‹ De l'hématocèle péri-utérineChapitre 38 sur 50 · Gazette des hôpitaux , 1861, p · texte numérisé non relu

Gazette des hôpitaux , 1861, p

quelquefois des poches dans lesquelles le pus s’accumule sous l’influence de l’étroitesse des parties fistuleuses, on voit alors de temps en temps la tumeur se vider, un liquide sanieux, purulent, s’écouler par le rectum.

Une terminaison plus grave de l’hématocèle est la rupture de la poche dans la cavité péritonéale. D’après la statistique de M. Courty, sur 52 cas, il y a eu six fois évacuation du contenu dans le péritoine. Quatre fois cette complication est survenue sur 27 cas relatés par M. Voisin, et la mort a suivi de près l’épanchement péritonéal.

Fréquemment à l’époque menstruelle, on voit se produire des accidents plus ou moins graves, consistant les uns, dans des signes de distension du kyste, les autres, dans les signes de péritonite abdominale, ou enfin d’inflammation du kyste sanguin et des parties contiguës.

Sous l’influence de cette poussée inflammatoire, les parois du kyste, inégalement épaisses, devenues plus faibles, peuvent céder, et une partie du contenu du kyste sanguin passe dans le péritoine abdominal. La déchirure de la poche, l’épanchement du liquide ne s’annoncent point toujours par des symptômes d’une égale gravité, ce qu’expliquent et la quantité variable de sang extravasé et surtout son degré de septicité. La péritonite n’apparaît donc pas toujours avec les mêmes caractères; partielle quelquefois, elle s’étend plus ou moins rapidement; mais dans la grande majorité des cas, pour ne pas dire toujours, les accidents apparaissent brusquement, instantanément, et lapéritonite suraiguëse développe avec la rapiditébien connue des péritonites par perforation intestinale, vésicale, etc. C’est une forme nouvelle d’hémorrhagie interne, l’explosion des accidents rappelle le début de l’hématocèle, mais leur gravité est beaucoup plus grande. Dans les 10 cas publiés, lapéritonite a toujours été mortelle. Le sang épanché n’est plus, en effet, comparable, dans son action sur la séreuse, au sang vivant qui s’écoule d’un vaisseau déchiré; il a subi des altérations

morbides qui en font un liquide septique éminemment apte à provoquer des phénomènes inflammatoires suraigus, à l’instar de la bile, de l’urine, etc.

La rupture de l’hématocèle paraît s’être produite le plus souvent dans les premières semaines, les premiers mois du développement de la tumeur. Lorsqu'en effet, les phénomènes de résorption ont commencé, et que la tension de la tumeur a diminué, le danger d’une déchirure est beaucoup moins à redouter ; la formation des caillots, l’épaississement d’autre part des parois, qui accompagne la rétraction de la tumeur, mettent à l’abri de cette complication.

Des accidents de résorption putride seraient survenus parfois dans le cours d’une inflammation spontanée du kyste sanguin, sans qu’on ait pu invoquer la pénétration de l’air ou des gaz intestinaux.

En contact avec un liquide aussi éminemment putrescible que le sang, ces gaz ont été accusés avec raison cl’être la cause des phénomènes graves, le plus souvent mortels, qu’on observe fréquemment après l’ouverture de l’héinatocèle dans le rectum et qui sont beaucoup plus rares quand l’ouverture se fait par le vagin. Dans l’observation de Bouvyer, la mort était due à l’intoxication putride, et cependant on constata à l’autopsie que le kyste sanguin ne communiquait pas, soit avec un point quelconque de l’intestin, soit avec le vagin.

Les observations d’ouverture d’hématocèle par la paroi abdominale sont rares; dans nos observations s’en trouve un cas avec autopsie.

Parfois l’abcès qui doit s’ouvrir dans le rectum ouïe vagin ne reste pas circonscrit, la suppuration envahit d’emblée toute la poche; elle est annoncée par un ou plusieurs frissons survenant dans la même journée, la peau est chaude, brûlante, la fièvre continue. La tumeur est le siège de douleurs vives qui s’irradient souvent au loin, dans les cuisses, dans les lombes. Cette suppuration de la poche, heureusement rare, peut par ladéchi-

rure du kyste et l’issue du pus dans le péritoine, provoquer l’explosion d’accidents analogues à ceux qu’entraîne la rupture de la tumeur sanguine.

En résumé, l’hématocèle péri-utérine a une marche le plus habituellement chronique, la résolution se fait surtout par retraits successifs coïncidant avec les époques menstruelles, sa durée variable est en moyenne de plusieurs mois, la guérison est la règle, surtout si l’on s’abstient de tout traitement chirurgical. L’évacuation par le rectum ou le vagin s’observe assez souvent; l’ouverture rectale est une complication qui s’accompagne fréquemment d’accidents très-graves, barement la tumeur s’ouvre dans la cavité péritonéale, rarement son contenu devient purulent.

Lorsque la mort survient par le fait d’une hématocèle périutérine, ce sont ordinairement des accidents péritonéaux qui entraînent l’issue fatale; mais, quand la tumeur s’est ouverte dans des conduits naturels, les accidents graves, quelquefois mortels, qui surviennent appartiennent à l’intoxication putride, à la pyohémie. Affaiblies par une suppuration de longue durée, les malades succombent avec les accidents de la fièvre hectique.

Signalons encore les accidents chroniques qui entraînent la mort à une plus longue échéance et qui sont dus à un trouble profond des fonctions des voies digestives.

Des poussées fréquentes de péritonite, dans certaines hématocèles qui restent stationnaires, déterminent parfois une altération profonde de l’état général, et les malades finissent après un temps plus ou moins long par mourir cachectiques.

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