‹ De l'extraction du cristallin: dans sa capsule (opération de Smith)Chapitre 12 sur 34 · PE PE · texte numérisé non relu

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malades français ; nous les gardons couchés six jours dans l’immobilité la plus complète possible, et voilà tout. Quant au décollement de la choroïde, qui nous semble bien être lhémorragie dite expulsive, il survient presque toujours dans les premières heures qui suivent l'opération et le décubitus dorsal ne saurait le prévenir. La chambre noire, outre qu'elle compliquerait beaucoup l’organisation d'un service hospitalier, nous paraît absolument inutile, avec un pansement suffisamment épais. —

Smith donne de sages conseils sur le régime à faire suivre aux malades qui viennent d’être opérés d'une cataracte. Il nous enseigne qu'il ne faut pas changer le régime habituel de ces malades, mais seulement le rédimer, qu'une telle variation troublerait leur digestion ; l'habitant du Punjab, par exemple, souffre de diarrhée si on le met à la diète lactée exclusive et de tympanite si on le met aux potages ; un fumeur de tabac doit garder son tabac, et un fumeur d’opium sa ration d'opium. Il faut qu'ils puissent, à leur gré, voir leurs amis et leurs parents ; cela les tranquillise et leur permet de garder un repos plus absolu.

— Nous ne saurions trop approuver les conseils de Smith. Nous ferons remarquer simplement que les vieillards, nos clients habituels pour l'opération de la cataracte, ne sauraient, sans être exposés à des troubles digestifs, être mis à la diète lactée. —

Quand doit-on faire le premier pansement ? Nous sommes ici encore d'accord avec Smith qui conseille de le faire entre le sixième et le dixième jour, à

moins qu'il n'y ait eu auparavant des signes de complications. Le pansement précoce est pour lui une des principales causes du prolapsus irien, et il voudrait même attendre pour le premier pansement Jusqu'au dixième jour, moment où la plaie cornéenne est complètement fermée.

— Dans le service d'ophtalmologie du docteur Moreau, c'est du sixième au huitième jour que se fait ce premier pansement. Après l’ablation des bandes el des compresses, on protège avec les mains l’œil contre la lumière, non pas tant pour éviter l’éblouissement que les mouvements désordonnés du globe et des paupières. On examine l'œil à la lumière d’une bougie concentrée avec une lentille. Si Fœil va bien on remet un pansement simple. L'atropine n’est pas employée systématiquement, comme le font certains opérateurs après l'opération de Daviel. Le malade peut se lever à partir du septième jour. Un second pansement est fait vers le dixième jour. Quelques jours après le malade peut partir. —

À la clinique de Jullundur, les malades, pendant la cicatrisation, sont pourvus de pilules d'opium et de pilules mercurielles ; on n’a presque pas à s’occuper d'eux, les soins leur étant donnés par les membres de leur famille. La plupart d’entre eux partent au dixième jour, avec une visière verte sur les yeux ; d’autres attendent le vingtième jour. Tous sont pourvus indistinctement de lentilles sphériques convexes de 11° et de 13° sans correction de l’astigmatisme. |

— Le docteur Moreau attend, pour faire la réfrac-

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lion, avec correction de l’astigmatisme, un mois et demi à deux mois, si cela est possible ; souvent les nécessités hospitalières nous obligent à le faire du quinzième au trentième Jour. —

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Résultats obtenus par l'opération de Smith et statistiques des auteurs qui l'ont pratiquée. |

Il serait d’un très grand intérêt de pouvoir maintenant étudier les résultats d’une telle opération dans une statistique longue et précise fournie par Sinith. Cette statistique serait plus qu'aucune autre riche et instructive, Smith avant fait actuellement 29.000 extractions du cristallin, dont plus de 20.000 extractions dans la capsule. Mais le major anglais, chargé d'un service énorme, n’avant à sa disposilion qu'un personnel restréint et des finances minimes, ne saurait s’astreindre à suivre ses malades de près et longtemps et à noter leur réfraction.

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y a bien, à l'Hôpital de Jullundur, des livres d'opération où sont inscrits brièvement le nom du malade, l'opération faite et les complications survenues ; mais vingt jours au plus après l'opération, les malades, s'ils n'ont eu aucune complication, quittent l'hôpital pour n°v plus revenir. On donne à tous les mêmes verres sphériques + 10, et + 13° et ce n'est que s'ils se plaignent de ne pas voir assez qu'on étudie leur réfraction et qu'on leur choisit des verres appropriés. Ces malades partent en compagnie de quelque membre de leur famille, à cheval, à pied le plus souvent. Ils ont à parcourir souvent plus de cent kilomètres pour regagner leurs villages. Disséminés dans la province du Punjab, région vaste et très accidentée qui s'étend au pied et sur les premiers contreforts de la chaîne de l'Himalaya, ayant à leur disposition des voies de communication rares et précaires, eXposés à être pillés par les brigands qui règnent en maîtres dans ce pays, ces malades ne reviendront plus se présenter à la visite de Smith, à moins d'un pressant besoin. Illettrés pour la plupart, adonnés aux travaux des champs, ils se contenteront d'une vision moyenne et rares seront ceux qui reviendront demander de nouveaux verres.

11 serait donc difficile au major Smith d'enregistrer les résultats détaillés et surtout les résultats lointains de ses interventions, et d'établir une statistique précise ; aussi bien il ne l’a pas fait.

En 1903 et en 1905 (Brit. Med. Association), Smith nous annonce des résultats surprenants. Sur un total de 2.216 extractions dans la capsule, il note :

Issues dé VITE RERO 6,8 pour cent.

Ruptures de la capsule. ..... 8 »

Capsules restées en place.... 4,3 »

Perterde l'es EE 0,34 »

Excellents résultats: . ........ 09,5 »

L'iridectomie fut faite dans tous ces cas. De là, dit Smith, l'absence du prolapsus de l'iris.

Une statistique aussi merveilleuse devait soulever des oppositions. La première nous vient de Bombay, par conséquent d'une ville où les conditions climatériques et celles des malades eux-mêmes ne doivent pas différer beaucoup de celles de Jullundur. Le major Herber, en 1904-1905, pratique 609 extractions dans la capsule avec :

ISSUE TETE ER NENTt 2,0 pour cent Périerdeit'œil RES 1 » »

Mais il enregistre de nombreux résultats peu brillants (souvent dus d’ailleurs à des complications étrangères à l'opération) et des acuités visuelles généralement non supérieures à celles obtenues par l'opération classique. Il reste donc loin des 99,3 pour cent résultats excellents de Jullundur. Pour Herber, les statistiques de Smith, évidemment recueillies par les assistants de l'Hôpital, doivent perdre de leur valeur. Les résultats indiqués sont sans doute recueillis un peu rapidement et ne donnent pas tous les détails que l'on pourrait désirer. Devons-nous nous en étonner? Assurément non, Car si nous réfléchissons aux 2600 extractions faites en une année à Jullundur, cela

nous fait une moyenne de 9 par jour, en supprimant

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les dimanches et jours fériés. Il est facile de comprendre, qu'avec un pareil travail, il soit impossible de suivre chaque cas dans tous ses détails. (Dor.)

Au Congrès de la Société d'Ophtalmologie Américaine, tenu à New-London, en 1908, Smith avait été sollicité de faire un rapport sur sa méthode. Dans un article de dix pages, publié par The Opht. Record, en février 1910, il donne des indications détaillées sur sa technique et en mentionne d’une façon générale les bons résultats, mais ne donne pas de statistique.

Dans son traité The Treatment of cataract (Calcutta 1910), dans le chapitre où il compare sa méthode à celle de Daviel, Smith nous donne quelques indica- Lions sur les complications qui surviennent au cours ou à la suite de son opération : L'Issue du vitré ne se montre que dans 5 % des cas avec l'extraction dans la capsule faite systématiquement « sans sélection des malades ».

L'Iritis, incomparablement moins fréquente après l'extraction dans la capsule qu'après l’opération avec capsulotomie, n'apparaît que dans 1 % des cas.

L'Infection, également très rare, ne se voit que dans 1 % des cas ; tandis qu'après l'opération de Daviel 14 % des yeux opérés sont ainsi perdus dans les autres hôpitaux de l'Inde. De là vient la vogue de l'Hôpital de Jullundur « qui, dit Smith, bâti dans un village d'agriculteurs, sans prestige, est devenu presque l’un des cinq plus grands hôpitaux ophtalmoloviques du monde ».

Quant au Prolapsus de l'iris, Smith ne parle, dans cet article, ni de sa fréquence ni de sa gravité. :

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Au sujet de l’Acuité visuelle de ses opérés, l'opéra- Leur anglo-indou donne ici des indications très concises : «si, avant l'opération, l'œil est sain (abstraction faite de la cataracte), un mois après, avec des verres appropriés, la vision sera de 6/6, la vision définitive sera souvent égale à 6/3,5 ; cette acuité visuelle est suffisante pour les travaux les plus délicats. »

L'Astigratisme est en moyenne de 1/2? à 1°.

Une série de statistiques, dressées par des élèves du erand opérateur, soil à Jullundur même, soit en Amérique, sont un peu plus riches de détails.

Lister, qui a travaillé longtemps auprès du maître, en a fourni deux : — La première (Arch. d'Ophtalm., NOV. 1909), mentionne 39 issues de vitré, sur 576 cas opérés par l'auteur, soit 5,3 %. — La deuxième statistique de Lister, Treatment of cataract, Smith 1910, porte sur 98 malades opérés par Smith lui-même et ayant présenté une issue de vitré. Dans Gr cas, qui ne présentèrent aucune autre complication, les résultats visuels varièrent entre 6/3 et 6/9.

Arnold Knapp, de New-York, pendant son séjour à Jullundur, observe 100 opérations dans la capsule, el note 17 prolapsus de l'iris ; 13 issues légères de vitré ; 3 issues abondantes ; 2 infections oculaires ; el une hémorragie sous-choroïdienne. (Ophtalm. *ecord, 1909.)

Clark, de Columbus (Ohio), accompagné de Green el Vail, assiste à 245 opérations faites par Smith et en fait lui-même 121. Dans cette dernière série, il note 7 issues de vitré et 2 fois la rupture de la capsule. Malgré ces résultats, l'appréciation qu’il donne de la

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méthode manque d'enthousiasme. (Ophtalm. Record, 1909.)

Vail a étudié soigneusement les malades de Jullundur, il dit n'avoir vu que » panophtalmies sur 1200 opérations. (Ophtalm. Record, 1909.) ù

Janimisson, de Bedford (Ophtalm. Record.) a opéré, à Jullundur, sous les veux de Smith, 680 malades au sujet desquels il note :

— 35 issues de vitré ; — IT iritis ;

17 éclatements de la capsule :

— } suppuralions ;

hémorragies expulsives.

Il enregistre cependant, comme résultats fonctionnels chez 96 % de ses malades, une acuité visuelle de 6/9 et conclut que l'extraction dans la capsule ne présente pas plus de dangers que l'opération de Daviel.

Kelkelly, au contraire, n'est pas partisan de la méthode de Smith. Il a vu opérer le maître à l’'Hôpital de Bombay et, sur 23 opérations faites par Smith, il a noté comme accidents immédiats :

— À ruptures de la capsule ; — 2 issues de vitré ; — 6 prolapsus de liris ; et comme complications post-opératoires :

— 4 fois la persistance de débris capsulaires ; — 7 fois un trouble du vitré ; — 7 iritis.

Malgré tous ces accidents, les résultats visuels sont

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