‹ De l'hématocèle péri-utérineChapitre 6 sur 50 · Bulletins de la Société anatomique · texte numérisé non relu

Bulletins de la Société anatomique

Le premier travail où la distinction est nettement établie entre l’hématocèle intra et extra-péritonéale fut la thèse de Prost1, qui défendait, du reste, les idées de Nonat. Il donne comme signe diagnostic de ces deux formes d’hématocèle, l’abaissement de l’utérus dans le premier cas, son élévation dans le deuxième ; sur quinze malades traités parla ponction, il y eut douze guérisons et trois morts. En 1853, paraissait en Angleterre l’article remarquable de Tilt2, où les différentes causes d’hématocèle sont judicieusement appréciées. Deux ans plus tard, Laugier, qui avait fait à l’hôpital de la Pitié des leçons cliniques sur l’hématocèle , s’attacha à démontrer dans un Mémoire présenté à l’Institut3 que l’ovaire ne pouvait donner naissance à l’hématocèle intra-péritonéale qu’à la condition d’être préalablement altéré. Tandis que Nélaton admettait la chute du sang en notable quantité dans le péritoine, lors de la rupture de l’ovaire au moment de la ponte spontanée, Laugier faisait intervenir un facteur de plus dans le mécanisme de l’hématocèle : une altération de l’ovaire.

La même année, M. Gallard4 passait en revue avec un grand sens critique les différentes théories émises pour expliquer la formation de l’hématocèle. S’appuyant sur les observations de Bouvyer, Fauvel, Fleuriot (il s’agissait, dans cette dernière, d’une hématocèle intra et extra-péritonéale avec grossesse extrautérine) , il émettait déjà l’opinion qu’il a plus tard si habilement développée3 à l’hôpital de la Pitié ; il concluait « qu’il suffit de la rupture d’une vésicule de Graaf, au moment de la ponte spontanée, pour donner lieu à cette hémorrhagie quand il

1. Prost, De V hématocèle rétro-utérine. — Thèse de Paris, 1 854.

2. Pathology and treatment of sanguine aw pelvie lusnow , Diseuses of xcomen. — Londres, 1833.

3. Mémoire sur l'origine et l' accroissement de l’hématocèle rétroutérine, présenté à l’Institut le 26 février 1833.

4. T. Gallard. Sur les hématocèles péri-utérines. — Bulletins de la Société anatomique, 1855, p. 380.

3. Gallard. Leçons cliniques sur les maladies des femmes, 1873.

y a déjà congestion de l’ovaire... On ne peut savoir, ajoutaitt-il, si le détachement d’un ovule fécondé1 déterminera l’hématocèle plus facilement que celui d’un ovule non fécondé.

M. Gallard est, à l’heure actuelle, plus explicite et il affirme que la déchirure d’un ovule fécondé est plus apte à déterminer une hématocèle péri-utérine, que la chute d’un œuf arrivé simplement à maturité sans fécondation.

De 1S5/i à 1858, nous avons à citer les thèses de Cestan2, Robert3, Fenerly4 5, inspirées par Nonat, Nélaton, les thèses d’Engelhardt 3 Gallardo 6. La thèse de Devalz 7 vit naître une opinion nouvelle sur la source de l’épanchement sanguin dans l’hématocèle. Développant les idées de son maître, M. le professeur Richet, déjà exposées dans la première édition du Traite pratique ci’ anatomie médico-chirurgicale , il fit jouer un rôle presque exclusif à la rupture des veines du plexus utéro-ovarien comme cause d’hématocèle.

A la même époque, Puech8, de Toulouse, publiait un Mémoire important sur l’hématocèle rétro-utérine. Sa genèse était multiple; il lui assignait plusieurs origines : des lésions de la trompe, de l’ovaire, du plexus utéro-ovarien. Trois thèses9, sou-

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