SEE VEN ES
côtés ; l’hiatus buccal, largement ouvert, n’offre point
l’aspect oblique ovalaire.
Sensibilité. — La sensibilité au contact et à la douleur est diminuée légèrement au côté gauche, et les sensations mettent un plus long tenips que d’habitude pour être perçues. [Il n’y a pas d’anesthésie en selle. La sen-
sibilité thermique paraît nettement diminuée à la face
dorsale de la main droite, Le sens cénesthésique est conservé : le malade reconnaît très bien, dans son lit, la HR de ses membres. Le sens musculaire est normal ; il n’y a pas d’hypotonie. Le sens stéréognostique est diminué à la main gauche : le malade ne reconnaît qu’à la longue la forme des objets qu’on lui met entre les doigts et lorsqu'on substitue rapidement un objet (étoffe) à un autre bien différent (crayon), il reste un moment avant d'apprécier la différence. La sensibilité profonde (pression du tendon d'Achille, compression du testicule, percussion du tibia), est conservée.
Le malade se tient bien les yeux fermés, les pieds appliqués l’un contre l’autre, en équerre. [l se tient bien sur le pied droit (pied non hémiplégié), mais se met à
osciller dès qu'il ferme les yeux (Romberg sur un seul
pied).
Il raconte d’ailleurs avoir remarqué, soit la nuit, soit
le matin en faisant sa toilette, et en passant sa serviette devant les yeux, des pertes analogues d’ équilibre.
Réflexes. — Les réflexes tendineux du membre supé-
rieur sont très exagérés à gauche, et simplement vifs à
droite. Les réflexes rotuliens et achilléens sont abolis des deux côtés ; ils étaient également abolis il y a un an, lors du premier examen. Il n’y a pas de dlonus du pied. Le réflexe plantaire du gros orteil apparaît normalement en
flexion à droite ; il n’existe pas à gauche. Le réflexe crémastérien est conservé des deux côtés.
I n’y a pas de Fee de Kernig.
Trophicité. — H n'existe pas de troubles trophiques, en dehors ‘d'une légère atrophie des membres du côté gauche. Voici, du reste, quelques données à la mensuration : au mollet, on note, du côté droit, 27 cent. 5, et du côté gauche, 27. Le périmètre de la cuisse, mesuré à 10 cent. au-dessus de la rotule, donne 33 cent, 5 à droite et 32 cent, à gauche. À l’avantibras, on note 22 cent. 5 à droite, 21 cent. 5 à gauche, et au bras 22 cent. à droite et - 21 cent. à gauche.
© Veux. — La motilité oculaire est normale. Les pupiiles - sont inégalles, la gauche étant plus dilatée, déformées et non contractiles. Le signe d’Argyll-Rohertson est positif. ‘Le fond de l'œil est normal. On ne note ni anesthésie pharyngée, ni zones hystérogènes.
Rien du côté des autres appareîls, en dehors de quelques sous-crépitants aux deux bases et d’un dédoublement du deuxième bruit au cœur.
Pouls, 90. Tension artérielle au Potain, 12 cent. 5 à droite, 10 cent. 5 à gauche (côté hémiparésié).
Ponction lombaire. — Liquide clair, très légèrement xantochromique et hypertendu. (120 gouttes à la minute). À l’examen cytologique, on note une réaction leucocytaire intense, à formule surtout lymphocytaire (environ 90 pour 100), avec quelques grands mononucléaires et
quelques polynucléaires.
Examen chimique (dû à l’obligeance de M. Mestrezat). __ Albumine 0,70, dépassant légèrement l’albumine habi-
RO
tuelle aux tabétiques. Chlorure de sodium, 7,63. Sucre normal.
Cette observation présente un grand intérêt pour plu-
sieurs raisons : Tout d’ abord, il $ agit d’une hémiplégie .
préataxique, forme assez rare, ainsi que nous l’avons VU, avec une dissociation des réflexes tendineux très nette, puisque les réflexes des membres inférieurs sont abolis, alors qu’ils persistent encore au membre supérieur, principalement à gauche, siège ae Phémiplégie, où ils sont exagérés.
De plus, le ne quoique indiscutable, étant da
l’abolition des réflexes, le signe d’Argyll-Robertson, les
douleurs fuleurantes, les crises viscérales, présente cependant un tableau incomplet puisqu'il n’y a pas de troubles de Ja motilité, pas de signe de Romberg et pes d’anesthésie profonde.
Et enfin, chez ce malade, on ne forcé d admettre deux
états, qu'il est impossible d’unifier, l’un médullaire, re-
présenté par le tabes, et l’autre cérébral (peut-être un ramollissement), tous deux dominés par une étiologie commune : la syphilis.