‹ De l'Hémiplégie chez les TabétiquesChapitre 9 sur 13 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

Hémiplégie prétabétique d’origine syphilitique avec dissociation des réflexes

tendineux. 4

Observation communiquée en mai 1911 à la Société des Sciences médicales de

Montpellier par MM. Rauzier et Roger.

M... Léopold, courtier en vins, âgé de 46 ans, entre salle Fouquet, au numéro 30, dans le service du professeur Rauzier, le 4 mai 1911, pour des troubles douloureux assez vifs survenus au cours d’une affection nerveuse dont le début remonte à deux ans.

Voici, d’après le récit du malade, comment auraient débuté les accidents

Le 2 juin 1909, le malade marche sur les bords d’une grand’route pour aller chercher des échantillons de vin dans une campagne. Il se trouve en très bonne santé, n’éprouve aucune gêne pour la marche et n’a ressenti, ni la veille, ni les jours précédents, de lourdeur de tête, de douleurs, ni de faiblesses d’aucuné sorte. Tout à coup, à 3 heures et demie de l’après-midi, il est pris d’un violent vertige et tombe dans le fossé à demi rempli d’eau qui longe la route. Il ne perd pas connaissance; mais ne peut se relever pour sortir du fossé ; il reste ainsi, dans l’eau, pendant environ un quart d’heure ou une demi-heure. Quelqu'un passe sur la route, le voit dans cette situation

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et l’aide à remonter sur la route ; mais le malade ne peut marcher ; il constate lui-même à ce moment qu'il est légérement paralysé du côté gauche. Il éprouve, d’autre part, üun peu de gêne pour parler, mais n’a pas d’aphasie. RE

On le ramène chez li à 7 heures du soir, et là il perd complètement connaissance ; cette perte de connaissance dure trois jours. Lorsque le: malade reprend ses sens, il présente une hémiplégie gauche complète et totale (face comprise), qui dans les trois ou quatre premiers mois, rétrocède rapidement ; elle persiste encore à un degré atténué.

Toutefois, c’est moins pour son hémiparésie que pour une diminution générale des forces, et pour quelques phénomènes douloureux, que le malade entre une première fois dans le service, en mars 1910 ; c’est surtout pour ces douleurs, devenues bien plus vives, qu'il revient à J’hôpitat actudllement.

Ces douleurs siègent dans les membres, surtout du côté hémiplégié, c’est-à-dire du côté gauche, où elles sont à la fois plus fréquentes et plus vives ; le membre inférieur droit n’en est pas, cependant, complètement indemne. Billes ne sont pas constantes, surviennent par périodes, et sont parfois assez vives pour produire de l’insomnie. Elles siègent souvent au niveau des jointures et y provoquent une sensation de broiement. La moitié gauche du thorax est le siège de douleurs analogues, douleurs en demi-ceinture, avec sensation d’écrasement. En outre, depuis quelques jours, se sont installés : une céphalée violente, sans localisation nette, survenant surtout pendant la journée, quelques bourdonnements d’oreille, un léger trouble de la vue, sans diplopie. L’odorat et le goût sont bien conservés. Le malade dit avoir remarqué une dimi-

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