CHAPITRE V
Traitement.
Le traitement de l’hémiplégie hystérique n’est pas compliqué, mais son efficacité n’est pas très grande. |
La paralysie, n'étant qu’un symptôme de l'hystérie, 1l est bien évident que c’est la névrose quil faudra combattre tout d'abord.
. L'hydrothérapie, le changement de milieu, la vie en plein air, l'exercice sont, on le sait, de bons agents curateurs de l’hystérie.
Si celle-ci est doublée de diathèse, on prescrira, suivant les cas, les arsenicaux, les sulfureux, les alcalins, etc.
Plusieurs moyens thérapeutiques s’adressent directement au symptôme paralysie.
Sous l'influence d’un fort aimant, on peut faire réapparaître la motilité et la sensibilité dans un membre paralysé. Généralement, les parties
symétriques de l’autre membre sont alors envahies par la paralysie. C’est le transfert : ce phénomène peut se répéter plusieurs fois et des oscillations nombreuses se produire. Dans les cas heureux enfin, la paralysie s’amende et guérit.
D'autre fois, un succès analogue sera obtenu par la métallothérapie ; on sait que certains hystériques ne sont sensibles qu'à un ou deux métaux, il faudra procéder par tâtonnement.
L’électricité sous toutes ses formes, statique, faradique, galvanique, donnera aussi souvent de bons résultats.
Mentionnons aussi la kinésithérapie, massage ‘et gymnastique. On retirera certainement profit de l’exercice corporel.
L'hypnotisation, ayant pour premier effet d’exaspérer, temporairement du moins, la suggesübilité des sujets, ne saurait être considérée comme un véritable mode de traitement de la maladie hystérique. |
La suggestibilité est par elle-même un trouble morbide que l’on utilise ici en l’entretenant ou l’exagérant quelquefois au profit du malade.
C’est dire combien l’utilisation de ce procédé est délicate et d'indication restreinte. Il faut, pour qu’on soit autorisé à l’appliquer, que les inconvénients résultant pour le malade d’un excès de suggestibilité soient moindres que ceux que lui font
éprouver certains troubles hystériques, tels que aphonie, paralysie, contracture, par exemple.
Ce moyen thérapeutique doit donc être employé avec réserve, d’ailleurs il n’est pas universel. Dans la Gazette hebdomadaire de juillet 1891, Babinski traite cette question et montre bien que tous les hystériques ne sont pas hypnotisables et que tous les hypnotisables ne voient pas leurs troubles paralytiques modifiés par la suggestion.
Pour terminer, nous dirons, des hémiplégiques hystériques en particulier, ce que Charcot dit des hystériques en général : il ne faut jamais laisser de tels malades dans un milieu où ils sont l’objet, de la part de ceux qui les entourent, d’une trop grande attention. |
Blocq (Gazette des Hôpitaux, 1892) à développé la même idée : Chez les malades nerveux, si le champ restreint de la conscience n’est occupé que de l'idée seule de la manifestation pathologique (hystérie monosymptomatique), l'isolement aura pour effet de substituer à cette autosuggestion morbide l’idée de guérison qu’entraîne par une association intime l’espoir de la sortie à laquelle aspirent naturellement tous les sujets.