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CYSTICERQUE DE LÀ RÉTINE

Le cysticerque de la rélineest une affection excessivement rare en France; depuis que je fréquente les cliniques ophthalmologiques, je n’en ai pas trouvé d’exemple; j’ai vu seulement en 1856, dans le dispensaire de JVl. Desmarres, un parasite de cette espèce occupant le corps vitré.

En Allemagne cette affection s’observe assez souvent. M. de Graefe, qui le premier a reconnu le cysticerque du fond de l’œil, cite, dans ses Archii’es ophthalmologiques , plusieurs exemples de cysticerque dans la rétine. En voici une observation rapportée dans les Annales d’oculistique, 1856, page 181.

Uoe femme de 20 ans, d’une constitution un peu faible , ayant eu pendant son enfance de fréquentes épistaxis et une céphalalgie avec sensation de pulsations, céphalalgie qui dure encore et ne laisse que de courts intervalles de repos , mariée depuis deux ans et demi , accouchée il y a quinze mois, se présente enceinte de cinq mois, Peu de jours après l’époque probable de sa conception , elle remarqua devant l’œil gauche un léger voile qui couvrait tout le champ de la vision; elle vit dès lors des apparitions lumineuses circulaires, qui se reproduisirent périodiquement, taudis que la vision diminua au point que la malade ne pouvait plus distinguer les mouvements de la main en bas et en dehors. Huit semaines auparavant, elle avait pu momentanément reconnaître les gros objets à la suite d’introduction de camphre dans l’oreille. L’œil gauche, plus mou que le droit, ne présente pas d’aplatissement sensible , correspondant aux muscles droits ; l’iris, décoloré, a une teinte verdâtre, sale; la pupille, légèrement dilatée et immobile, quand cet œil est exposé à la lumière, est un peu mobile quand celle-ci agit sur l’autre œil. L’humeur aqueuse présente un léger trouble diffus.

L’examen ophthalmoscopique montra d’abord dans le corps vitré une membrane plissée, assez transparente, mobile, paraissant adhérer en certains points, notamment en dedans et en bas, à la rétine détachée. En tout cas, il ne pouvait

être question là d’un ramollissement de la l’étine, cette membrane n’adhérait pas au nerf optique et ne présentait pas les dessins vasculaires qui la caractérisent. Dans le quart externe et supérieur du fond de l’œil, on voit se refléter, au travers de la membrane librement libre en ce point, une vésicule verdâtre, circulaire, qui s’allonge en bas et se termine par le renflement de la tête, dont le reflet est plus clair et plus blanc ; mais on ne peut distinguer les suçoirs caractéristiques, à cause du trouble de l’humeur aqueuse et de la membrane qui enveloppe le corps vitré. L’observation montra les mouvements de contraction et d’ondulation de la vésicule, et ceux d’allongement du cou, qui ne rentrait jamais complètement dans la vésicule.

Cette affection, dit M. de Graefe, n’est pas rare : on l’observe surtout dans les pays où le tænia est fréquent.

On a proposé pour traitement des vésicatoires autour de l’orbite, pansés avec du calomel et de la santonine (Âlezzi). M. de Graefe a proposé et pratiqué l’extirpation par la cornée, avec une pince à pupille artificielle.

A la suite des inflammations intra-oculaires, et principalement de celles de la choroïde, la sclérotique s’amincit et se distend, tantôt vers la région équatoriale, tantôt, et c’est le cas le plus fréquent, vers la partie postérieure de l’organe. Cette lésion avait été décrite par Scarpa sous le nom de stapliylome postérieur ; depuis la découverte de l’ophthalmoscope elle a pris celui de scléro-choroidite postérieure. Cette affection a été très-bien décrite par M. le D*' Noizet, dans sa thèse inaugurale, 1858 : elle se montre sous la forme d’une tumeur plus ou moins volumineuse, résultat de la distension de la sclérotique et de la choroïde. Dans ces circonstances, la rétine doit subir l’une des modifications suivantes : ou bien elle se détache de la choroïde, ou bien elle se déchire, ou bien enfin elle est distendue et ne cesse pas d’adhérer aux parties sous-jacentes : c’est ce qui arrive le plus souvent.

Celle distension de la réline a été trouvée dans un grand nombre d’autopsies. M. Siebel en a consigné plusieurs cas dans son ouvrage cité plus haut. Dans l’un d’eux, les trois membranes étaient tellement adhérentes qu’il était impossible de les séparer sans les déchirer; le pli de la rétine était effacé, la rétine elle-même était amincie.

Tout dernièrement, M. Follin a trouvé, sur un œil staphylomateux, la sclérotique extrêmement mince; la choroïde avait complètement disparu dans les points correspondant à cet amincissement, la rétine était fortement adhérente à la face antérieure du slaphylome. Une partie de la rétine adhérente, examinée au microscope, présentait une hémorrhagie capillaire parfaitement dessinée.

Les symptômes de la distension rétinienne ne sont pas propres à cette lésion; ce sont les symptômes de l’affection qui lui donne naissance; c’est une myopie plus ou moins grande selon le volume du staphylome.

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