I. — Exhalation sanguine aiguë du péritoine
Les hémorrhagies intra-pelviennes peuvent, parla rapiditéde l’écoulement sanguin et son abondance, déterminer des accidents promptement mortels, et quoiqu’il s’agisse plutôt alors d hémorrhagie interne que d’hématocèle, puisque le sang n’a pas eu le temps de s’enkyster, nous devons cependant nous en occuper. Parfois, en effet, alors que les premiers accidents ont été presque foudroyants et qu’il n’est pas possible de méconnaître une hémorrhagie profonde, le sang épanché provoque autour de lui, du côté de la séreuse péritonéale, des phénomènes inflammatoires, il s’enkyste au bout de quelques jours et forme une véritable hématocèle.
Sur cent cas d’hémorrhagie intra-pelvienne offrant le tableau clinique des pertes sanguines profuses, nous trouvons dans les statistiques de M. Montrose Pallen 1 que la mort est survenue soixante-quinze fois, et l’enkystement vingt-cinq fois. L’hématocèle se serait donc produite une fois sur quatre.
C’est à propos de quelques-uns de ces cas de mort subite par hémorrhagie intra-abdominale que nous voyons invoquée
1. The American Journal of obstetrics and diseuses of ivomen and children New-York, p. 69. Avril 1876.
comme cause l’exhalation aiguë du péritoine. Cette expression se trouve pour la première fois dans la thèse de M. "Voisin 1 2 et s’applique à quatre observations de M. À. Tardieu.
Dans les Annales d hygiène publique-, consacrant quelques lignes aux tumeurs sanguines du petit bassin, M. Tardieu s’exprime ainsi : « Nous avons rencontré deux exemples de ces épanchements singuliers de sang dans le petit bassin , de ces tumeurs sanguines développées en arrière de l’utérus chez deux jeunes femmes qui, atteintes de cette .affection en dehors de toute conception, de toute tentative d’avortement, succombèrent avec une telle rapidité que, chez toutes deux, des soupçons d’empoisonnement suscitèrent des poursuites judiciaires, sans qu’aucune autre cause de mort pût être signalée. »
Des renseignements oraux donnés à M. Voisin complètent étiologiquement ces deux observations d’une concision excessive.
Chez la première femme, mariée depuis trois semaines, l'hémorrhagie pouvait être attribuée à des excès de coït.
La deuxième femme, une jeune juive, tomba frappée à la suite d’excès génésiques.
M. Voisin rapporte encore un troisième cas dû à M. Tardieu, où l’autopsie ne révéla rien du côté des ovaires, chez une femme qui succomba après avoir reçu sur la hanche gauche un coup de pied de son mari.
C’est avec ces trois observations, malheureusement aussi écourtées, qu’a été formulée l’hypothèse de l’exhalation sanguine du péritoine pelvien. Cette façon de concevoir le mécanisme de certaines hémorrhagies intra - abdominales ne saurait être admise, elle va à l’encontre de toutes nos connaissances physiologiques. Comment admettre cette diapédèse globulaire,