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throses entraînent des troubles fonctionnels multiples : parésie des muscles, souvent accompagnée des pasmes, avec trémulation des tendons, exagéra lion des réflexes tendineux, laxité, articulaire, troub'es sensitifs variés, hyperesthésies, aneethésies, mais sur tout douleurs articulaires. M. Bazy (1) altribue les douleurs articulaires persistantes à des entorses conlinueiles résultant de la laxilé articulaire produile par l’amyotrophie; les lieux d’élecüon des points douloureux sont en effet les mêmes que ceux de l’entorse.
On voit que l’atrophie musculaire doit entrer en ligne de compte dans le pronostic des hémar throses; elle est susceptible, torsqu'elle est assez. marquée, de l'assombrir quelque peu, par la gêne fonctionnelle qu’elle entraîne.
Il est enfin une complication dont nous devons discuter la valeur, car elle mériterait, si elle était démontrée, d'attirer toute l'attention du chirurgien. Nous voulons parler de la produclion de corps étrangers aux dépens du sang qui séjourne longtemps dans les articulations.
Quelle valeur doit-on attribuer à cel argument que l’on invoque depuis longtemps déjà en faveur de la ponction ? C’est ce que nous devons discuter
Hunter admettait sans conteste la formation des corps étrangers articulaires aux dépens du seng qui séjournait dans la jninture, il admettail même qu'il sa transformätion en cartilage.
(1) Bazy. Progrès Médical, 1889, n° 12.
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Philippe Boyer « dit avoir extrait des corps étrangers composés d'une matière blanchàätre s'écrasanit sous le doigt et qui parut n'être autre chose que de Ja fibrine décolorée. »
Velpeau expliquait ainsi 1) la part que prend le sang à la production des corps étrangers articulaires : « Si pour une cause quelconque du sang « S’épanche dans une cavité synoviale, et qu'il y « puisse être sans cesse agité, remué, broyé, « fouetté par les mouvements de la partie, la « matière colorante du sang sera résorbée, l’exha- « lation synoviale empêchera les caillots fibrinenx « de seconfondre avec les fissus voisins, le magma « du coagulum se morcellera, se réduira en « fragments... Ces fragments frottant Îles uns « contre les autres deviendront lisses, etc. »
Morel-Lavallée qui cite ce passage dans sa thèse d’agrégation (2) ajoute: «{ly aun très grand nombre « de cas, où la lésion succède si promptement à « un choc ou à une percussion brusque de la « jointure qu'il est difficile de la rapporter à une « autre cause qu'à un épanchement sanguin.
« Objectera-t-on que la violence extérieure a seu- « lement déplacé et rendu manifeste un corps « resté jusque-là à l’état latent ? Mais un pareil « phénomène ne saurait se répéter si souvent.
(1) Velpeau. Dict, de Médec., 2° édition.
(2) Morel Lavallée, Th. agrégat.. 1858.
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Es — & Nous pourrions ciler beaucoup de faits comme « le suivant :
« Un homme recoit un fort coup de pied de cheval sur le genou, lrois ou quatre semaines après il s'aperçoit d’un corps étranger qui le gène beaucoup dans la marche. Invoquera-t-on un changement de position d’un corps étranger auparavant imoff:nsif? » (Hey. Pralic observ., p: 347).
Morel-Lavallée rappelle du reste, à appui de son opinion, un fait eitépar Fabre (41) où l'examen direct du corps élranger en a révélé l’origine
hématique.
« Cest ainsi qu'on a vu un de ces corps formé « de couches concentriques dont les plus exté- « rieures étaient blanchâtres et fibreuses, les plus « internes noires comme de la suie, et le noyau € central constitué par une pulpe noirâtre facile à « écraser, en sorte qu'il eût été impossible d’ima- € giner un fait plus démonstratif. »
Legrouest (2), Nélaton, ont observé dés cas analozues. Legouest dit dans son Traité de chirurgie d'armée, page 621 : « Lorsque l'épanchement de « sang est peu considérable, il peut se résorber. « Lorsqu'il l’est davantage il peut subir les trans: « formations de toutes les collections sanguines, « et donner lieu dans ce cas particulier à la forma- « tion ultérieure de corps mobiles articulaires, « comme l’a constaté Hunter. »
(4) Fabre. Dict. des Dictionnaires de Médecine, &. I. * (2) Legonest. Traité de Chirurgie d'armée, p. 621.
Nélaton (4\ signale pour l’adopter l'opinion de Hunter: « Ce dernier, dit-il, conclut qae les corps mobiles articulaires reconnaissent pour cause les contusions et pour point d’origine les caillots sanguins. Il lui devint dès lors facile d'expliquer comment, dans certains cas, ces corps ont des pédicules tandis que dans d’autres ils en sont dépour-vus ; ilavait en effet démontré que le coagulum sanguin pouvait se greffer sur les parties avoisinantes. »
Quelques années plus lard, P. Lauza (2), après avoir cité l'opinion des auteurs précédents, concluait que « l'organisation du sang n’étail plus admise par la plupart des histologistes » et rappelait ce que Gruverlhier écrivait déjà en 1820 : « Le sang exlravasé ne s'organise jamais. »
En 1886, Muller (2), dans une étude sur la pathogénie des corps étrangers articulaires, dit tex- {uellement: « Nous ne pouvons actuellement plus « admettre cette transformation d'un caillot san- « guin en un tissu organisé, tel que du tissu cel- « lulaire, du cartilage ou de l'os, mais il faut « reconnaitre qu après une extravasation sanguine « la fibrine peut, en se coagulant, donner nais- « sance à de pelits corps fibrineux multiples et
(1) Eléments de pathologie chirurgicale
(2) Th. de Paris, 1898.
(81 Müller, Gazette Medicale de Shr'asbourg, 1886. n° 2, 1° févr. p. 15.