‹ De l'hémarthrose et de son traitement par la ponctionChapitre 21 sur 27 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Recueillie dans le service de M. le professéur Duplay, à la Charité).

Dorbon Ch., 59 ans, entre le 8 juillet 1893.

Le malade est tomlé dans une trappe de cave ; le pied droit s'est accroché au bord de la trappe, pendant que le pied gauche était suspendu dans le vide.

Douleur violente dans le genou droit : le malade est dan: l'impossibilité de marcher, il est amené sur un brancard à l'hôpital.

Gonflement énorme du wenou droit, 4 cent. 1/2 de circonférence de plus qu’au genou sain.

Fluctuation très nette ; on peut oblenir le choc rotulien. Doxleur diffusée à toute l'articulation, vive surtout à l'insertion inférieure du ligan:ent latéral interne. Mouvements de flexion et d'extension très douloureux. Très légers mouvements de latéralité.

Le 19 juillet. — On pratique la ponction de l’hémarthrose, avec l'appareil aspirateur de Potain, on retire 70 grammes de liquide. Compression ouatée, immobilisation dans une gouttière. Soulagement immédiat du malade.

Le 31 juillet. — On enlève la go:ttière ét l’ouate. Plus de trace d’ép 'nchement intra-articulaire, plus de doulenrs spontanées ; la palpation n'est plus douloureuse, les mouvements normaux sont facilement provoqués.

Le 3 août. — Le malade se lève, présentant seule-

ment une très légère atrophie du triceps fémoral, mais gardant l'intégrité de ses mouvements, bien qu'il ait eu antérieurement du rhumatisme.

‘ OBSERVATION II (idem).

Choureton Em., 34 ans, entre le 26 août 1893, salle Trélat, n° 1. À glissé sur lé bord d'un trottoir et est tombé: Mêmes symptômes physiques et fonctionnels que ie précédent, sauf que la fluctuation de l'épanchement était moins nette, parce que la tension était plus considérable ; on percevait plutôt une rénitence élastique ; en tout cas, pas de fluctuation « pâteuse ».

Ponction seulement trois jours et demi après l'accident le 29 août.

On retire 104 grammes de sang.

Compression ouatée et immobilisation.

Le 7 septembre, soit 8 jours après, l'appareil est enlevé, il n'y a pas trace d'épanchement, les mouvements de flexion ont diminué d'amplitude, maïs il y à à peine de raideur articulaire, la pression la plus forte ne détermine point de douleurs. Pas d° A appréciable du triceps fémoral.

Le malade marche le lendemain, soit /e 9° jour après l'accident, avec une genouillère élastique.

1 quitte l'hôpital le dixième jour et quand nous le revoyons un mois après, il à repris son travail comme si rien n'était. On ne pourrait pas se douter de l'ac- . cident qui estsurvenu à son genou.

OBSERVATION I (1dem.).

Poganne J., maçon, 32 ans, couché au n° 4 de la

salle Velpeau.

Le 42 septembre 1893, à 3 heures de l'après-midi, cet individu a fait une chute d'un échafaudage au quatrième étage. Il présente seulement une hémarthrose volumineuse du genou gauche.

Augmentation considérable de la jointure, tension énorme. La jambe est dans une légère flexion sur la cuisse et en rotation externe.

Rénitence élastique à la palpation. Douleur diffuse à toute l'articulation, sans localisations spéciales, pas de mouvements anormaux d’hyperextension ou de latéralié Ecchymose sous-cutanée étendue.

Caractère important à noter : Douleurs spontanées très violentes, en dehors de tout effort, de tout mouvement du membre inférieur.

Le 13 septembre. — Ponction du genou avec l’aiguille n° 3 de l'aspirateur Dieulafoy.

On retire 135 grammes de sang.

On se rend compte, quand la ponction est terminée, que l'articulation se remplit de nouveau. e

En raison de ce fait, la compression et l’immobilisation sont maintenues pendant un temps fus long.

Le 2 octobre s:ulement on les supprime.

I n’y a plus trace de liquide dans le genou.

La flexion ne dépasse pas sans douleur l’angle droit, pas de craquements.

Légère atrophie du triceps.

Le malade se lève et quitte l'hôpital quelques jours après, complètement guéri.

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