OBSERVATION L
BoreL (Archives d’ophtalmologie, 1886).
Homme de 26 ans.
Fut atteint, le ler août 1878, d'une hémiplégie gauche à la suite d’une attaque apoplectiforme. On constata alors un ptosis à gauche, une anesthésie et une analgésie de ce côté avec thermoanesthésie et perte du sens musculaire. Acuité visuelle diminuée à gauche; pas de strabisme ; anesthésie du goût et de l’odorat à gauche, symptômes divers de saturnisme ; attaques de convulsions où l’hystérie et l’encephalopathie semblent se mêler. Puis des troubles analogues à ceux du côté gauche se montrent à droite (amaurose, analgésie) ; le lendemain, l’œil droit recouvrait la vue, mais non le gauche. Après d’autres attaques, coma avec déviation conjuguée de la tête et des yeux ; à droite, insensibilité, puis résolution générale ; puis contracture du côté gauche et perte de la vision de ce côté vers la fin d'août.
Le ler juillet 1879, l'hémiplégie coincidait avec une déviation de la bouche à gauche ; cornée insensible ; ne distingue pas les mouvements de la main etne reconnaît pas les couleurs.
Pour l'œil droit, compte les doigts à 4 mètres et demi. Le champ visuel est retréci et présente deux scotômes concentriques circulaires, l’un entre 25 et 30o, l’autre entre 40° et 70°. On procède à l'application de l’aimant, à la Salpêtrière, le 12. janvier 1879, et un quart d'heure après la sensibilité était revenue dans la moitié gauche
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du corps, l'œil gauche comptait les doigts à 40 centimétres et montrait un scotôme annulaire semblable à celui qu’on avait à droite. L'œil droit a une acuité visuelle de trois dixièmes; le champ visuel s’est agrandi. La conjonctive, la moitié gauche de la langue, la moitié correspondante des muqueuses buccale, pharyngée et nasale seules étaient restées anesthésiées. Tous les phénomènes nerveux disparaissent au bout de quinze jours et l’acuité visuelle est normale.
Ces dernières observations représentent en quelque sorte des raretés cliniques. Elles sont cependant fort importantes, car elles mettent en garde le médecin contre les différentes simulations possibles par l'hystérie des symptômes que produisent des lésions organiques.