‹ De l'hématocèle péri-utérineChapitre 26 sur 50 · Nélaton. Pathologie chirurgicale, t. V, p · texte numérisé non relu

Nélaton. Pathologie chirurgicale, t. V, p

2. Laugier. Comptes rendus des séances de V Académie des sciences. Février 1855. t. XL, p. 458.

guin dans i’excavation pelvienne, mais il restait à expliquer par quel mécanisme le sang ne suivait pas sa marche habituelle comme dans les évolutions normales, comment il tombait dans le péritoine.

Les considérations physiologiques, que nous avons longuement développées, trouvent ici leur application.

On invoqua des adhérences de la trompe, des lésions variées qui, s’opposant à son déploiement, à son rapprochement de l’ovaire, empêchaient le sang ovarique d’y pénétrer et d’arriver dans la cavité utérine. On supposa également que la ponte spontanée donnait naissance à un écoulement sanguin trop abondant pour pouvoir être aisément conduit par le canal tubaire.

Toutes ces hypothèses étaient assurément très-vraisemblables ; l’hématocèle se formait au moment de l’ovulation, le sang épanché provenait de l’ovisac déchiré. Mais une telle rupture ne donne habituellement que quelques grammes de sang, et dans certaines hématocèles il en existe des centaines de grammes; on pensait alors (théorie de Laugier) qu’il existait du côté de l’ovaire, à ce moment de la vie sexuelle, une vascularisation exagérée ciue à des circonstances accidentelles ou produites par une lésion antérieure de l’organe.

Cette théorie très-admissible manquait cependant de preuves positives ; c'est alors que M. Gallard chercha à déterminer, avec plus de précision que ces derniers auteurs, le rôle qui appartient à l’ovaire dans l’hématocèle péri-utérine.

Se plaçant sur le terrain physiologique, il étudie d’abord le phénomène de l’ovulation qui, d’après les recherches de Négrier, ainsi que nous l’avons dit déjà, s’accompagne toujours d’une congestion de cet organe au moment du détachement de l’ovule arrivé à maturité. — Il admet avec Costeet Longet que la maturation de la vésicule ovarienne et la déhiscence de l’ovule peuvent être déterminées par le coït, par des excitations génésiques. Le développement artificiel de l’ovule pendant une période inter-

menstruelle, s’accompagnerait des mêmes troubles, des mêmes phénomènes congestifs du côté du système génital. Cependant pour que, lors de la ponte spontanée ou provoquée, une hémorrhagie notable ait lieu dans l’excavation péritonéale, il faut que la congestion ovarienne ait dépassé la mesure physiologique, ou bien qu’une circonstance nouvelle l’entretienne.

Si le sang est abondant, la trompe ne pourra suffire à lui livrer passage, ou bien il pourra arriver que le sang s’écoule en petite quantité, mais que la trompe ou son pavillon soient, pour des raisons diverses, gênés dans l’exercice de leurs fonctions.

Ce sang, fait observer M. Gallard, qui devrait suivre la voie que parcourt normalement l’ovule à l’époque menstruelle, se comportera comme lui, il tombera dans les culs-de-sac péritonéaux et donnera naissance à une hématocèle. Ne voyons-nous pas, en effet, cet ovule fécondé s’arrêter en route et donner lieu à une grossesse extra-utérine ; la même cause qui produit ce dernier accident, un trouble survenu dans les fonctions de la trompe, présiderait au développement de l’hématocèle, elle ferait obstacle au transfert jusque dans la cavité utérine des produits Isang ou ovule) qui se sont détachés de l’ovaire. « Il en résulte, ditM. Gallard, que les hématocèles péri-utérines doivent être considérées comme de véritables grossesses extra-utérines, qu’il y ait ou non fécondation de l’œuf dont l’évolution a été la cause première, nécessaire, pour la production de l’hémorrhagie. Que l’œuf soit fécondé ou non, tout se passe, dans l’un et l’autre cas, de la même manière 1. Cette théorie, déjà émise en 1855 par M. Gallard, est certainement séduisante par sa simplicité; une phrase la résume : l’hématocèle qui naît d’une façon toute spontanée, doit être considérée comme une ponte extra-utérine.

Dans nombre de cas, on a trouvé au milieu des caillots sanguins des débris d’embryons, et il n’est pas douteux que plu-

1, Négrier. Recveil de faits pour servira l’ histoire des ovaires, 1858, p. 57.

sieurs hématocèles ne soient des grossesses extra-utérines; mais, lorsqu’on ne trouvera pas de traces d’embryons, devra-t-on conclure avecM. Gallard que l’ovule fécondé n’a pas eu le temps de se développer suffisamment pour être reconnaissable à l’autopsie, ou bien qu’il a disparu par suite de changements survenus dans les caillots eux-mêmes?

Devra-t-on admettre que l’hémorrhagie intra-péritonéale est le résultat de la rupture seule de l’ovaire, sans fécondation de l’ovule? 11 serait téméraire de le nier, mais on ne saurait l’affirmer; jusqu’à présent, le mécanisme de l’hématocèle est multiple, il appartient aux autopsies d’indiquer la fréquence des hématocèles avec grossesse extra-utérine, et, par exclusion, en l’absence de toute lésion des organes vasculaires avoisinants, de prouver la ponte spontanée extra-utérine.

C’est donc à l’avenir qu’il est réservé de trancher cette question, mais déjà nous devons reconnaître, avec M. Gallard, que les cas dans lesquels on a trouvé le produit de la conception au milieu de la collection hématique ne sont plus des raretés pathologiques ; ils se sont multipliés à mesure que l’attention a été appelée sur ce point de pathogénie. M. Gallard, dans ses leçons cliniques \ n’hésite pas à considérer l’hématocèle avec grossesse extra-utérine comme constituant les cas les plus fréquents et les plus ordinaires ; il est vrai qu’il fait rentrer dans la même catégorie les cas où l’hémorrhagie se produit au moment où l’ovule se détache, et ceux où elle provient non pas de l’ovaire, mais du kyste fœtal ou des fausses membranes qui l’entourent.

Ces derniers faits n’offrent pas complètement la même physionomie clinique : l’hématocèle est un accident dont les caractères sont alors modifiés par la lésion primitive. Nous n’avons pas à nous en occuper spécialement; leur histoire appartient à celle des grossesses extra-utérines. Leur siège varié indiquerait,

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