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Au mois de juillet 1874, en ma qualité de président de la Société de médecine de Strasbourg, je lus un mémoire sur la réunion des plaies. On y trouve un passage relalir à mes pinces hémostatiques :
«Depuis dix ans Je me sera avec avantage, pour toutes les opérations, de pinces bémostatiques partiCDlièrss ea forme de pinces i pansemenl très-légères, dont les mors sont plats, creusés et engrenés vers leurs bords par des rayures Iransver^es. Étant fermées, elles ne doiveat pincer qn'i leur eitrèmité. Leurs branches sont munies prés des anneaux d'ua cliquet qui leur sert de point d'arrêt ' ponr la fermeture et permet d'opérer une constriction très-forte sur des tissus d'une épaisseur rariable. Ces pinces, dont l'usage tend i ise propager, sont de mon inVentian ; elles sont connues à Paris sous le nom d'un cbirurgien auquel ]'en ai euYof 6 un modèle 11 y a quelques années. FrimitiTement le cliquet Était à dents, mais le cliquet à trous, dont sont munies les pinces dont Je me sers, est préférable. Les pinces hémostatiques agissent d'après le princ^e d'une constriction eicessiTe à même de dessëclter les tissus comprimés. Les pinces analogues qui ont été faites primitiTement sur le modèle des serre-flnes de Vidal, et gui sont également à même de rendre de bons services dans certains cas, mais dont la constriction est trop faible, ont été employées par moi dans mes débuts dans la pratique. U. Elser, notre cher et regretté compatriote , qui vit maintenant retiré des affaires à Auteuil, loin de l'Alsace, et dont U. Streisgutb continue l'intelligente fabrication d'instruments à Strasbourg, a successivement perfectionné mes pinces bèmostatiques d'après mes indications, en leur conserTant toute la force nécessaire et la plus grande légèreté. Les pinces confectionnées à Paris sont d'une fabrication très-médiocre'. Ces instruments se placent facilement et rapi-
I. Cette observation s'adressait aux pinces du cbirui^ien de Paris dont il est quesUon pins IoId. U. Vemeuil m'a Riit observer que J'avais tort de dire que les pinces bèmostatiques eonrectlonnèes k Paris étaient d'une fabrication très-midioere, attendu qu'elles étalent semblables à celles que J'ai figurées dans mon mémoire {De la Riunioti dêt pluies) et que pour son compte 11 n avait Jamais en à i'fa plaindre. Je maintiens mon assertion pour les modèles des pinces de H. Péan, que je me suis procurées k Paris, chez H. Ouéride. La pression de ces pinces est lusalflBante; mais néanmoins elles rendent encore de bien meilleurs services que les antres pinces usitées pour l'héniDstase. L'insuffisance de leur plDcenient paraît avoir conduit H. Péan i les laisser t demeure, en nombre plus ou moins considérable, d'une manière prolongée, après les opérations. MU. les fabricants d'Instruments de chirurgie, parfois très-intelligents ouvriers, ne se rendent pas
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demeut, avec nu peu d'habitude, au tur et à mesure que se produit une hémorrbagie. La perte de sang est ainal diminuée d'une manière trés-notabic. Ou peut les laisser en place pendant un quart d'heure, une demi-heure, Jusque Ters la Un d'une opération. Lorsqu'on les enlève, l'hémorrbagie est complètement arrêtée. Quant aux vaisseaux de gros calibre, qui ont été saisis par les mêmes pincées, le chirurgien lui-même peut les entourer alors Iréa-facilement d'une ligature, sans aroir presque recours à un aide, ainsi que cela est nécessaire lorsque l'on opère à la manière des anciens chirurgiens, en saisissant avec nne pince simple ou à coulisse, etc., les vaisseaux à mesure que le gang en jaillit. On peut ainsi continuel et terminer trèa-Tite une opération tout en plaçant une dizaine, une vingtaine de places, suivant les circonstances. Ces pinces sont un élément très-importaiit de succès dans quelques opérations accompagnées d'une forte hèmorrhsgie. Elles permettent de restreindre considérablement la perte de sang. Par leur intermédiaire, on abrège la durée d'une opération en restreignant, en supprimant même très-souvent l'usage des ligatures. Dans les opérations d'ovariotomle, les ablations de tumeurs, etc., où un très-grand nombre de vaisseaux d'un calibre assez considérable sont intéressés, on peut le plus souvent terminer l'opération sans recourir à une seule ligature, quoique parfois une vingtaine de pinces aient dû être appliquées.
' ti,Ëg pinces hémostatiqnes, ainsi que tous les objets qui sont mis en contact avec la plaie, doivent être d'une propreté minutieuse. Les mors des pinces hémostatiques, qu'il est difficile de nettoyer autrement, doivent toujours avoir été passés au feu<.>
M. le D' Péan, de Paris, s'est attribué dans ces derniers temps, entre autres soi-disant inventions, celles de mes pinces hémostatiques et de mon procédé rapide d'hémostase. Dans
toujours compte des Idées, des partienlarltés qui ont guidé les chirurgiens dont ils croient pouvoir fabriquer t leur manière et vendre comme tels les soi-disant insb'uments. Je me rappelle avoir vu i Paria, a l'Exposition universelle en I6ST, une boite A'insIrumeiUs d'ovariotoiaie du ly Keeberté, exposés par des ^ricanls en renom, tant doris, avec des formes Impossibles, dangereuses; on y voyait des cooteaui que je n'aurais pas voulu employer pour les opérations les plus grossières; on y avait tait figurer des instruments dont je ne me servais point ou dont je ne faisais plus usage depuis pinsienrs années ; les serre-nœads en étaient détestables et de dimensions massives et colossales, ie tout avec des modSflcatlons fantaisistes que l'on considérait probablement comme des perfectlonnements. Nécessairement les chirurgiens qui font usage de tels Instruments doivent les trouver adVeux et s'exposent i) des accidents.