dans lesquelles il n'y a ni commerce, ni industrie. On est étonné de voir des chemins de fer tracés dans des contrées extraordinairement fertiles et riches ne donner que des produits insignifiants. Cela tient à l'absence de commerce : les propriétaires , les cultivateurs consomment une partie de leurs récolle>, céréales, vins, huile; et souvent même les échanges et les comptes se soldent en nature. Il Y a encore bien des contrées en France, dans lesquelles un riche propriétaire solde son boulanger en lui livrant du blé, son boucher en lui livrant quelques tètes de bétail; dans de semblables conditions, l'argent est rare, et, par suite, les habitudes de déplacement presque nulles.
Dans les localilés, au contraire, où il n'y a d'échanges qu'avec ou pour de l'arf^enl, les déplacements sont it é(juents, et il est moins nécessaire de les solliciter par des réductions de prix. Indispensables dans de pauvres cantons des Ardennes et de la Bretagne, les billets aller et retour ne sont pas nécessaires dans la banlieue des villes riches de la Flandre et de la Bourgogne. Malgré cela, toutes les compagnies sont entrées largement dans le système de distribution des billets aller et retour, ainsi que le prouve le tableau ci-après indiquant pour chaque réseau le nombre de gares choisies co|nme centres d'attraction :
Nord *8 ctulres sur gares, soit 11 p. 100
PAllS-LTOR-lUDimRAII. .
ir
les réductions que présentent les billets d'aller et retour
sif> ne L*e\pLOiTATioiii des (chemins de fer
sur le double du billet simple ne sont pas partout les inéiues. Quelquefois on demande pour un voyage en l"* classe le double du prix de la 2* classe, pour la 2' classe le double du prix de la 5* classe, et pour la 5* classe on fait une réduction arbitraire. Plusieurs compn<;nies ont adopté le chiffre de 40 p. iOO pour la réduction lailc sui le double du billet simple. On ne saurai! aller plus loin.
Dana la plupart dos cas les réductions consaci'èes par l'établissement dés billets aller et retour n'ont pas occasionné de pertes aux compagnies, parce que Taugmentation du nombre des voyageurs a pu combler au bout d*ttn ou de deux exercices les différences entre les receltes résultant de la substitution du prix nouveau à Pancien prix. Le l'ail cependant n'est pas général, et nous pourrions ril( i (les exemples de localilés pour lesquelles l'abaissement des prix n'a déterminé qu'un accroissement insignifiant dans le nombi'e des voyageurs ; la réduction de prix a donc occasionné aux compagnies une perle sèche. Ces faits prouvent combien il est nécessaire de ne marcher qu*avee prudence dans la voie des abaissements, et combien en matière de tarifs il y a Uon do se délier des théories.
Xous n'entrerons pas dans le déiail des condilions auxquelles l'usage des billets aller et retour est subordonné. Ces conditions reposent sur ce principe, qu'il y a un contrat moral entre la compagnie qui a vendu le billet elle voyageur qui l'a acheté, cl qu'il n*est permis à personne de rompre les conditions de ce contrat.
BIHeta d'abonaeiuent. — l/es billets ail» i ci reliMir délivrés dans la banlieue des grandes villes pennettent à un grand nombre de personnes de demeurer pendant la belle saison à la campagne tout en venant chaque jour à la ville accomplir la tâche qui leur est dévolue. Plusieurs compagnies ont favorisé encore cette tendance à quitter les grandes villes pour trouver à la campagne des habitations moins chères et bien i)rérérables, au point de vue de i iiygiéue, lorsqu elles ont créé des aiutiuie-
fiXPLUiïATiUjti COMMIi^HtULE. 3)7
ments qui donnent la faculté de se servir du chemin de fer
soit pendant un semestre, soit pendant l'année entière.
Le prix de ces aboiincniciits représente eu général pour une année ie prix de 120 voyages aller et retour^ pour six mois le prix de 80 voyages.
limités d'abord à Paris, les abonnements ont été étendus à un grand nombre de villes. La compagnie de l'Est a publié un tarif stipulant les prix suivants pour les parcours de moins de 100 kilomètres dans la banlieue de toutes les villes de son réseau.
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