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Mouly; de même, Dumas assigue à l’héméralopie une invasion lente et progressive. D'après nous, il faut distinguer suivant qu’on est en présence d’une affection générale aiguë ou chronique : en effet, dans les observations que nous avons recueillies, le début fut lent chez la plupart des malades atteints d'affections chroniques; le sujet accuse, depuis quelque temps, de la diminution de la vue, s’installant sournoisement et les troubles vont s’accentuant jusqu’au jour où le malade, atteint de cécité crépusculaire, interrompt son travail et vient consulter pour son amaurose.
Les cas de Doumic, par contre, nous montrent l'apparition subite de l'héméralopie dans les affections aiguës où l’action toxique agit rapidement au lieu d’être continue et lente; il s’agit de matelots atteints d'embarras gastrique et devenant tout à coup héméralopes pendant leur quart de nuit.
La durée est fort variable; à côté de cas d’héméralopie survenant au cours d’embarras gastriques dont la guérison rapide à coïncidé avec celle de l'affection causale, il est toute une série de malades chez lesquels l’héméralopie a persisté plus longtemps, de quelques jours à quelques mois, s’est même installée définitivement. Pour Füchs la guérison survient au bout de quelques semaines, pour Lecœuvre au bout de cinq à six mois.
Les auteurs ont insisté sur l'apparition intermittente de ce symptôme. L'évolution par crises, disent Parinaud, Cornillon, Fontan est la caractéristique de l'affection. Et, de fait, dans nos observations, nous
Hope avons eu confirmation de cette idée. Cependant, chez notre malade, nous n'avons rien eu de semblable et l'affection a évolué sans intermittence, et depuis trois ans, progressivement.
La terminaison a été favorable dans les cas où l’'héméralopie est apparue subitement (cas de Doumic, Fontan). Mais, même dans ces cas d'amélioration, les récidives sont fréquentes et admises par tous les auteurs (nous en avons des exemples dans nos observations). Il semble, au contraire, que cette cécité ait été incurable dans les affections générales chroniques. Dans l'observation XXIV,du professeur Gayet, nous pouvons assister à, l'évolution de la maladie telle que nous l’admettrons : héméralopie au début alors que les troubles toxiques sont peu intenses, amblyopie consécutive, indice d'une imprégnation complète de l'organisme, enfin atrophie de la papille optique, telles sont les trois étapes possibles dans l’évolution clinique de l’héméralopie. De même, chez notre malade, l’évolution semble avoir été exactement semblable et les cas de Metaxas nous montrent l’atrophie optique comme complication consécutive à la cécité crépusculaire. Ainsi, après un début variable, l’héméralopie présente une évolution parallèle subordonnée à celle de l'affection causale : apparition brusque, évolution rapide, terminaison généralement favorable dans les cas de maladies aiguës; début lent, marche progressive avec les trois étapes possibles, dans les affections chroniques.