‹ De L'Extraction Des Projectiles De Guerre Sous Le Contrôle Intermittent De La RadioscopieChapitre 6 sur 17 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

A l’Auto-chir, comme dans les hôpitaux plus élorgnés du front, il est inutile et il est impossible d’aller chercher tous les projectiles sous le contrôle de l'écran. |

Tout d’abord, les blessés sont trop nombreux et arrivent par groupes sans qu’on puisse prévoir le nombre d'interventions qu'il y aura à pratiquer. Or, un seul radiologiste est généralement affecté à l’am— bulance et, tandis qu’il aide le chirurgien qui opère sous le contrôle de l’écran, il ne peut examiner les autres blessés qui doivent attendre son diagnostic pour recevoir tels ou tels soins que nécessite leur état.

Il est donc nécessaire de faire un choix et de ne s’adresser de prime abord au contrôle des rayons que pour les projectiles qui ne pourraient être extraits sans des dégâts considérables, après de longues hésitations et recherches.

Mais 1l est indubitable qu’un bon nombre de projecüles peuvent être retirés aisément, après repérage anatomique et andication précise de la profondeur

rt 4 à partir d’un point donné de la peau, ce point étant choisi autant que possible au niveau de la région où passera l’incision du chirurgien.

Il faut donc distinguer un certain nombre de cas pour lesquels, a priori, le chirurgien déclare : « Pro-

jectile à extraire sous le contrôle de l’écran. » Il est.

d’autres cas où le contrôle des rayons est utilisé : c’est le cas, par exemple, d’un petit éclat perdu dans une masse musculaire de la cuisse, de la jambe, du bras, que l’on a pensé pouvoir être extrait simplement. Et puis, maloré le repérage fait, on n'arrive pas à le sentir. Dans ce cas, le contrôle radioscopique est précieux. On ne s’entête pas à vouloir chercher le projectile en augmentant les dégâts opératoires. On recouvre simplement le champ opératoire de compresses stériles, le blessé est transporté dans la salle d'extraction voisine et là, sous le contrôle des rayons, le projectile est enlevé sans peine, avee le minimum de dégâts.

Mais il est des cas où l’mtervention doit être com-— mencée dans la salle radioscopique, cas où l’on se rend compte que le projectile ne pourra être extrait, si on ne le voit sur l’écran au long de l'intervention.

Ce sont d’abord les projectiles pulmonaires. Pour ces projectiles, il est reconnu à peu près par tous les auteurs qu’il est impossible de les extraire autrement qu'avec le contrôle radioscopique, à moins, comme le préconise Pierre Duvar, de fixer le poumon par un fil passé en plein parenchyme pulmonaire avant l’ouverture de la plèvre. Et encore, dans ce cas, le poumon reste plus ou moins mobile, surtout dans les blessures

Un cœur. Nous ei plus loin l observation de l'extraction d'un projectile inclus dans le péricarde, et. il est certain q que l'intervention neût | pas été aussi aisée si ee. chirurgien n’avait eu à sa disposition qu'un repé-

rage, même le plus précis possible. Or, il est à peu se A. impossible de faire un repérage radioscopique t très

précis, encore moins un repérage radiographique, a étant donnée la grande mobilité du projectile, qui se déplace non seulement de bas en haut (termes ana tomiques) mais aussi d'avant en arrière, suivant tous les mouvements du cœur. HUE

Les corps étrangers de l'abdomen je aussi être extraits à l’aide du contrôle de l'écran. Moins on mobilise l'intestin dont le péritoine est en réaction contre l'infection, plus on a de chances de localiser cette inflammation, Chez un de nos blessés, Le projectile, une balle, se trouvait à peu près derrière la bifurcation de l’aorte. Il est incontestable que le contrôle radioscopique a notablement favorisé l'intervention.

Les projectiles de la fesse sont ceux qu’il faut, sans hésiter, aller chercher sous écran. Quel est le chirurgien qui n'a pas cherché pendant quelquefois plus d’un quart d'heure à percevoir au bout du doigt, un projectile perdu dans les masses musculaires profondes ? Le corps étranger avait cependant été repéré

He = et qu il ‘commet. de doi en principe attirer les projectiles par la voie la plus rec-

tiligne, la plus courte. Que ne dira-t-on pas à l'égard des méthodes aveugles telles que celles qui se con— tentent d’un repérage en profondeur et qui vont chercher à bout de pinces, un projectile invisible, toujours

plus ou moins mobile dans la substance cérébrale ? = Nous décrirons à cette place la pince courbe con— struite suivant les mdications du D' Mouroxauer. Elle présente, comparée à la pince de WuLLyYAMoz, un per- fectionnement notable. Elle est extrémement légère, et c’est là un de ses principaux avantages. On peut ainsi la manier avec douceur et sans fatigue. C’est une pince coudée à angle droit. L’angle de courbure se trouve à 28 millimètres du centre de l’entablure. Au contraire de la pince de Wurcyamoz, dont les branches sont assez convergentes, la pince de MouLonGuer a des branches à peu près parallèles : lorsque les extrémités des mors se touchent, les branches, au niveau de l’angle de coudure, sont distantes l’une de l’autre de 2 millimètres. Donc lorsque la pince est introduite par l'orifice de trépanation dans le trajet du projectile, et qu’on écarte les deux mors en ouvrant la pince, on w’aperçoit plus sur l’écran au platino-cyanure, que

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timètres. Chaque centimètre est indiqué par un | : en creux. Lorsque, d’une main, On à saisi la pince, e

qu’on la dirige vers le projectile, le pouce « de l’autre main appliqué contre les branches | peut sentir chaque : La ressaut provoqué par le passage des encoches succes

sives contre le bord de l’ongle, et mesurer ainsi la

longueur de la portion de l'instrument qui a pénétré

dans le crâne.

La distance comprise ie l’angle de coudure et l’extrémité des anneaux est de 8 centimètres et demi. Quand on a saisi la pince, le pouce et le médius passés dans les anneaux, l’index appliqué contre la branche tenue par le médius, la distance comprise entre l’angle decoudure et le bord de l’index est de 4 centimètres et demi à 5 centimètres. Si l’on considère que l’angle de coudure représente sensiblement le centre du cercle illuminé par le cône de rayons, on voit que la main qui tent la pince peut très bien être tenue hors de la

zone dangereuse, un cercle lumineux de 8 centimètres :

étant largement suffisant pour voir ce qu’on fait.

| de coudure jusqu'à l nn de mors, est de 10 cen- .

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