‹ De l'HallomégalieChapitre 12 sur 42 · SIGNES PHYSIQUES · texte numérisé non relu

SIGNES PHYSIQUES

Inspection. — La vue permet de reconnaître immédiatement le nombre des orteils en cause, leur siège, en même temps que la participation possible des parties voisines au processus.

Elle conduit également à établir entre les différents cas une classification morphologique, et à les faire rentrer dans un des deux groupes créés par Kirmisson, l’un d’hypertrophie régulière où tous les segments également touchés ont gardé leur formes et leurs proportions réciproques, l’autre d’hypertrophie irrégulière, où l’exubérance tissulaire est inégalement répartie entre les différents articles, entraînant la monstruosité des formes, et une plus grande modification dans les rapports des parties atteintes. Dans ce dernier cas, le plus fréquent d’ailleurs, la phalange distale est souvent renflée en massue, et l’orteil revêt la forme d’un battant de cloche. D’autres fois sa masse, rappelant une baguette de tambour, se continue avec un avant-pied élargi et épaissi. Parfois deux orteils voisins, le deuxième et le troisième dans la majorité des cas, participant à l’accroissement de volume exa-

géré, sont réunis par leurs parties molles en une masse informe.

Le volume de l’orteil anormal peut être considérable et atteindre quarante fois celui de son congénère du côté sain (cas de Morestin). En général, il est deux fois plus long que lui, les variations les plus notables portant sur la largeur.

Ces proportions gigantesques ne vont pas sans entraîner un refoulement des orteils voisins qui, rarement du reste, apparaissent atrophiés.

Il est rare que l’hallomégalie laisse à l’orteil qu’elle frappe sa direction normale.

Bien souvent, il se présente en hyperextension, formant par exemple, chez la malade de Giribaldo, une sorte de trompe recourbée en haut et se terminant audessus de la ligne métatarso-phalangienne « hallomégalie à la poulaine » (Prof. Aug. Broca). D’autres fois, il est incliné latéralement, surtout en dehors, repoussant ses congénères en les déplaçant pour passer sous eux, déplacement qui peut allier jusqu’à la luxation (Obs. III). Chez le sujet de Jayle et Desfosses, les deux orteils géants voisins étaient inclinés et tordus sur leur axe, en sorte qu’ils se regardaient par leurs faces dorsales. Enfin dans un seul cas, l’hypermégalie fut accompagnée de martellement (Obs. XXXIV).

Rétraction de tendon (Curling), présence de lipome (Caubet et Mercadé) furent mis en cause pour expliquer ces déviations. Nous croyons qu’il faille faire une large part à la compression unilatérale exercée par la chaussure, et à la prolifération inégale des différentes parties des épiphyses, entraînant le déplacement des surfaces articulaires.

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