SYMPTOMES FONCTIONNELS
L’anomalie, nous l’avons vu, est manifeste en général dès la naissance. Souvent peu marquée, elle n’attire guère l’attention à cette époque, si ce n’est par la forme inesthétique qu’elle communique au pied. Plus tard, l'inégalité de taille entre les différents orteils
s’accentuant, elle devient plus manifeste, en même
temps qu’apparaît une difficulté à abriter dans une chaussure normale un appendice aussi volumineux. C’est souvent pour ce dernier motif que les parents viennent consulter, et, si cette raison n’a pas encore entraîné leur détermination, celle-ci ne résiste pas en général à la gêne dans la marche, conséquence de la difformité.
En effet, la taille exagérée du ou des orteils atteints, leur forme modifiée, ainsi que la présence fréquente de lipomes siégeant au voisinage des régions dystrophiques, entraînent une disharmonie dans le jeu des artieulations des différents orteils, qui tendent à s’immobiliser, pour les mouvements actifs tout au moins, au niveau des articles hypertrophiés; immiobilisation dont la conséquence est par-
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fois l’enkylose articulaire, et plus rarement l’atrophie secondaire des petits muscles qui en assuraient le jeu. De plus, l’avant-pied lui-même, accru de volume bien souvent, et bombé à sa face plantaire par l'épaisseur inaccoutumée des parties molles, constitue un boulet que traîne le malade, et qu’il bute fréquemment au cours de la progression, ce qui provoque à ce niveau des callosités et des excoriations. Cette modification dans l’équilibre et la mécanique du pied, le déplacement des points d’appui plantaires, et la crainte des chocs déterminent alors le sujet à ne reposer que sur son talon.
Et, cependant, nous n’avons jamais constaté de douleurs spontanées, si ce n’est au niveau des callosités et des ulcérations produites par le frottement contre la chaussure, ou par les heurts, douleurs réveillées surtout par la marche et tendant à céder au repos.
Deux fois (Obs. XXIX et XXXV), le sujet accusait une secrétion sudorale exagérée et l’unique observation (XXIX) due à Caubet et Mercadé, relate le cas d’un malade qui se plaignait d’une sensation de froid au niveau du pied anormal.
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