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laient Desmarre et Hennig, ou bien localisent-elles’ leur action à la rétine? C'est à cette dernière hypothèse que nous nous arrêtons ; sous l'influence des toxinesil se fait un trouble fonctionnel de la cellule rétinienne, une sorte de coma, de torpeur rétinienne sans altération anatomique et nous trouvons, dans cette hypothèse, l'explication de certains cas d’hèmé:ralopie, suivis de. guérison, au cours des affections aiguës, alors que l’imprégnation de l’économie est légère. Mais, si ce syndrome survient au cours des affections chroniques du foie, par exemple, lintoxication de l’organisme qui s’est faite de façon continue est plus profonde; il peutse faire alorsdes altérations anatomiques qui correspondent, croyons-nous, aux lésions ophtalmoscopiques variées vues par les auteurs. Du simple trouble dynamiqueinitial nous passons aux altérations rétiniennes et optiques répon-. dant,en somme.aux trois syndromes cliniques: héméralopie,amblyopie,amaurose. Charpentier ne ditil pas : « La caractéristique de l’héméralopie n’est pas l’affaiblissement de la perception lumineuse, mais plutôt le contraste entre le grand jour et la presque obscurité» ; ce qui veutdire,en d’autres termes, que, pour les amblyopes à acuité diurne am oindrie, ce contraste est moins profond, mais qu'il existe néanmoins. Au surplus,chez la plupart des héméralopes l’'acuité diurne est affaiblie.
Pour asseoir notre opinion, qui peut passer pour une simple vuede l’esprit,nous ferons remarquer que, chez notre malade (0bs.XLI), il y eut tout d’abord si.uple héméralopie, tandis qu'actuellement l'œil à
une acuité diurne très amoindrie. Témoin encore le malade de M. le professeur Gayet (Obs. XXIV), lequel malade, héméralope d'abord, présente, plus “tard, au moment de l'examen, des signes d’amblyopie et même un début d’atrophie papillaire. D'où l’évolution de l'affection oculaire en trois étapes; nous avons confirmation de cette manière de voir dans l’anatomie pathologique. Teissier rapporte un cas d'héméralopie existant depuis de longues années et marquée à l’autopsie par une atrophie papillaire avec ramollissement de sa partie centrale. Deval, de même, trouva une atrophie optique.
La première étape de ce syndrome oculaire, l’héméralopie, serait donc, à notre modeste avis, dû à une torpeur rétinienne, véritable sommeil de l'appareil visuel qui cède à une lumière intense et ne réagit pas à la faible lueur crépusculaire ou artificielle.
Du même coup tombe l'objection faite au sujet de la périodicité horaire de cette affection; l’intermittence réside, non dans l’hé méralopie elle-même, mais dans la succession du jour et de la nuit. C’est ainsi que l’hémralope voit à une lumière assez intense et ne distingue plus les objets dès que cette lumière s’est affaiblie. Pourquoi cette transition brusque entre le jour et la nuit chez l’héméralope ? On à fixé à l'héniralopis un m oment initial, or, ce moment initial existe, d'après Meyer, pour l'œil normal, avec cette différence qu’il se produit beaucoup plus tard chez l'homme sain. On pourrait nous opposer ce fait, que l’héméralopie, affection d'ori-
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gine toxique, se rencontre surtout dans les affections à gros foie, alors que les phénomènes d'’intoxication sont plus marqués dans la cirrhose atrophique. Précisément, cette constatation affirme une fois de plus notre opinion: la cirrhose à gros foie répondant à une hypertrophie compensatrice, le foie remplit mal ses fonctions, mais il les remplit, de sorte que les phénomènes toxiques sont plus légers ; au nombre de ces signes d’intoxication se trouve l’héméralopie, tandis qu’aux troubles anatomiques plus marqués de la cellule hépatique succèdent des symptômes oculaires plus graves (atrophie optique, rétinite).
Pour nous résumer, nous dirons: syndrome oculaire survenant au cours de diverses affections générales, mais dont le processus peut se ramener, en somme, à l'insuffisance hépatique, l’héméralopie est le signe d’une torpeur rétinienne due à l’action des poisons sur la rétine et sans altération anatomique appréciable ; elle est le premier degré du syndrome oculaire survenant au cours des affections hépatiques etdont les trois étapes sont: héméralopie, amblyopie, amaurose, répondant anatomiquement et physiologiquement aux troubles fonctionels de la rétine et aux altérations de cette membrane et du nerf optique.
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