‹ De l'Hémiplégie chez les TabétiquesChapitre 6 sur 13 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

[1 faut tout d’abord établir qu'il y a hémiplégie, et d’autre part, que cette hémiplégie est en même temps une hémip'égie tabétique. Si elle vient à se produire au cours

d’un tabes déjà connu du médecin traitant, il n’y a pour:

ainsi dire pas de difficultés.

La question est déjà plus délicate, lorsque les renseignements antérieurs font défaut et qu’on voit le malade pour la première fois, à l’occasion de son hémiplégie. Et enfin, il faudra être très circonspect si l’on se trouve en présence de ces hémiplégies préataxiques, qui surviennent souvent sans crier gare, et qui ne sont que le prélude, le début, de l’évolution du tabes.

1° V a-t:il hémiplégie ? Celle-ci est-elle bien de nature organique, et ne pourrait-on pas la confondre avec l’hémiplégie de nature hystérique ? Voici, suivant M. Babinski, sur quels caractères on doit se baser pour établir cette différence. Dans l’hémiplégie organique, la paralysie est nettement limitée à tout un côté du corps ; elle atteint aussi bien les mouvements volontaires conscients que les mouvements volontaires inconscients. Il y a, au début, de l’hypotonicité musculaire, soit à la face, où elle produit l’abaissement de la commissure et du soureil, soit aux membres, où elle permet, par exemple, la flexion exagérée de l’avant-bras sur le bras. Enfin, Pexcitation de la plante du pied produit l’inversion du réflexe plantaire

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(signe de Babinski), c’est-à-dire que le aPoe orteil se met en extension.

Dans l’hémiplégie hystérique, rien de tout cela ; la paralysie n’est pas toujours nettement limitée, et c’est ainsi

que dans-la paralysie de la face on trouve fréquem-

ment des troubles bilatéraux ; les mouvements volontaires inconscients ou subconscients ne sont pas troubiés, il n’y a pas d’hypotonicité musculaire et lorsqu'il existe de l’asymétrie faciale, elle est plutôt due à un spasme. Enfin, le signe de Babinski fait totalement défaut. Il est également de toute importance de distinguer l’hémiplégie du début de l’ataxie, celle que Fournier appelle l’hémiplégie du syphilo-tabes, de celle qui résulte d’une lésion sypl:'itique limitée à l’encéphale. Ce diagnostic peut quelquefois se réaliser facilement, et voici sur queis faits on peut s’appuyer pour le faire.

a) L’hémiplégie de la syphilis cérébrale ne s ’établit pas d'emblée ; elle a généralement des prodromes qui peuvent quelquefois durer fort longtemps, et parmi lesquels

Ja céphalée persistante, intense, est certainement le fait

le plus habituel. Comme nous l’avons fait ressortir, l’hémiplégie du tabes apparaît brusquement, sans céphalée prémonitoire.

b) L’hémiplégie de la syphilis cérébrale a des symptômes très prononcés, beaucoup supérieurs comme intensité à ceux de l’hémiplégie préataxique. ù

c) Alors que cette dernière disparaît généralement, l’autre est tout ce qu’il y a de plus fixe, de plus permanent.

d) Enfin, l’hémiplégie tabétique guérit d'ordinaire en quelques semaines, en quelques jours, presque aussi vite qu'elle est venue, et souvent sans intervention thérapeutique, alors qu’on n’est pas habitué de le voir dans l’hé-. miplégie de la syphilis cérébrale.

2° Supposons donc qu'on ait établi l'existence bien nette d’une hémiplégie, il reste à prouver que cette hémiplégie coexiste avec l’ataxie. Pour cela, il est tout indiqué de rechercher les signes du tabes. dont quelques-uns persistent toujours, malgré l’apparition de l’hémiplégie. On fera marcher le malade et on verra qu’à côté de la « démarche en fauchant », il existe des mouvements d’incoordination très marqués. On devra également rechercher le signe de Romberg. Enfin, l’attention devra se porter du côté des réflexes, qui du côté sain seront abolis, alors que du côté hémiplégié ils peuvent encore exister, surtout aux membres supérieurs. Nous n’insisterons pas sur tous les cas qui peuvent se présenter au cours de cette recherche, nous en avons déjà parlé dans la symptomatologie. Si, au cours de ces investigations, on note l’inversion de quelques réflexes, et en particulier du réflexe tricipital et du réflexe plantaire, le doute n’est guère plus possible ; on a bien affaire à une hémiplégie tabétique.

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