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d’hématocèle serait de beaucoup, d’après Trousseau, la plus fréquente ; elle aurait moins de gravité que la première et se terminerait rarement par la mort. Cette relation entre la menstruation et l’hémorrhagie tubaire était assurément très-séduisante ; les recherches anatomiques et physiologiques semblaient alors la confirmer, mais si l’ovaire et ses annexes, utérus, trompes, ligaments larges, par leurs vaisseaux dépendant du même plexus, sont constamment placés dans une intime corrélation fonctionnelle, le fait fondamental sur lequel s’appuyait la théorie Trousseau est encore à prouver; rien ne démontre qu’au moment des règles, il se passe plus ou moins du côté de la trompe ce qui se produit du côté de la muqueuse utérine. La transsudation tubaire cataméniale attend une démonstration.
Nous n’avons pas à revenir sur la communication de M. Herrgott, dont nous avons parlé dans nos considérations anatomiques et physiologiques; c’est qu’en effet, cette exsudation sanguine par la trompe au moment des règles a besoin d’être confirmée, et d’autre part, en admettant son existence, elle ne serait pas à l’abri de toute objection. De ce qu’une trompe déplacée, emprisonnée dans une cicatrice, tiraillée à chaque mouvement respiratoire et autre, fournit un peu de sang, alors qu’ea harmonie avec tout le système utérin elle est le siège de la phlogose physiologique, il ne s’ensuit pas qu’à l’état normal les choses doivent se passer ainsi.
Suppose-t-on, ce que l’on rencontre fréquemment : des lésions inflammatoires aiguës ou chroniques d’une trompe, les termes du problème sont changés. Il faut tenir compte du nouveau facteur qui est intervenu, car, de même que les ovarites, les salpingites sont parfois le point de départ d’hémorrhagie, et cela, nous le répétons, de préférence à l’époque des règles.
Les affections chroniques de l’utérus ou de l’ovaire sont également susceptibles de provoquer et d’entretenir des phénomènes congestifs du côté de la muqueuse tubaire, les vais-
seaux devenus friables sont alors plus exposés à se rompre sous l’influence de causes accidentelles.
Le sang est parfois déversé directement dans le péritoine, mais souvent il s’accumule dans l’oviducte par suite de l’oblitération du conduit en un point de son trajet; la trompe se laisse alors plus ou moins distendre, formant un véritable kyste sanguin dont la rupture sous une poussée nouvelle déterminera, suivant son siège, une hémorrhagie intra ou extra-péritonéale. Dans quelques cas, les deux variétés de siège sont réunies. Une pièce pathologique, présentée à la Société anatomique par M. Seuvre1, est un bel exemple d’hémorrhagie intra et extra-péritonéale par déchirure de la trompe. Nous pourrions multiplier les exemples d’épanchement sanguin d’origine tubaire ; dans beaucoup de cas, l’hémorrhagie a été très-abondante, il y a eu des accidents graves. La rapidité des accidents, leur caractère ont été tels que parfois on a pu croire à un empoisonnement. Pauli 2 a cité une observation où, à l’autopsie médico-légale d’une femme de trente-six ans, qui avait succombé avec des accidents péritonéaux dont le début ne remontait qu’à vingt heures, on trouva comme seule cause de la mort la déchirure d’une trompe avec épanchement sanguin très-abondant, alors que l’on supposait un empoisonnement. Mais à côté de ces hémorrhagies internes promptement mortelles, où le sang n’a pas eu le temps de s’enkyster, se trouvent des tumeurs hématiques péri-utérines d’origine tubaire ; Follin 3, Oulmont 4, etc., en ont rapporté des exemples. M. A. Voisin a présenté à la Société anatomique une pièce d’hématocèle latéro-utérine 5, dont le sang avait été fourni par la trompe.
1. Société anatomique, 7 fév., 1 873, et Gazet. des Hôpitaux , 1873.