CHAPITRE IV
Le contrôle direct de la radioscopie est utilisé pour l'extraction des projectiles, selon diverses méthodes dont il est nécessaire de donner ici un court aperçu.
OMBREDANNE et Lepoux-LEeBarDp ont développé et mis au point la technique du contrôle intermittent à l’aide de la bonnette. Le chirurgien opère à la lumière blanche, naturelle ou artüficielle, et le radiologiste, muni d’une bonnette, intervient au début et au courant de l'intervention pour guider le chirurgien et lui indiquer la route à suivre, à l’aide d’un instrument à long manche dont il fait varier la position de manière que l’extrémité effilée de l’instrument coïncide avec l’ombre du projectile.
Cette méthode présente de nombreux avantages. Elle assure au chirurgien une sécurité parfaite, relativement à l’action nocive des rayons. Il se tient toujours à bonne distance de l’ampoule en fonctionnement, et la durée des contrôles radioscopiques n’est généralement pas très longue, si Je radiologiste est bien accommodé. Nous avons employé quelquefois cette
| Len En - méthode. Elle ne nous a pas paru absolument parfaite; 1l y a un certain nombre d’inconvénients, qui constituent plutôt une gêne que des inconvénients graves. La bonnette est très lourde, et quand l’intervention dure, le port de l'instrument devient vite assez fatisant. Si l’on se trouve dans une salle chauffée, on transpire très vite sous la bonnette, que l’on ne peut soulever sans se désaccommoder. Car le moindre orifice, le plus petit espace mal fermé laisse passer un rayon lumineux et suffit à interdire complètement toute accommodation.
Si, au cours de l'intervention, en s’approchant ou en s’éloignant de la table d'opération, le radiologiste dérange quelque peu sa bonnette, tout est à recom— mencer. Et puis, il est de toute nécessité que le radiologiste soit un médecin, et un radiologiste de carrière. Or, combien d'équipes chirurgicales ont eu à leur disposition un médecin radiologiste, du moins les deux premières années de la guerre?
Enfin, le plus grave Imconvénient de la méthode d'OMBREDANNE, c’est que le chirurgien « n’y voit pas ». C’est que, selon l’expression un peu vive, mais imagée, d’un chirurgien avec qui nous avons travaillé à Salonique, « c’est un aveugle qui opère, guidé par un paralytique ». Et après quelques essais, il se décida à s’armer lui aussi d’une bonnette. Mais la nécessité de s’accommoder pour un nouvel examen, la fatigue résultant du port de cet instrument incommode, lui firent partager notre peu d'enthousiasme
pour cette méthode.
D'ailleurs, dès que le chirurgien prend une bon-
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nette, il n’y a plus de raison de préférer cette technique à celle de MAucLAIRE qui opère à la lueur verte de l’écran fluorescent, et qui laisse presque constament l’ampoule en marche, « se guidant lui-même vers le projectile à la lueur des rayons. » Il se sert de pâte au bismuth pour enduire ses mains, et de gants protecteurs bismuthés, souples.
On a signalé de tous côtés les dangers de cette méthode : dangers de l’opération dans l’obscurité, dangers de radiodermite pour le chirurgien, même s’il abrite ses mains en mettant les gants que préconise MAUCLAIRE.
Dans certains services, le radiologiste porte la bonnette, montre au chirurgien quel est l’endroit où il faut incsser, et extrait lui-même le projectile. On a employé aussi la bonnette double, la bonnette monoculaire. Nous ne ferons que signaler ces divers procédés ; ils ont rendu parfois des services appréciables ; mais il leur manque à notre gré la simplicité qui permet leur utilisation entre toutes les mains.
L'intervention complète en lumière monochromatique a la faveur d’un certain nombre d'opérateurs. Pendant la guerre, c’est d’abord H. Perir qui apporte à la Société de Chirurgie une documentation intéres— sante. Plus tard Monob, BERGONIE, et d’autres se rallient à cette méthode. On opère constamment à la lumière rouge, et au moment nécessaire, on pratique le contrôle radiosco pique.
OMBREDANNE, a très bien discuté la valeur de cette méthode. Si l’on cherche une lumière monochromatique idéale, ce n’est pas au rouge qu’il faut s’adresser;
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d’abord, il n’est pas complémentaire de la lumière verte de l’écran. Et puis, c’est dans le violet que l'accroissement de la sensibilité rétinienne est maximum.
Mais, de plus, la zone opératoire est très mal éclairée, et il faut toute une éducation de l’œil, éducation assez longue, pour se reconnaitre dans une plaie éclairée à la lumière rouge. ne