‹ De l'hématocèle péri-utérineChapitre 19 sur 50 · REFLUX DU SANG DE L’UTERUS DANS LA TROMPE ET LE PÉRITOINE · texte numérisé non relu

REFLUX DU SANG DE L’UTERUS DANS LA TROMPE ET LE PÉRITOINE

Dans un mémoire publié en 1848 1 sur la rétention des menstrues, M. Bernutz a émis l’opinion que le sang accumulé dans la cavité utérine, le canal cervico-utérin étant fermé, pouvait s’engager dans les trompes et tomber dans le péritoine. Tous les gynécologistes admettent la possibilité de ce passage du sang menstruel dans les trompes, lorsqu’il existe un rétrécissement ou une oblitération plus ou moins complète du conduit vulvoutérin, que l’obstacle soit congénial ou acquis.

Des observations nombreuses démontrent surabondamment ce mécanisme de l’hématocèle ; on connaît le cas de Décès reproduit partout. Il existait chez sa malade un utérus et un vagin doubles, avec absence d’ouverture d’un de ces vagins à l’extérieur. Le sang menstruel s’amassa du côté imperforé dans la cavité vaginale, puis dans l’utérus et dans la trompe; la rupture de ce kyste tubaire entraîna une péritonite suraiguë promptement mortelle.

M. Bernutz 2 relate plusieurs observations non moins concluantes, se rattachant à des imperforations de l’hymen, du vagin ou de l’utérus, et dont le véritable intérêt siège dans les accidents plus ou moins longs qui précèdent l’épanchement sanguin et dans l’intervention chirurgicale variable avec chaque cas.

Archiv. génér.deméd., /SiS,XVII, 129, 433; XVIII, 405; XIX, 186. Mémoire sur les accidents produits par la rétention du flux menstruel.

2. Clinique médicale sur les maladies des femmes. Bernutz et Goupil, 1860.

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Des observations de Ruyschs Frank2, Haller3, etc., tendraient à faire admettre ce passage du sang dans la cavité péritonéale, alors qu’il n’existe aucune malformation ou rétrécissement acquis du canal utéro-vulvaire. Aran , Bernutz et Goupil, Hélie de Nantes, avaient eu l’occasion d’observer ce reflux de sang dans les trompes dilatées.

Des arguments de valeur puisés dans une observation clinique judicieuse ont été apportés par M. Bernutz à l’appui de son opinion, et cependant tous les doutes n’ont pas été levés ; c’est qu’en effet les autopsies confirmatives font défaut ou ne sont pas suffisamment concluantes, et, d’autre part, des objections sérieuses tirées de l’anatomie et de la physiologie ont été mises en avant par les adversaires de la théorie du reflux, ainsi que la désignait Aran.

Un premier point sur lequel s’appuie la théorie de M. Bernutz doit être élucidé ; la lumière du canal cervico-utérin peutelle être fermée par suite d’un obstacle dépendant de la contractilité utérine? Faut-il admettre pendant la menstruation un spasme du col utérin qui s’oppose à l’issue des menstrues dans le vagin ? Toute la théorie de M. Bernutz4 est dans ce fait : la constriction spasmodique du col, car, alors même que cette cause ne serait point la seule, il la fait intervenir comme adjuvante, dans certains cas de rétrécissements acquis, d’hypertrophie du col, de dysménorrhée pseudo-membraneuse, etc.

Nous avons vainement cherché les preuves positives d’une telle manière de voir; les observations citées ne justifieraient pas

'1 . Observationum anatomico-chirurgicatorum centuria, p. 1 15. Amsterdam, 1691.

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