I. — SYMPTOMES SUBJECTIFS
La cécité nocturne. — Le premier symptôme accusé par un malade atteint d’héméralopie est la cécité plus ou moins totale qui survient au crépuscule ; au reste, le degré de cécité peut être variable à tel point que Boudet a distingué six classes d’héméralopes d’après l'acuité visuelle. Alors que, dans la journée, le sujet peut vaquer à ses occupations, le soir il lui est impossible de regagner son domicile, s’il est dans la rue, ou de regagner son lit, si c'est un malade d'hôpital. Cette amblyopie surviént rapidement et se manifeste par
RAS l'interposition d’un brouillard entre l'œil et les
objets. Et Fontan a précisément cherché à établir le moment initial de l’héméralopie; pour Meyer, ce moment initial existe aussi pour l'œil normal, avec cette seule différence qu'il est beaucoup plus tardif. A la lumière artificielle ordinaire, l’acuité visuelle est presque nulle : l’héméralope ne distingue que les objets lumineux, non point ceux qui sont obscurs; les objets ne sont vus que par leurs côtés éclairés et perdent leur forme, leurs dimensions ; mais, dans quelques cas légers, l’héméralopie peut cesser à la clarté de la lune.
Vision diurne. — Qu'est devenue l’acuité-visuelle pendant le jour ? Pour Fontan, cette acuité est normale à la lumière vive ; pour les autres auteurs (Gayet, Benazech, Lecœuvre), il y a,en mêmetemps que cécité crépusculaire, baisse corrélative de l’acuité visuelle pendant le jour.
Notre malade avait noté, au début de son héméralopie, une baisse légère de son acuité diurne, baisse qui s'est accentuée depuis quelque temps. Cette baisse de la vision diurne est en rapport avec la quantité de lumière, si bien que l’héméralope voit mieux avec le ciel clair et le soleil, que par les journée grises.
Vision des couleurs.— La dyschromatopsie serait habituelle, dit Fontan, inconstante, dit Parinaud ; de même Karschberg trouve, chez des malades, de la confusion entre le vert et le bleu. Lecœuvre, une
seule fois, trouve de l'achromatopsie. Nous n'avons pas noté nous-même deltroubles du sens des couleurs chez notre sujet ; toutes les couleurs étaient reconnues, à peine existait-il quelques hésitations dans la reconnaissance des nuances diverses. …
Champ visuel. — TN était rétréci concentriquement chez la plupart des malades de Lecœuvre, de Karschberg. De mêmé, nous avons constaté, dans notre cas, un rétrécissement considérable du champ visuel, variant entre 15 à 20° dans tous les méridiens. Dor signale ce rétrécissement comme un symptôme important. Parinaud a trouvé un scotome central.
Accommodation.— Les auteurs semblent d'accord sur ce point etadmettent dela paresseaccomodative, au point que Fontan en fait un signe important pour le diagnostic. Dans la plupart des cas, les pupilles réagissent bien à la lumière naturelle, moins à l'accomodation; les malades ont une certaine difficulté à lire de prés.
Diplopie. — Ce symptôme est signalé par Comme et se produit quand le sujet regarde une bougie placée à cinq ou six mètres. Elle coïncide ordinairement avec un léger strabisme qui en serait la vraie cause (au dire de Vidal, de Cassis).
On a signalé encore des douleurs oculaires (professeur Gayet, Comme) et quelques phénomènes d'irisation (Lecœuvre), témoin un des malades du professeur Gayet.
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