‹ De l'hématocèle péri-utérineChapitre 25 sur 50 · Loc. cil · texte numérisé non relu

Loc. cil

perforation intestinale, et cela lorsque la malade a survécu. Le tableau symptomatique del’une et de l’autre complication est, en effet, le même, et il est probable que certaines malades, atteintes d’une fièvre typhoïde et dites guéries d’une perforation intestinale, ont eu une hémorrhagie intra-péritonéale, comparable aux hémorrhagies d’autres régions et peut-être le plus habituellement d’origine tubaire. Cette idée nous paraît avoir été émise pour la première fois dans un mémoire de Robert Barnes 1 ; nous aurons occasion d’y revenir plus tard à propos de la symptomatologie.

La marche du sang dans la trompe ne nous occupera pas. Suivant une foule de circonstances dont l’analyse nous importe peu, le sang pourra, en effet, refluer par les ostia uterina , ou, comme nous l’avons dit , par l’ouverture abdominale de la trompe, ou enfin distendre cet organe dont la rupture entraînera, suivant son siège, une hématocèle intra ou extra-péritonéale. La déchirure de l’oviducte reconnaît le plus ordinairement pour cause une grossesse tubaire. On lira, parmi nos observations, un exemple remarquable de cette variété d’hémalocèles, qu’il nous paraît plus rationnel d’exposer à propos de la ponte extra- utérine.

Hémorrhagie de l'ovaire. — Ponte spontanée. — Grossesse

extra-utérine.

Dans ses premières leçons sur l’hématocèle rétro-utérine, après la discussion à la Société de chirurgie où Denonviliers avait montré une hématocèle due à la rupture d’un kyste hématique de l’ovaire, Nélaton fit jouer à l’ovaire un grand rôle dans la production des épanchements sanguins intra-péritonéaux. —

Robert Barnes. Cases illustrating lhe clinical history and patholorj y of effusions of blood inlo lhe peritoneum wilh spécial reference to lhe so-called relro-uterine hœmatocele. Saint-Thomas’s Hospital reports. — New sériés, vol. I, 1870.

« On sait, dit-il \ qu’à chaque époque menstruelle il se fait une congestion vers l’ovaire, puis une vésicule de Graaf se rompt et un ovule s’engage dans la trompe. — De plus, la rupture de la vésicule de Graaf est toujours suivie d’un certain épanchement de sang; c’est là le phénomène de la ponte spontanée. Supposons que la migration de l’ovule soit imparfaite; si l’hémorrhagie est un peu considérable, on comprendra que le sang tombe dans le cul-de-sac du péritoine, s’y accumule, puis le péritoine irrité s’enflamme, uhe péritonite adhésive se produit, l’épanchement est séquestré, l’hématocèle rétro-utérine est formée. » — Dans un Mémoire présenté à l’Académie des sciences1 2, Laugier développa cette théorie, il reconnut la ponte spontanée comme étant bien la cause occasionnelle de l’hématocèle rétroutérine; mais il ajouta cette conclusion : « Pour que la maladie se produise, il faut non pas la congestion physiologique de l’ovaire, mais une congestion exagérée, amenée par des causes accidentelles. » S’appuyant sur sept observations dans lesquelles la coïncidence entre le début de l’affection et la période menstruelle est nettement établie, il crut, d’accord en cela avec la théorie de Bischoff, qui admet que la sortie de l’ovule de la vésicule ovarienne a lieu à la fin de la menstruation, que le début de l’hématocèle se rapportait à la terminaison du flux menstruel.

La relation entre l’ovulation et la menstruation est certaine, mais la rupture de la vésicule de Graaf ne paraît pas toujours avoir lieu à la fin de l’époque menstruelle, la déchirure de l’ovisac par où passe l’ovule a lieu parfois au début ou à un moment quelconque de l’écoulement périodique.

Les faits cliniques avaient établi une relation directe entre l’ouverture physiologique de l’ovisac et l’épanchement san-

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