‹ De L'Extraction Des Projectiles De Guerre Sous Le Contrôle Intermittent De La RadioscopieChapitre 10 sur 17 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

On peut trouver quelques inconvénients à cette technique. I1 n’est pas de méthode d’une perfection absolue.

On lui reprochera d'exposer les mains du chirurgien, qui peuvent se trouver, selon l’expression de M.LEpoux-LEeBaRrD, « sinon au contact, du moins à une. inquiétante proximité du faisceau de rayons nocifs ». Mais en réalité le danger est bien peu grave: le diaphragme réduit au minimum ce cône de rayons, si bien que la pince de Kocher et la main du chirurgien peuvent difficilement s’y rencontrer ; il faudrait que la pince soit tenue bien obliquement pour que les doigts du chirurgien se trouvent dans la zone dangereuse. De plus, la durée des contrôles est très limitée. Nous avons vu qu’elle ne dépassait pas trente à quarantecmq secondes. Nous croyons que le danger est tout à fait illusoire. En fait, nous n’avons jamais eu d’accidents à regretter.

L’éclairage du champ opératoire pourrait aussi donner lieu à quelques critiques. Nous l’avons trouvé en général suffisant, et c’est seulement dans un ou

au chirurgien qu’ilehemine dans la bonne direction. Les quelques inconvénients que nous venons de le sont amplement rachetés par des avantages certains. C’est d’abord la clarté de l'intervention. Guidé par un radiologiste porteur d’une bonnette, le chirurgien reste malgré tout un aveugle; etil a besoin de voir. Même s’il opère en lumière rouge, il a des difficultés au long de son Imtervention, quirésultent de

l’imperfection de l'éclairage. Ici, l'opérateur voit elai-

rement où il est, ce qu'il fait, ce qu'il va faire. La rapidité de intervention s’en trouve grandement

augmentée. Pas de temps perdu à amener le radio-

logiste vers la table d'opération, à lui mettre pour ainsi dire les yeux devant sa tâche. Et pas plus de temps perdu à Paccommodation. Le temps que l’on met à sortir le champ aseptique de la boite de stérilisation, à le déployer, à l’étendre sur la plaie, à passer au-dessous une main armée d’une pince; le temps que l’on passe à mettre en place l'écran au platino-cyanure, suffisent dans la plupart des cas à permettre l’accommodation, car tout ceci se passe en lumière violette, Et si l’on craint que accommodation soit insuffisante,

che aa dile da, Re se fait s sans la radioscopie n'intervient en somme que pour affirmer |

à — 34 — on peut rester deux ou trois minutes dans l’obscurité complète avant de fermer le circuit de l’ampoule radiogène. Il n’en faut pas plus pour que les yeux soient parfaitement accommodés.

Donc, intervention plus claire, intervention plus rapide. Intervention plus sûre aussi, car l'acte chirurgical n’est pas gêné par l'obscurité, ou par la demiobscurité de l’éclairage monochromatique. Et il est, de plus, facilité par le fait que le chirurgien sait où il est et voit où 1 doit aller.

Nous signalerons quelques particularités propres à certaines régions :

Tout d’abord les projectiles intracraniens présentent des difficultés toutes spéciales. Il s’agit de les enlever en faisant le moins possible de dégâts. Après avoir soigneusement repéré la profondeur par rapport à la plaie, on passera donc par l’orifice d'entrée, que l’on élargit à la pince-gouge; on dilate quelque peu l’orifice dure-mérien ; puis, sous écran, un aide place la tête de telle façon que l'ombre du projectile soit exactement au centre de la zone claire de trépanation. À ce moment, le rayonnement X étant supprimé, la tête continuant à être maintenue très exactement, le chirurgien fait pénétrer la pince de Mouroneuer, les branches étant absolument verticales, sans effort, en suivant le trajet du projectile. Il compte à mesure le nombre de centimètres qui passent. Quand il se trouve à peu près à la profondeur donnée par le repérage préalable, si, n’ayant fait aucun mouvement à droite ou à gauche, il ne sent pas le corps étranger au bout

er — | de la pince, il maintient l’instrument en place, sans bouger, et demande : « Un coup d'écran. » Alors, . l'écran, il cueille le projectile dont He se profile entre les deux mors de la pince.

En suivant cette technique, il est difficile de ne pas saisir très rapidement le corps étranger. Il importe surtout de maintenir la tête très exactement comme elle a été placée lors du premier contrôle, après le premier temps de l'intervention.

Pour les piajenies intrapulmonaires, l'application de la technique n’a jamais rencontré de sérieuses difficultés. Quelquefois, cependant, le chirurgien eut à saisir le projectile sous lécran, entre les mors d’une pince de Kocher de grandes dimensions. En général, la règle de Quenu et Duval fut appliquée : aborder le poumon Jà où il y a le moins de parenchyme à traverser.

OBSER VATIONS

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