II. — Pelvi-péritonite hémorrhagique
A côté de cette dernière théorie, se place une opinion beaucoup plus vraisemblable sur un certain mode de formation de Thématocèle intra-péritonéale. Nous voulons parler de l’enkystement du sang épanché par suite de la rupture de fausses membranes vasculaires, consécutives à une pelvi-péritonite.
La question est bien simple. Existe-t-il une pelvi-péritonite hémorrhagique au même titre qu’il existe une vaginalite , une pachv-méningite, une pleurésie hémorrhagique?
L’aualogie, l’anatomie pathologique, la clinique nous serviront de guide et nous permettront d’accepter ou non, comme cause d’hématocèle , la déchirure des néo-membranes qui accompagnent toute péritonite plastique adhésive.
Ferber1 a le premier fait jouer un rôle dans la production
0 '• Ferber. Archiv. der Heilkwide, 1862, 8e année, 5* livraison, t. III, p. 131.
de l’hématocèle à ces fausses membranes pelviennes, mais cette manière de voir, basée sur des observations très-incomplètes, ne fut véritablement mise en relief que par l’appui de Virchow, dont elle a pris, du reste, le nom.
A la page \hl de son Traité des tumeurs1 , ce dernier auteur s’exprime ainsi : « Il peut arriver que la péritonite rétro-utérine , semblable en cela à la pachy-méningite , produise des pseudo-membranes, et que l’extravasation qui se fait plus tard par les vaisseaux de la pseudo-membrane se dépose entre les feuillets de celle-ci, et qu’il en résulte une hématome rétro-utérine enkystée. D’ordinaire, le sang provient entièrement ou en grande partie des vaisseaux de nouvelle formation , situés dans les couches résultant de péritonites partielles des excavations. »
Cette théorie, quoique admise en principe par la plupart des gynécologistes français et étrangers , resta longtemps sans démonstration péremptoire, et encore, à l’heure actuelle, ne trouvons-nous aucune autopsie confirmative. Cependant, dans ces deux dernières années, on a cherché à établir, surtout cliniquement, l’hématocèle d’origine néo-membraneuse. Crédé 2 a rapporté une observation concluante; dans sa thèse inaugurale, M. Drapier 3 a réuni des matériaux pouvant servir àl’édificatioii de cette théorie, et récemment , M. Ju les Besnier 4 dans un important travail, s’est proposé de constituer l’histoire complète de cette variété d’hématocèle.
Plusieurs raisons militent en faveur de la pachy-péritonite hémorrhagique, ainsi que la désigne M. Besnier.
Pourquoi ne se passerait-il pas du côté du péritoine pelvien,