‹ De l'hérédité dans les maladiesChapitre 20 sur 47 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Qu'il nous soit permis, avant d'entrer dans le détail de nos observations sur les maladies héréditaires, de dire que nous sommes loin de mentionner toutes les observations que nous avons recueillies. Nous avons mieux aimé élaguer beaucoup de faits douteux que d'en étendre le nombre. En médecine, la véracité et l'exactitude sont les premières des qualités d'un auteur. On a dû mettre de côté tout ce qui était trop incomplet et tout ce qui pourrait présenter des doutes.

Parmi les 88 espèces de maladies qui ont été notées dans nos observations, nous n'en avons conservé que \ 5 , parce que c'est seulement dans ce nombre que se sont trouvés des faits dignes de quelque intérêt. Nous avons réuni en masse les autres faits dans lesquels on n'a rien trouvé à noter souple rapport de la transmission héréditaire , et nous les avons mis en regard des faits où L'hérédité a été observée, pour former une opposition de résultats plus tranchée.

Ceci a été surtout fait avec avantage à la Salpêtrière pour les vieilles femmes , eu égard à la santé des enfants qui sont issus d'elles. En effet , nous verrons que ces enfants sont très rarement phthisiques ; que ces femmes sont très âgées ; que les questions d'hérédité des mères aux enfants sont les moins contestables. De plus je suis très sûr de l'exactitude de M. Veyne qui a

— 6o — recueilli ces matériaux. Sans doute ces vieilles femmes répondent souvent fort mal à ce qu'on leur demande ; mais ce qu'une femme sait le mieux à tout âge, c'est la condition de santé de ses enfants.

417. Les considérations générales qui ont fait le sujet de la première partie, manqueraient d'une base solide si elles n'étaient appuyées sur des faits particuliers , et l'hérédité des maladies serait encore contestable , si des observations multipliées n'en démontraient la réalité. D'un autre côté, ce n'est pas assez de dire qu'une affection est héréditaire , il faut rechercher jusqu'à quel point elle peut l'être ; et pour le prouver, il faut multiplier les observations , et choisir celles qui sont les plus importantes et les plus avérées. Telle sera la marche que nous nous efforcerons de suivre dans cette seconde partie.

118. L'ordre dans lequel seront passées en revue les diverses affections où l'on admet généralement que l'hérédité existe, ne tient à aucun plan de nosographie tracé à priori ; il nous a paru assez commode pour passer en revue la plupart des affections. Au besoin nous aurions suivi l'ordre alphabétique, tout aussi bien que celui qui a été adopté.

1 1 9. Plusieurs auteurs ont attaché de l'importance à la distinction des maladies héréditaires en aiguës et chroniques , prétendant que les dernières sont plus souvent sous l'influence de l'hérédité que les premières. Il y a du vrai dans cette idée ; mais attendu quJil est bien difficile de tracer la limite où s'arrête l'état chronique et où commence l'état aigu, qu'en outre certaines maladies peuvent être aiguës dans telles circonstances et chroniques dans d'autres , qu'enfin l'hérédité exerce une influence remarquable sur les

— Gi —

aptitudes à beaucoup de maladies aiguës, nous nous en tiendrons à une division anatomique et fonctionnelle.

1 20. Bien entendu que, malgré toute l'attention qu'on y pourra porter, il échappera dans notre énumération quelques maladies susceptibles d'être transmises par l'hérédité; mais dans un travail aussi rapide, il est impossible de ne pas commettre quelques omissions.

Page 1