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CHAPITRE PREMIER

Importance biologique et hygiénique de la lumière

solaire.

En se plaçant à un point de vue purement philosophique, il serait très intéressant de se demander à quoi est due cette faculté de réviviscence, qui subitement réveille des croyances ou des vérités endormies depuis des siècles. Et, pour l'héliothérapie en particulier, pourquoi revenons-nous aux pratiques les plus anciennes ? 2

Car, cela n’est pas douteux, les anciens médecins romains prescrivaient les bains de soleil comme traitement de la goutte et du rhumatisme, et les maisons privées de l’ancienne Rome étaient pourvues d’un Solarium, où l'on s’exposait nu aux rayons du soleil. Hippocrate, Galien et Avicenne affirmaient que l'air inondé de lumière était très utile à la santé.

L'idée première de recourir à l'emploi de la chaleur comme agent thérapeutique a certainement son origine dans le bien-être éprouvé par les êtres vivants sous l'influence des rayons solaires, et les médecins de l'antiquité n'ont cessé d'affirmer que l'air inondé de lumière était d’une grande utilité pour la santé. Pourtant, comme le disait J. Uffelmann, dans un article sur l'importance hygiénique de la lumière solaire, les hygiénisites modernes ne semblent pas, en général, vouloir attribuer à la lumière solaire toute l’importance qu’elle devrait avoir.

Sans parler de l’action bienfaisante exercée sur les plantes, nous savons aujourd'hui que la lumière solaire entre comme un facteur biologique important dans la vie des animaux, et dans la vie de Phomme en particulier. Cette importance biologique de la lumière tient à une puissance régénératrice, vivifiante, qu'il est difficile d'expliquer, mais que l’on doit admettre, puisque le soleil modifie de la facon la plus heureuse toutes les fonctions de l'organisme, ainsi que le prouvent un grand nombre d'expériences.

W. Edwards, après avoir placé des œufs de grenouille dans deux bocaux pleins d'eau, l’un à verre opaque, l’autre à verre transparent, constala que le développement se faisait de façon différente. Il s'accomplissait normalement dans le bocal dont les parois se laissaient traverser par les rayons lumineux, alors qu'il se faisait très mal dans le second bocal.

Platen a montré que la proportion d'acide carbonique éliminée par un lapin diminue de 13 à 140/,, si on le maintient dans lobscurilé. Le dégagement d'acide

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carbonique est donc plus intense à la lumière. Fubini et Ronchi affirment que chez l’homme, la quantité d'acide carbonique exhalé serait 113 à la lumiere, si elle n’est que de 100 dans l'obscurité.

Von Demme dit « que la lumière solaire augmente l'oxydation du carbone, et que celle-ci diminue quand l'intensité de la lumière diminue. » Il à reconnu que chez les enfants enfermés dans des chambres mal éclairées, la température du corps s’abaissait de 0,1 à 0,5 en même temps que la secrétion de l'urine devenait moins active.

Des recherches faites en Angleterre démontrent bien l’action favorable de la lumière solaire sur toutes les fonctions biologiques chez l'homme. On à pu constater dans ce pays que la croissance des enfants est diminuée pendant la saison où le soleil ne se montre pas. Cette notion est d’ailleurs complétée par ce que nous savons sur là croissance des cheveux, qui se fait mieux en été qu'en hiver.

Enfin il est d'observation journalière, que l'organisme de l'enfant se ressent au plus haut point de l'influence de la lumière. Qui ne connait cet aspect pâle el maladif des enfants qui vivent dans les habitations obscures, sans jamais voir le moindre rayon de soleil.

Cette influence bienfaisante de la lumière apparait encore avec une plus grande évidence, si l'on compare la différence de coloration du visage entre les ouvriers occupés à des travaux souterrains ou nocturnes, etles campagnards s’adonnant à l’agriculture et constamment exposés à l'action vivifiante du soleil.

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Toutes ces considérations nous permettent de conclure que la lumière solaire est un facteur biologique important au point de vue de la nutrition en général, et que san action peut s'exercer sur toutes les fonclions de l'organisme.

. Mais à côté de cette action biologique de la lumière solaire, nous ne devons pas oublier l’action hygiénique. Le soleil contribue à la purification de l'air, en permettant aux plantes une absorption plus facile de l'acide carbonique exhalé par les animaux. Il est évident que dans l'assainissement spontané des cours d'eau, prouvé comme l'on sait par les expériences de Pettenkotffer, la lumière solaire a une très grande part.

Celle importance hygiénique de la lumière solaire estsurtoutdue à son pouvoir bactéricide. Mais, outre ce pouvoir bactéricide, le soleil influence la vitalité des microbes el leur développement; il diminue leur virulence et agit sur leur pouvoir fermentatif..

Dowes et Bluntontmontré que si l’on porte à l’'étuve des cultures faites en milieu sucré et exposées au préalable pendant un certain temps au soleil, on ne voit pas les microbes se développer. Et pourtant, le milieu de culture n'a rien perdu de ses qualités nutriltives.

Les expériences de Duclaux sur une série de micrococci, provenant de l'organisme de différents malades ; les expériences d’Arloing, faites à peu près à la même époque sur le bacillus anthracis, démontrent bien que la lumière solaire diminue la virulence des microbes, en même temps que leur pouvoir végélalif.

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Pansini conclut de ses recherches que la lumière à une action retardante sur les microbes, action qui finit par devenir mortelle. Et cette action est d'autant plus intense etrapide que là température est plus élevée.

Gaillard, dans sa thèse « de l’Influence de la lumière sur les microorganisimes »,reprend les travaux de M. Arloing, et donne le compte rendu de ses expériences sur divers microbes. Le bacille typhique, en particulier, meurt sous l'influence de la lumière solaire. Lestaphylocoque pyogenes aureus perd entièrementsa végélabilité dans les mêmes conditions, et sa virulence est atlénuée.

Vasserzug, dans son travail sur les Variations durables de lu forme etde la fonction Sur les bactéries, a montré qu'on pouvait, par certains moyens, faire cesser la production de la substance colorante, en particulier pour le bacille du pus bleu, et le Micrococcus prodigiosus.

Pour ce quiest du bacille diphtérique, d’Espine et Marignac ont constaté que les cultures sur sérum, conservées sans aucune préparation dans une armoire. perdent très rapidement leur action, quand elles sont exposées à l'air. Roux et Yersin notèrent après Léæffler qu'un bouillon de culture de bacilles diphtériques conserve sa virulence pendant treize mois, dans des tubes fermés et conservés à l'obscurité. Une fausse membrane exposée au soleil, à Pair et aux intempéries pendant deux mois, ne présente plus aucune bactérie ; tandis qu'une autre fausse membrane, enfermée pendant cinq mois dans une armoire, peut donner des colonies au bout de ce Lemps considérable.

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Ledoux-Lebard, après avoir répété ces expériences, est amené à cette conclusion que : la lumière diffuse à un pouvoir bactéricide à peu pres nulsur la bacille diphtérique en dilution dans un bouillon neutre, tandis que ce pouvoir est considérable, siles bacilles sont dans l’eau distillée. La lumière diffuse détruit les cultures diphtériques qui y sont exposées ; la lumière directe agit avec une plus grande rapidité. EE pour lui, la lumière solaire peut être utilisée avec grand profit, comme agent de désinfection des locaux contaminés par les bacilles de la diphtérie.

P.-A. Chmielewski, traitant de l’Znfluence de la lumiere Sur les microbes de la Suppuraltion, constala que la lumière électrique el la lumière solaire exercaient une action incontestable sur le pouvoir végétatif des microbes pyogenes. La lumière solaire à une attion plus marquée que la lumière électrique, car elle peut finir par tuer les bacilles pyogènes, sison action s'exerce pendant six heures.

Pour les bacilles de la peste, l'influence de la lumière solaire n'est pas moindre. D’après Kitasato, quelques heures suffiraient pour tuer les bacilles. Pour Abel, il faudrait une heure.

Tizzoni et Caltain ont observé les mêmes faits sur le bacille de tétanos.

Mlle Jaknin, dans sa thèse de doctorat, expose les recherches faites sur l’action de la lumière solaire à l'égard du bacille coli communis. D’après ses expériences, le coli-bacille est rapidement détruit par la lumiere solaire lorsqu'il est exposé dans un milieu non nutritif: maiscelle-cis estmontrécinefficaceaallénuerle pouvoir

de ferment de la culture en suspension dans le bouillon.

Pour le bacille de la tuberculose, Koch a constaté par de nombreuses expériences qu'il peut être tué par une exposition aux rayons solaires directs. Le temps nécessaire varie de quelques minutes à quelques heures, suivant l'épaisseur de la couche exposée. La lumière diffuse aurait le même effet, mais, grâce à une exposition plus prolongée, Straus a confirméle résultat des expériences de Robert Koch sur le bacille de la tuberculose.-

Etiln'est pas étonnant qu'en présence de cet édifice expérimental prouvant nettement l’action favorable de la lumière solaire au point de vue de la destruction des microbes, on en soit venu à faire une application raisonnée de la lumière solaire au traitement des maladies.

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