DIAGNOSTIC
Si le diagnostic de l’adénite tuberculeuse est, le plus souvent facile, il présente aussi parfois de sérieuses difficultés.
L'adénite mono-ganglionnaire peut être confondue avec un adéno-phlegmon d'autant plus facilement que cette dernière affection peut être la conséquence d'une périadénite intense. Nous n'insisterons pas sur ce diagnostic.
Le diaguostic du lymphadènome mérite de nous arrèter plus longtemps.
La difficulté du diagnostic est telle que, dans la plupart des cas, il est impossible ; l’histologie même n'y. suffit pas comme l’affirment Cornil et Quenu.
Avant d'aller plus loin il est nécessaire de remarquer que le lymphadénome se présente à l'observation sous deux formes bien différentes. Tantôt il progresse avec une extrême rapidité, se généralise en quelques mois, en quelques semaines, quelquefois mème d’emblée ; tantôt il reste stationnaire pendant longtemps, ne se généralise point ou si la généralisation se produit, ce n’est qu'après des années qu’elle se produit (1).
(1) Richelot. Soc. chirurgie, 1809.
C'est cette seconde forme dont il faut étudier surtout les caractères, car c’est elle qui a donné lieu à de nombreuses discussions. Encore aujourd'hui la nature de ces tumeurs n'est pas absolument: élucidée et comme le dit M. Richelot: «I ne suffit pas de dire et même de prouver que. des tumeurs ganglionnaires ne sont pas tuberculeuses et de les réunir sous le nom de lymphadénomes pour. en conclure qu’elles sont de même nature. »
«On ne saurait, en effet, se refuser à admettre que, même sans ayoir pratiqué l'examen histologique on linoculation du tissu pathologique, on puisse arriver à formuler un diagnostic. Le siège unilatéral des tumeurs, leur début par un. seul groupe ganglionnaire, le volume énorme qu'acquièrent les ganglions engorgés sans devenir douloureux, sans changer de consistance, en restant mobiles sous la peau, mobiles sur les parties profondes, mobiles les uns sur les autres sont, avec l’âge des sujets, . l'absence d'antécédents serofuleux, autant de signes qui ne peuvent guère laisser de doutes. En tous cas ce ne sont pas là les caractères des engorgements tuberculeux » (1).
Les sujets atteints de lymphadénome ne portent ordinairement aucun des stigmates de la serofule ; ils n'ont ni le faciès spécial, ni les ophthaimies, ni l’œdème, ni les fissures croûteuses des narines et de la lèvre supérieure. L'examen du sang est, dans certains cas, un appoint pour le diagnostic. Mais le tableau clinique est loin d’être toujours aussi nettement tracé.