‹ De l'hémarthrose et de son traitement par la ponctionChapitre 10 sur 27 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Leliquide de l'hémarthroseest ordinairement du sang absolument pur, il peut être cependant mêlé d'une quantilé plus où moins considérable de liquide synovial, surtout au bout d’un certain lemps, si l'inflammation de l’arlicle a déterminé nne sécrélion plus abondante de synovie. La couleur du sang est tantôt rouge vif, tantôt rouge foncé, presque noire. La quantité de sang épanché est assez variable suivant les cas; elle est générale- ment de 60 à 80 grammes ; c’est la quantité que l’on extrait le plus souvent par la ponction ; toutefois on a vu des épanchements de 100 grammes, de 125 grammes (1) de sang et davantage ; nous signalons une observation (Obs. VITI) où la quantité de sang était de 170 grammes.

Bien qu'on ait souvent nié la coagulabilité du sang reliré d’une hémarthrose, (nous reviendrons plus tard sur ce point), on voit dans beaucoup

(4) Obs. XIV de la thèse de Bosset, Paris, 1884.

de cas, surtout si Pon attend un temps suffisant, ce sang se séparer dans le verre à expériences en deux couches distinctes ; une plus considérable, superficielle, légèrement teinté en rouge, demi transparente, et une seconde plus profonde, fibrineuse. L'examen microscopique fait par Latteux dans les observations de la thèse de Huchard, a montré dans la couche superficielle « des globules rouges, plus ou moins altérés, et des globules blancs volumineux et devenus granuleux; quelques uns sont infiltrés de gouttelettes graisseuses ».: La couche profonde est uniquement composée de fibrine, lenant en suspension des éléments sanguins. :

Une parlicularité intéressante, présentée par le sang retiré des hémarthroses, se trouve dans l'existence à la surface du liquide, de gouttelettes huileuses, souvent en nombre considérable, Leur origine a été très disculée. Tandis que les uns l’attribuaient.au mélange de la synovie, d’autres auteurs avec Ficatier (2) ont pensé que ces gouttes de graisse, provenaient de l’écrasement sous l'influence du traumatisme des vésicules adipeuses contenues dans les franges de la synoviale, ou des cellules graisseuses de ligament adipeux ; d’autres enfin, font venir ces goutteleltes huileuses de la plaie du tissu spongieux tibial ou fémoral qui est probablement entamé, comme le prétend M. $Second, dans maints cas d’hémarthrose.

(2) FMicatier. Th. de Paris, ASTS.

= SYMPTOMATOLOGIE

Les premiers phénomènes qui marquent le début de l’hémarthrose, sont des phénomènes douloureux. Le malade ressent au moment du traumatisme une douleur très vive, accompagnée souvent d'une violente sensation de craquement qui peut amener la syncope.L'intensité de la douleur paraît être en rapport avec le liraillement ou la déchirure des ligaments qui possèdent des ramuscules nerveux assez mullipliés. Peu de temps après l’accident, la douleur s’apaise, mais ce calme n’est le plus souvent que de courte durée. Il est vrai que certains individus n'’éprouvent plus aucune souffrance, dès qu'ils gardent le lit : une pression violente sur les côtés de leur genou, ou une tentative brusque de mobilisation de leur jambe sont seules capables de réveiller des douleurs presque éteintes. On conçoit facilement que ces variations des phénomènes douloureux dépendent de l’état nerveux plus ou moins prononcé des malades, et surtout de la violence du traumatisme qu'ils ont

subi. Toujours est-il que chez un très grand nombre, sinon ch”z la plupart, les douleurs persistent après l'accident ; elles sont continues, sourdes, profondes, exaspérées seulement par la pression, par les mouvements, en dehors desquels elles ne cessent pas de tourmenter le malade. (es douleurs là sont dues à la distension de la synoviale par le sang épanché, et comme le fail remarquer M. Delbet (1), c'est la ponetion seule qui parvient à les bien soulager.

Ce qui frappe d’abord, quand on est en présence d'un malade atteint d'hémarthrose, c'est la déformalion de l’article. Le genou est globuleux, arrondi; les dépressions normales ont disparu, les Saillies sont effacées. La jambe est légèrement fléchie sur la cuisse, le membre repose sur le lit par sa face exlerne dans une attitude spéciale intermédiaire à la flexion et à l’extension. C’est une sorte de demi-flexion qui répond au maximum de relâchement de tous.les ligaments etau maximum de capacité de la cavité synoviale. Bonnet a démontré au moyen d'expériences cadavériques, que dans les cas d'injection forcée, l’effort mécanique du liquide accumulé dans l’articulation, produisait toujours ce résultat,

« Lorsqu'on fait, dit Bonnet (2), une injection «a forcée dans le genou, les os qui forment cette

(1) Pierre Delbet. Bulletin Médical, 28 févr. 1894. (2) Bonnet. Truité des Maladies articulaires; t. IT, p. 152.

+9 & articulation.se placent en position demi-fléchie. « Quels quesoient les rapports dans lesquels ils se «. lrouvaient avant l'injection, ils sont ramenés par « un mouvement extrêmement distinct à la position « où ils font entre eux un angle un peu plus ou- « vert que l'angle droit. Gelte position ne peut « êlre- changée, tant qu'une partie du liquide ne «s'échappe point de l'articulation.

Et plus loin : « La demi-flexion du genou pro- « duite par l'injection forcée: est la posilion où la « cavité articulaire a le plus de capacité. » * Le gonflement de l'articulation apparaît toujours très rapidement dans l'hémarthrose, c'est là:un signe palhognomonique dont on doit tenir e plus grand compte dans le diagnostic. En 24 heures, au maximum, le plus ordinairement au bout de deux heures, l'épanchement de sang estconstitré ; quand ce n’est pas même au bout d’une demiheure, d’un quart-d’heure et moins. Il ne:manque pas de malades qui racontent avoir vu leur tuméfaction du genou aussi volimineuse au moment où ils se sont relevés que par la suite; c’est d’emblée que le gonflement de l’article a atteint son axXIMUM. |

Ficatier (1) a observé deux cas où l’épanchement élait limité à la bourse séreuse sous-trieipitale. Voici un exemple typique : « Duplessis « Achille, 39 ans, service de Broca, plombier,

(1}:Th. de Paris, 1878 p. 31., Obs. V et VI.

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