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CHAPITRE II

Le Spectre solaire et ses diverses radiations

Le soleil représente, comme on sait, la principale source de chaleur radiante lumineuse. Il représente donc au suprême degré la combinaison de trois facteurs différents qui sont chacun des agents thérapeutiques, à savoir : la chaleur radiante, la lumiere et les rayons chimiques.

Le mot de chaleur radiante désigne le phénomène suivant, à savoir que: une partie de la chaleur émanée du soleil, traverse toute l'étendue de l'atmosphère sans être absorbée. Le processus intime de la radiation de la chaleur réside bien aussi, comme celui de toutes les radiations, dans les mouvements vibratoires de l’'éther, communiqués par les molécules du corps radiant. Mais les longueurs d’onde des diverses r'adia-

tions (lumineuse, calorifique, chimique) different les unes des autres, comme l’a démontré Tyndall.

Cependant, malgré l'identité d'origine de la chaleur obscure et dela chaleur lumineuse, il est certain que cette dernière a des propriétés spéciales, et joue un plus grand rôle au point de vue thérapeutique. En etfel, quand on observe là région obscure du spectre, on remarque que, plus le fover lumineux est intense, plus les rayons calorifiques le sont aussi. On comprend ainsi qu'une source de chaleur lumineuse est préférable à toutes les autres, parce qu'elle permet d’oblenir des températures plus élevées.

Le troisième facteur entrant dans la composition de la lumière solaire est constitué par les rayons chimiques.

Toutes ces radiations, bien que de même nature, car elles correspondent toutes à des mouvements moléculaires de l'éther, diffèrent entre elles par la rapidité des vibrations, ce qui correspond à des réfrangibilités différentes. Et lorsque le faisceau passe à travers un prisme, chaque radiation subit une déviation qui diffère de la déviation subie par les autres. Si donc on fail passer un faisceau lumineux solaire à travers un prisme, on aura le phénomène de la dispersion des diverses radiations, due à l'inégale réfrangibiité de ces radiations.

Le phénomène qui frappe l'observateur, c'est l’étalement de la partie lumineuse, el la variété des colorations. Mais cette variation de couleur est continue depuis la partie la moins déviée qui est rouge, jusqu'à la partie la plus déviée qui est violette. C'est là ce que

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lon désigne sous lenom de spectre lumineux: et, comme il était impossible d'observer aucune limite précise aux nuances des couleurs, on a pris arbitrairement sept de ces couleurs dont les .noms sont rangés par ordre de réfrangibilité décroissante: violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge.

Ce spectre lumineux contient des bandes noires bien étudiées par Fraunhofer, et qui servent de points de repère pour les couleurs différentes.

Le spectre solaire est visible directement dans l’espace compris entre les raies désignées par Fraunhofer par les lettres À et H. Mais le spectre s'étend plus loin au delà de ces lettres. En deca de la raie À, onale spectre infra-rouge. Au-delà de la raie H, on a le spectre ultra-violet.

Ces parties du spectre, qu’on peut considérer comme invisibles, ont été étudiées non plus par leurs effets lumineux, mais par leurs effets calorifiques ou chimiques.

Les rayons infra-ouges, rouges et jaunes sont les moins réfrangibles. Ils sont surtout calorifiques ; leur action chimique est minime. Au contraire, les rayons bleus, violets et ultra-violets, qui sont les plus réfrangibles, ont une action chimique tres intense, alors que l'action calorifique est minime.

Il est très intéressant de se demander quelle est la part exacte qui revient à chacun des éléments entrant dans la composition du spectre solaire, dans les effets thérapeutiques produits par le bain de soleil.

Il est évident que dans le bain de soleil ordinaire, c’est-à-dire dans la simple exposition d’une partie du

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corps ou du corps tout entier au soleil, les divers facteurs exercent tous leur action et l'effet produit n’est que la résultante des effets de chacune des radiations.

Unna, Widmark, Charcot, ont soupconné que c'est seulement aux rayons chimiques que sont düs les effet observés sur la peau chez l'homme.

Mais c’est à M. le professeur agrégé Bordier que revient l'honneur d’avoir prouvé que ce sont les rayons chimiques qui sont seuls en cause dans la production de l’érythème cutané, avec l'appareil de Lortet et Genoud. Or, l'on peut conclure qu'il doit en être de même pour la lumière solaire, car l'arc électrique à de grandes analogies pour son action avec la lumiere du soleil.

Nous remercionsinfinimentM. le professeur Bordier d'avoir bien voulu pousser l’obligeance jusqu'à nous remettre les épreuves de l’intéressante communication qu'il a faite au dernier Congres de l'Association francaise pour l'avancement des Sciences, tenu à Ajaccio en septembre 1901.

Dans cet article intitulé : « Mécanisme de l’action de Pare électrique sur les tissus dans la photothérapie », M. Bordier s'est demandé si « dans cet appareil de MM. Lortet el Genoud, où la source de chaleur est si voisine des tissus, les radiations calorifiques ne jouaient pas nn certain rôle dans la production de lérythème ou de la vésicalion qui se produit, quand la peau reste appliquée contre le compresseur pendant deux à trois minutes, et si cette action énergique était entièrement due aux radiations acliniques émanant de l’arc électrique ».

«Ila institué pour cela des expériences, danslesquelles il a remplacé l'eau du compresseur par une solution d’iode dans le chloroforme, solution qui permet aux rayons Ccalorifiques de passer, mais qui absorbe complètement les radiations actiniques.

« Une telle solution est absolument opaque pour les radiations actiniques et lumineuses; elle laisse, au contraire, passer des radiations calorifiques, mais il y avait lieu de rechercher si cette solution était tout à fait diathermane, ousi ellen’absorbait pas unecertaine partie des radiations de grande longueur d'onde; si, par exemple, ia solution chloroformique d'iode laissait passer aussi bien les radiations calorifiques que le chloroforme pur.

«lo Le dispositif expérimental a été le suivant ballon de 6 centimètres de diametre contenant du chloroforme pur; centre du ballon à 14 centimètres de larc;.le foyer de la lentille épaisse, ainsi formée, cherché avec un écran, est à 4 centimètres de la paroi du ballon ; on place à ce foyer un vase en laiton contenant 20 grammes d'eau distillée et entouré de feutre épais, sauf en une région circulaire d’un centimètre de diamètre. Température initiale : 27°1. Après quatre minutes, on arrête l'arc ; la température s'élève toujours pour s'arrêter à 30°. L’élévation de température est donc de 29.

«2 Le chloroforme pur est remplacé par une solution d’iode à 1 0/0 dans du chloroforme. Le dispositif expérimental est absolument le même que précédemment. Le vase de laiton est placé à la même distance, 4 centimètres du ballon. Température initiale de

l'eau : 27°4 L'are électrique est actionné pendant quatre minutes. La température continue à monter et elle s'arrête à 3005. La différence est iei de 31.

«En comparant les élévations de température dela même masse d'eau contenue dans le récipient delaiton, on voit que la quantité de chaleur transmise à travers le ballon, loin d'être diminuée par Fiode en dissolution dans le chloroforme est plutôt augmentée, puisque la température de la même masse d'eau s'est élevée de 30, avec la dissolution d'iode, et de 29 seulementavec le chloroforme pur.

«On doit done conclure de ces expériences que la transmission des ravons ecalorifiques n’est pas affaiblie par l'iode dissous dans le chloroforme, bien que toutes les radialions lumineuses soient complètement arrêtées par cette même solution. Les radiations chimiques sont elles aussi absorbées par la solution diode. En effet, en placant du papier sensible au chlorure d'argent au foyer du ballon (4 centimètres), on ne constate aucune altération, le papier conservant, même après Cinq minutes, sa couleur blanche primitive.

«Il résulte de ce qui précède, qu'une solution d'iode à 1, dans le chloroforme arrête les radiations actiniques, aussi bien que les radialtions Iumineuses, mais laisse complètement passer les radiations calorifiques.

«Les expériences précédentes ayant été faites, ilétait facile de rechercher si, dans la photothérapie, lérythème produit sur la peau était dû aux rayons ealoritiques de l'arc où aux rayons chimiques.

« Pour trancher la question, et dissiper tous les

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