CHAPITRE II
Il est impossible d’assimiler le travail fait, d’une part, dans Fambulance automobile chirurgicale et l’hôpital d'évacuation et, d’autre part, dans la formation chirurgicale installée à distance des lignes, dans un local suffisamment spacieux, disposant d’un assez grand nombre de pièces. Nous déerirons tout d’abord la disposition idéale, souvent réalisable dans un hôpital, plus rarement dans une auto-chir, ou dans un HO E,
A côté de la salle d'opérations aseptiques, et com muniquant avec elle par une porte suffisamment large pour laisser passer un brancard chargé, une chambre spéciale est réservée aux extractions sous écran. Nulle autre opération radiologique n’y est effectuée, afin de laisser le plus possible dans cette salle l’athmosphère d’asepsie nécessitée par les mterventions qui s’y pratiquent. Un autre local sera réservé aux examens courants, aux repérages, aux opérations d’électrodiagnostic et d’électrothérapie.
La salle réservée aux interventions sous contrôle des rayons X, est organisée en tous points comme une
| Da re salle d'opérations. Aux fenêtres, les contrevents et les volets intérieurs peuvent être fermés de façon que la salle soit plongée dans l'obscurité la plus complète. Il est souvent nécessaire de surélever la table radioscopique qui est trop basse pour le chirurgien. On peut la surélever par des moyens de fortune. A l'hôpital auxilliaire d’armée n° 27, nous disposions d’une tabledossier de Drauzr et RAuLOT-LaPoiNTE dont nous avions fait allonger les pieds. L’ampoule radiogène est
mobile en tous sens sous la table. Et autour d’elle sont
disposés tous les moyens de protection : cupule, tabliers en caoutchouc au plomb, ou en tissu anti-X, diaphragme imperméable avec commande à distance.
Parallèlement au bras mobile porte-ampoule, se trouve, au-dessus du plan de la table, un bras mobile
porte-écran, solidaire du premier dans tous les dépla-
cements le long de la table, mais indépendant pour les déplacements dans le sens transversal. L’écran luimême est inséré dans les mors d’une genouillère fixée à l’extrémité du bras mobile, et peut prendre toutes les positions, depuis l'horizontale jusqu’à la verticale.
Au-dessus de la table, une ampoule électrique de 100 bougies, mobile selon le grand axe de la table, donnera l'éclairage en lumière blanche. De plus, deux ampoules en verre violet de 16 bougies seront placées au-dessus des deux extrémités de la table, de facon à ne pas gêner le déplacement de l’ampoule de 100 bougies.
Les commandes motrices de l’ampoule, de l'écran, du diaphragme, la pompe à air du régulateur Bauer,
sont réunies d’un même côté de la table. C’est le côté réservé au radiologiste. De ce même côté seront également les commandes d'éclairage. On aura avantage à se servir d'interrupteurs fixés à l’extrémité d’un fil souple, qui permettront de donner ou d’arrêter le courant en quelque point que lon se trouve le long de la table.
Mais une installation pareille n’est point réalisable partout. Ou bien l’on ne peut avoir tout près de la salle d’opération la chambre nécessaire. Ou bien l’on se trouve dans des baraquements où toute la place est
calculée et lon n’a pas prévu l'utilité de la salle d'extraction sous écran.
Dans ce cas — ou bien l’on dispose d’une salle de radiologie assez vaste et d’un matériel suffisant pour constituer dans une partie de la salle de radiologie une sorte de compartiment réservé aux extractions — ou bien, local et matériel, également insuffisants, ne permettent que l’installation d’une seule table pour tous les examens, dans une salle de radiologie dont les dimensions sont réduites au strict mimimum. On pourra toujours, cependant, disposer léclairage tel que nous l’avons décrit. Toute table de radiologie possède les organes de protection essentiels dont nous avons parlé. C’est dire que le procédé que nous avons employé est partout réalisable. Peut-être aura-t-on quelque difficulté à trouver des lampes violettes et présentant toutes les qualités nécessaires.
Nous avons adopté cet éclairage de préférence à la lumière rouge. On sait, en effet, par les travaux de PaRINAUD que l’accroissement de la sensibilité de l’œil
T6 — est plus accentuée dans le violet que dans n'importe quelle autre couleur du spectre solaire.
On sait aussi que l’éclairage artificiel en lumière blanche ne gêne pas considérablement pour Fadaptation. Nombre de radiologistes ont pu eomme nous, constater ce fait d'expérience journalière. En pleine nuit, l’hôpital est réveillé par l’entrée d’un convoi de blessés. On arrive à la salle de radiologie, on fait immédiatement une recherche de projectile, sans avoir passé souvent plus de quelques secondes dans l'obscurité complète. Si l’on n’a pas affaire à un abdomen ou à une hanche, accommodation est par- : faitement suffisante, et le projectile est trouvé presque immédiatement. Cependant, on est resté quelquefois auparavant dix ou vingt minutes en pleine lumière blanche arthficielle. C'est dire que ce genre d’éclairage désaccommode très peu et que ladaptation de la rétine à l’obseurité est très rapide dès que l’on a « fait le noir ». | |
Nous avons utilisé cette observation et les lampes violettes ne sont nullement destinées à éclairer le champ opératoire. Nous dirons plus loin leur véritable raison d’être.
Nous signalerons ici l’avantage qu’il y a pour le chirurgien et ses aides à se servir du brancard métallique imaginé par le D' Darraux. C’est un brancard fait très simplement d’une tôle d'aluminium fixée sur deux hampes de bois. Il recoit le blessé qui vient de subir le nettoyage réglementaire en entrant à l'hôpital. Le blessé est transporté sur le brancard à la salle de radiologie. Le brancard est placé lui-même sur la
table d'examen. La tôle d'aluminium est à peine assez épaisse pour arrêter quelques rayons mous, et la recherche du projectile est aussi aisée que si le blessé était déposé directement sur la table.
Le projectile une fois découvert et repéré, le blessé est transporté sans changer de brancard sur la table d'opération. Il est opéré. Si au cours de l’intervenüon le projectile ne peut être extrait, et si l’on a besoin de recourir au contrôle de l’écran radioscopique, nulle difficulté pour transporter brancard et blessé de la salle d'opération dans la salle de radiologie voisine. Enfin, sur le même brancard qu’il n’a pas quitté depuis son entrée à l’hôpital, le blessé est transporté dans son lit, sans avoir eu à supporter aucune de ces souffrances que provoquent ces mobilisations mtempestives qui ne manquent pas d'accompagner les changements d’un brancard à l’autre.