‹ De l'Hémiplégie chez les TabétiquesChapitre 7 sur 13 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

A une symptomatologie aussi variable qu'est celle de Phémiplégie tabétique, doivent correspondre des lésions également très diverses, Et, de prime abord, on serait tenté d’admettre qu'il y a deux sortes de lésions bien distinctes, qui doivent correspondre, l’une à l’hémiplégie transitoire, et l’autre à l’hémiplégie permanente. Une telle classification, que pour plus de simplicité on serait tenté d’adopter, doit cependant être rejetée. Et, en effet, Si on consulte les diverses autopsies qui ont été faites, on voit que bon nombre de ces hémiplégies transitoires répétées souvent un grand nombre de fois au cours de la maladie, reconnaissent comme causes l'existence de lacunes cérébrales, ainsi que cela à été bien démontré depuis les travaux de MM. Marie et Ferrand.

Assez souvent ce sont les lésions banales de l’hémorragie ou du ramollissement qu’on a rencontrées, et d’autres fois enfin, on n’a rien trouvé qui soit susceptible d’expliquer l’existence d’une hémiplégie. Nous avons fait allusion à ce dernier cas en mentionnant l’observation de Debove. :

Nous ne dirons rien de l’hémorragie ou du ramollisse-

‘ment, qui ont été déjà suffisamment décrits dans les trai-

tés classiques, pour nous arrêter dé préférence sur les lésions lacunaires mentionnées plus haut.

Ces lacunes siégent d’ordinaire dans les noyaux gris

ox.

centraux, et de préférence dans le noyau lenticulaire. Si elles y restent limitées, l’hémiplégie sera très probablement bénigne et guérira à bref délai. Il n’en sera plus de même si la lacune s'agrandit et va empiéter du côté de la capsule interne, allant intercepter toutes les voies de communication nerveuses, absolument de la même façon qu’une hémorragie cérébrale. L’hémiplégie a toutes chances alors d’être plus accentuée et plus durable, sinon permanente. Quant au nombre et au volume de ces lacu-: nes, rien de plus variable. On peut cependant dire que lorsqu'’elles sont nombreuses, elles sont généralement très petites, sinon microscopiques. S1 la lacune est unique, elle peut acquérir d’asséz grandes dimensions ; on voif souventen son centre un vaisseau susceptible à un moment donné de se rompre, ou de devenir le point de départ d’une réaction fibreuse intense, tendant à combler la lacune. ;

Voilà quelles sont les lésions qu’on trouve du côté du cerveau. Mais que sont devenues les lésions mêmes du tabes ? Elles persistent toujours et se traduisent par la selérose des cordons postérieurs, si bien que lorsqu'on examine la moelle, on peut y rencontrer deux sortes de lésions bien distinctes, les unes occupant les cordons ou les racines postérieures (c’est la lésion tabétique), les autres se manifestant par la dégénérescence du faisceau pyramidal lésé au cours de son trajet cérébral (c’est la lésion hémiplégique).

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