UNE
À) 1° A Mur, bourg de 2,391 habitants, le docteur DESHAYES signale :
Cas de luxations congénitales observés : 30 (dont 2 douteux) ;
Cas héréditaires ou familiaux : 7.
a) 4 frères el sœurs et leur tante ;
b) Une fillette el sa grand-mère.
Nous trouvons donc sept cas de luxations pour deux familles seulement. Si ces familles habitaient une commune plus petite, on aurait un pourcentage énorme et ces cas auraient formé un “ nid de luxations ,.
B) 1° A Saint-Senier, sur 6 cas observés, on meationne 3 sœurs prés-ntant une luxation unilatérale gauche ;
2° A Tirepied, commune voisine, le seul cas signalé est une luxation conzénitale chez une cousine des 3 sœurs précitées. |
On comprend facilement que pour expliquer la fréquence des luxations congénitales dans certaines régions déterminées, on puisse “ incriminer l’accumulation chez les populations de ces endroits d’influences héréditaires ,. Nous ne saurions dire pourquoi, sous quelle cause déterminante cette influence héréditaire se manifeste à un moment donné sur une famille donnée. Nous nous contentons de le constater sans vouloir l'expliquer.
Un autre fait d'observation non moins certain, c’est qu'on trouve très peu de luxations congénitales en ville, comparativement au nombre considérable de celles que l'on voit à la campagne. Ceci tient sans doute à ce que les luxés n'émigrent pas à la ville et que “ les boiteux restés dans leurs villages, ont une pré-
disposition un peu plus marquée que les sujets normaux à engendrer des enfants boiteux. ,
Des statistiques faites comparativement sur les femmes qui accouchent dans les maternités de Rennes et de Paris, on conclut que les luxations de la hanche d’origine congénitale sont environ trois fois plus fréquentes en province qu'à la capitale. Ce qui peut s’expliquer par la sélection faite sur les campagnards qui émigrent vers la ville.
Enfin, dans les recherches faites par LE Damany, sur la fréquence relative de la luxation congénitale dans les diverses races, à l'appui de sa théorie de la luxation anthropologique, il nous a semblé facile de trouver un argument de plus en faveur du caractère héréditaire de cette lésion. La luxation congénitale de la hanche, rare dans la race jaune, exceptionnelle dans la race noire, est fréquente dans la race blanche; elle l'est d'autant plus qu’on s'élève dans l'échelle des races humaines. Telle est la pensée de l’auteur. Avec cette manière de voir toutes les théories mécaniques ou pathologiques invoquées pour expliquer l’étiologie de l'affection tombent d’elles-mêmes. Pourquoi l'utérus des négresses produirait-il moins tôt sur le fœtus des lésions traumatiques que celui des Européennes”? Les fœtus seraient-ils moins comprimés dans un accouchement gemellaire ? N'y a-t-il pas chez elles de présentations du siège? Leur amnios contient-il toujours une quantité considérable de liquide ? Xe serait-il pas capable de contracter des adhérences? Leur bassin serait-il considérablement moins large et les fémurs moins longs que dans la race blanche, disposition qui
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d'après LE Dauaxy favoriserait la luxation ? Une interprétation plus simple se présente immédiatement à l'esprit : Ne pourrait-on considérer la luxation congénitale comme un des multiples signes de dégénérescence d'une race où tous les efforts convergent, avec le secours de la médecine, à ia conservation de l'individu à la survie du débile au grand détriment de la sélection naturelle ? Or, il existe encore dans le centre de l'Afrique des peuplades où, comme le dit le D' Ponrux, “ on sacrifie jusqu'à 12 ans les enfants infirmes , et où l’on vend comme esclaves les mal bâtis. Combien y a-t-il donc de temps que la civilisation européenne a fait reculer ces pratiques barbares de la sélection artificielle surajoutée à la sélection naturelle? Il y a un siècle à peine ces. coutumes régnaient dans tout le continent noir. Ne semble-t-il pas dès lors naturel d'admettre que, dans ces tribus où, pendant des siècles, on a supprimé avant qu’ils puissent procréer les luxés congénitaux, la rareté de la lésion ne relève que de l'intégrité des générateurs ? Depuis qu’à Sparte on a cessé d'exposer les enfants dans la Lesché et de précipiter les malformés du sommet du Taygète, toutes les tares héréditaires se sont accumulées dans la race blanche.
Enfin, on peut se demander avec le D' Mizcoüs si dans la race nègre “ le port de l'enfant à califourchon sur le dos de sa mère, dans une position de flexion et d’abduction ne serait pas un véritable traitement prophylactique de la luxation. ,
A notre avis, il existe dans ces races jeunes les mêmes causes dites mécaniques ou pathologiques invoquées
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dans la production dela lésion que dans la race blanche. Nous ne savons pas qu’on ait remarqué de différence sensible dans la configuration du bassin et des fémurs, dans l’évolution de la grossesse et de l’accouchement. S'il existe une telle disproportion de fréquence de la lésion dans les diverses races, nous ne pouvons l’attribuer d’une part qu’à la sélection naturelle aidée parfois par ia sélection artificielle et d'autre part qu’à la facilité plus grande que donne la civilisation européenne à tous les sujets de se reproduire.