Journal de la Société de méd. de la Loire-lnfér
— IOZi —
sépia. Au début le liquide est parfois sanguino-purulent. C’est sous l’in fluence de cette expulsion que l’état général des malades s’est amélioré et que la tumeur qui, pendant ces phénomènes inflammatoires avait conservé la consistance liquide au moins dans sa plus grande partie, a diminué instantanément de volume. Après un temps plus ou moins long, l’ouverture du trajet fistuleux se referme et il ne reste plus qu’une petite tumeur indurée, stigmate, souvent indélébile, de l’affection.
Parfois la fistule ne se ferme pas aussi rapidement, et dans une des observations de M. Voisin, la malade a perdu pendant seize jours du sang noir par l’anus; la quantité a été évaluée à plus de quatre litres.
Dans d’autres cas, l’inflammation et la putréfaction des arois, la pénétration des gaz, des matières fécales dans la poche peuvent amener la mort des malades. Cette terminaison serait très-rare, sur cinq cas de perforation, du reste, recueillis par M. Voisin, la mort n’est survenue qu’une fois. Les liquides qui s’échappent par l’anus ont une odeur des plus fétides, et cela, sans que les matières fécales pénètrent dans la poche ; il arrive ce qui se passe pour des abcès de la marge de l’anus, le voisinage du rectum communique au sang des hématocèles comme au pus des abcès une odeur sui generis repoussante.
Dans la statistique de M. Courty, portant sur 52 cas, on a observé treize fois l’expulsion de la tumeur dans le rectum.
La tumeur peut aussi s’ouvrir dans le vagin quoique plus larement; sept fois, dans la statistique de M. Courty, cette complication a eu lieu, les sept malades ont guéri. Sur un total de 27 cas (Voisin), l’évacuation se serait faite trois fois dans le vagin et n’aurait pas eu d’issue funeste.
D’après ces statistiques, l’hématocèle s’ouvrirait deux fois dans le rectum, quand elle s’ouvre une fois dans le vagin. La raison de cette différence est probablement dans l’épaisseur et la résistance plus grandes de la paroi vaginale.
Cette dernière perforation est parfois comme celle du rectum, précédée de phénomènes généraux; dans quelques circonstances, aucun phénomène morbide n’a été signalé, l’abcès s’est développé insidieusement, aucun signe ne pouvait faire supposer l’évacuation de la tumeur par le vagin. C’est à l’occasion d'un effort, pendant la défécation, par exemple, que du sang noir, visqueux, s’est écoulé par le vagin en quantité variable; comme dans l’ouverture rectale, la tumeur s’affaisse et finit par disparaître. On n’a pas à redouter au même degré dans la perforation du vagin, les accidents septicémiques, qui sont une complication grave de l’ouverture dans le rectum. — (Ott. Dissert. , Tübingen, I86Z1, a cependant vu un cas de mort par septicémie). Parfois une double perforation se produit; la tumeur s’ouvre dans le rectum et dans le vagin. Très-rarement, la vessie est perforée. Son siège, en avant de la tumeur dont elle est séparée par l’utérus, ses rapports, beaucoup moins directs avec l’hématocèle expliquent cette différence de fréquence. Dans le cas de MM. Martin Magron et Soulié, communiqué à la Société de biologie1, il y avait en même temps ouverture de la tumeur dans la vessie et à travers les parois abdominales. La malade rendit par l’urèthre un lambeau de tissus sphacèles, puis elle s’aperçut que des gaz s’échappaient par le méat urinaire au moment de la miction.
A partir de cette époque, la malade alla de mal en pis, et mourut quelque temps après de fièvre hectique. Dans tous ces cas d’ouverture spontanée de la tumeur par le rectum, le vagin, etc., le danger ne résulte pas seulement des accidents dépendant de la perforation, mais dure pendant tout le temps que se prolonge l’expulsion des matières contenues dans la tumeur. Il peut y avoir suppuration de la cavité kystique, décomposition putride de son contenu. Dans ces deux cas, la mort arrive, soit par péritonite, soit par infection putride ou purulente. 11 subsiste