OBSERVATION XLIX
Tourxanr (Thèse de Paris, 1892).
Hoffman, 34 ans, menuisier, entré à l'hôpital de Lariboisière, le 11 janvier 1892.
Antécédents héréditaires nerveux du côté de son père. Ses frères ou sœurs ont eu des convulsions étant jeunes.
Antécédents personnels : enfance maladive. — Convulsions. — Caractère très nerveux, pleure facilement.
En 1883, à la suite d’une violente discussion, éprouve sensations de strangulation et d’étouffement. Il se met à trembler, puis tombe sans connaissance ; pas de cri, pas d'évacuation involontaire, pas de morsure de la langue. Le surlendemain reprend son travail.
En 1884, manque de se noyer, on le retire de l’eau. Il est sans connaissance et reste ainsi dans une insensibilité complète. — Quand il revient à lui engourdissement et parésie du côté droit. — Trois jours après hémiplégie droite complète et hémianesthésie droite.
En même temps paralysie faciale droite. Sa salive ‘s'écoule par la commissure labiale droite. Il guérit de ses troubles musculaires. — En 1888, à la suite de nouvelles discussions, nouvelle attaque, suivie des mêmes phénomènes. Le 7 janvier dernier, douleurs vives dans le bras gauche. Ensuite son bras devient faible et le 10 janvier son bras gauche est presque complètement paralysé. Dans tout ce bras insensibilité complète de Ia peau, des muscles et des articulations. La limite supérieure de l’insensibilité est au niveau de l'épaule et n’a rien d’anatomique.
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Paralysie faciale : au repos asymétrie modérée ; du côté droit la joue parait lisse, les reliefs sont moins accusés ; la commissure droite est abaissée, la gauche est attirée en haut et en dehors.
L'orbiculaire des paupières, le muscle de Horner, le frontal ne sont pas atteints. Quand il souffle l'air s'échappe du côté droit. La langue n’est pas déviée ; le côté droit a perdu toute mimique. Lors du rire la commissure est fortement déviée à gauche. Sensibilité émoussée sur la joue gauche. Champ visuel diminué à gauche. Œil droit normal. Goût, odorat, ouie émoussés.
Le 27 février la paralysie a diminué et les mouvements sont en partie revenus.
La névrose simule dans le cas précédent le syndrome de Millard Gubler, c'est-à-dire paralysie alterne de la face et des membres.
On sait que ce syndrome est réalisé dans le cas d’une lésion du pèdoncule cérébral intéressant les fibres de l’oculomoteur commun et le faisceau pyramidal.
La symptomatologie de l’hémiplégie hystérique peut être plus compliquée encore. Borel dans les Archives d'Ophtalmologie de 1886, publie un cas où après des attaques survient une hémipléscie hystérique avec déviation conjuguée de la tête et des yeux.
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