‹ De l'hérédité dans les maladiesChapitre 12 sur 47 · Que si Louis n'a jamais vu d'épiieptiquede père en · texte numérisé non relu

Que si Louis n'a jamais vu d'épiieptiquede père en

fils, il y a lieu de s'en étonner, et la statistique des modernes prouve que l'instruction clinique de Fauteur n'était pas, lorsqu'il écrivait son mémoire, ce qu'elle est devenue depuis.

62. Quant aux raisonnements de Lyonnet, ils sont encore plus faibles que ceux de Louis , et le fait cité relativement à Louis XIII est de nulle valeur dans la question.

63. Il résulte de tout ceci que la doctrine de la réalité des maladies héréditaires n'a pas été ébranlée par le mémoire de Louis. Nous avons insisté sur ses raisonnements, et nous les avons discutés avec étendue, parce qu'ils constituent les attaques les plus sérieuses faites à la doctrine des maladies héréditaires. Du reste, ils n'ont porté la conviction dans aucun esprit, et l'universalité des praticiens ou du moins leur très grande majorité , Morgagni , Corvisart , Pujol , Portai , etc. , n'ont pas hésité depuis à admettre l'existence de l'hérédité des maladies. On a soutenu des thèses pour la défendre (41); on n'en a guère publié pour la combattre.

64. Mais si, dès le temps de Ronchin, et malgré les publications de Dermutius, de Meara (42), de Rolfincius (43), de Zeller (44), il s'est trouvé des médecins qui assurent que l'hérédité a une influence sur les maladies, d'autres aussi ont exagéré la part qu'elle pouvait avoir dans le développement et la marche des phénomènes morbides. Peut-être même peut-on reprocher à Pujol , à Portai , à M. Petit et aux auteurs de plusieurs des thèses de la faculté , d'avoir rattaché à l'hérédité certains cas qui lui sont plus ou moins étrangers. Cette exagération, signalée par M. Ladmirauît (46), a été môme portée très loin , On a cité un grand nom-

bre de faits épars dans la science , ou que l'on avait observés, et sans tenir assez de compte des observations négatives qu'on pourrait y opposer ; sans apprécier assez la valeur de diverses circonstances suffisantes pour déterminer, chez les enfants, des maladies analogues à celles dont les parents étaient atteints, on a vu partout des maladies héréditaires. On a compris dans les faits d'hérédité la simple simultanéité de maladies chez des personnes de la même famille. Admettant la transformation des affections morbides les unes dans les autres , par suite de la génération , on en est arrivé à ce point que l'hérédité semblerait être, pour quelques-uns, la cause principale des prédispositions de toutes les maladies. Nous avons déjà cherché ailleurs à nous préserver contre cet écueil qui nous paraît aussi grand que le premier.

65. Depuis qu'un esprit plus sévère a présidé à l'étude des maladies, on s'est occupé de l'influence de l'hérédité dans une foule de monographies. Nous passerons bientôt en revue les résultats statistiques qu'on a obtenus , nous y en ajouterons quelques autres, et après avoir cherché ceux qui nous paraîtront les plus importants, nous ferons tout ce qui sera en nous pour attribuer à l'hérédité en général, et d'après les faits connus dans la science, le degré de valeur qu'elle comporte. Nous chercherons à écarter l'exagération p^r la sévérité du calcul , qui sert à retenir l'imagination dans ses écarts.

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