‹ De l'Héméralopie dans les Maladies GénéralesChapitre 12 sur 33 · DOS · texte numérisé non relu

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qu'elle laisse après elle. Les oreillons déterminent, par toxémie, des troubles visuels fugaces, au nombre desquels l’'héméralopie, ainsi qu'a pu le constater Hatry dans un cas. Au cours de la coqueluche ou, plus exactement, pendant la convalescence, Knapp relate un cas d’ischémie rétinienne,sans parler toutefois d'héméralopie, cependant les résultats de l’examen ophtalmoscopique semblent identiques. Le rôle du paludisme, cette infection générale qui frappe tous les tissus, est beaucoup plus certain encore, car, outre les cas où le paludisme crée des lésions de l'œil, il en est d’autres où les altérations des membranes profondes font défaut et les observations abondent. Fontan, en particulier, a insisté sur l'influence du paludisme avéré ou latent; Zimmermann fournit une belle observation. Bien mieux, une école nouvelle s'est faite défenseur de cette opinion. Fchépotyeff, Adamück attribuent à l’héméralopie une origine exclusivement paludique ou plutôt miasmatique. Sous diverses influences telluriques, l'affection prendrait naissance; cette opinion est basée sur ces deux faits, à savoir que les chasseurs atteints d’'héméralopie avaient couché sur la terre et que les femmes restant au foyer sont moins exposées que les hommes à contracter l'héméralopie. Quoiqu'il en soit de cette dernière opinion, l’'héméralopie complique fréquemment le paludisme chronique, et, dans ce cas, l'affection a déterminé des lésions du foie. Pour le paludisme aigu, on a noté des amauroses subites étroitement depen dantes de l'accès, subissant toutes ses variations

horaires ; de sorte qu’un paludéen, nyÿctalope pen- ‘dant des accès matutinaux, peut devenir, dans la suite, héméralope, alors que ces accès prennent le type vespéral, L'accès pourrait donc créer lamaurose, et c'est dans la constatation de ce fait que certains auteurs ont puisé une preuve clinique en faveur de l’origine paludéenne de l'héinéralopie.

Quant au scorbut, l'accord n’est pas aussi unanime, relativement à son rôle dans la genèse de la cécité nocturne. Fréquemment constatée, au cours des épidémies de scorbut, par Dutrouleau, Cocquerel, Queymard, Comme, Aguilar Blanchi, l'héméralopie a même été identifiée au scorbut par Vaucel, dans sa thèse inaugurale. « C’est un symptôme précoce dù à des hémorrhagies des vaisseaux délicats de la rétine», dit Home. Mais cet avis n’a pas réuni l’unanimité des suffrages. Fontan refuse au scorbut toute action productrice, car il fait remarquer, à Juste titre, que le scorbut est fréquent sur mer, tandis que l’héméralopie se rencontre à terre. Laveran semble considérer l’héméralopie comme une affection engendrée par la « privation de certaines matières grasses animales », ce qui la différencie nettement du scorbut.

Du choléra et de la fièvre Jaune nous n’avons que peu à dire; un cas aurait été observé, par Larrey, à la période asphyxique, où il constata de l’ischémie rétinienne, et dans la fièvre jaune par Fernandez (de la Havane).

Deux faits de Doumic nous montrent la relation étroite de l’héméralopie avec l'embarras gastrique

= H = fébrile. Colin y insiste, dans sa thèse, et les épidémies de cécité nocturne semblent avoir coïncidé avec la fièvre gastrique.

À ce sujet, notre avis est que l’héméralopie se rencontre dans l'embarras gastrique, dès que cette affection, primitivement locale, a touché le foie, lésion qui se manifeste par l'apparition d'un ictère catarrhal plus ou moins bénin. Dans la dysenterie, le rôle est plus douteux; cependant, chez quelques malades où on ne relate ni paludisme, ni éthylisme, on trouve, à l’origine de leur hépatite, des accès dysentériques, suite d’un séjour prolongé aux colonies. Parfois, il semble que ces trois causes se mêlent comme à plaisir pour compliquer la notion étiologique. Carreras Arago a observé l’héméralopie dans un cas de fièvre typhoïde; c'est, en effet, une des affections générales qui exercent le plus d'action sur le système nerveux comme sur l'état général, et s'accompagne de lésions oculaires variées. Carron du Villard rapporte des observations pendant une épidémie de typhus en 1817.

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