‹ De l'hérédité dans les maladiesChapitre 21 sur 47 · PREMIERE DIVISION · texte numérisé non relu

PREMIERE DIVISION

Maladies qui portcut une influence générale sur l'organisme.

1 21 . 1 ° La pléthore sanguine, le trop de sang en général, se remarque fréquemment dans les familles. C'est un fait que la moindre observation démontre ; puisqu'on hérite de la constitution de ses parents, et que le tempérament sanguin exagéré constitue l'état pléthorique '; il en résulte manifestement que la pléthore peut être héréditaire. Je pourrais citer quelques observations sur ce sujet tirées de ma pratique civile. Parmi les cas qui ont été extraits de mes observations, il y en a deux assez circonstanciés; les voici en abrégé :

\ 22. Dans l'un, il s'agissait d'un homme, dans l'autre, d'une femme. Dans le premier, le père, les frères, les sœurs étaient très disposés à des accidents d'hyperhémie ; dans l'autre , trois sœurs et presque tous les parents paternels présentaient des accidents du même genre. Les auteurs n'ont point insisté sur ce sujet. Parmi les documents recueillis récemment dans les

hôpitaux , on a trouvé dans 4$ cas de pléthore que quatre fois les parents avaient présenté des circonstances organiques du même genre. Sur 22 cas d'une maladie qu'il a décrite sous le nom de congestion du poumon, analogue de la congestion cérébrale sanguine active, M. Fournet a trouvé k malades chez lesquels la même pléthore sanguine générale, la même disposition aux congestions viscérales, cérébrales surtout, faisaient partie de l'histoire de leurs parents (recherches sur l'auscultation et la première période de la phthisie pulmonaire, etc. Mémoire inédit).

723. 2° Etat couenneux du sang, ou inflammation du sang : pklegrnasie en rapport avec cet état. On possède encore fort peu de faits sur ce sujet. La plupart de ceux qui ont traité des maladies héréditaires ont regardé comme difficile la transmission des affections aiguës, parmi lesquelles ceiles dont nous parlons ici, tiennent peut-être \e premier rang.M.Véron a bien cité deux cas remarquables de péritonite sur le fœtus ( 1 ) ; dans l'un de ces faits existait une pieurite. M. Ollivier d'Angers a parlé d'un cas du même genre (2) ; mais c'était tout au plus là des affections acquises pendant la vie intra-utérine , et non pas le résultat d'une disposition héréditaire. A vrai dire, les phlegmasies par elles-mêmes ne peuvent guère être transmises par génération ; seulement la prédisposition organique qui rend apte à les contracter, peut l'êlre. C'est dans ce sens que nous expliquons quelques faits qui se présentent à notre esprit, et dans lesquels certains individus atteints de fréquentes pieurites ou pneumomtes, citaient des parents ascendants qui avaient été très souvent affectés des mêmes maladies, lien est ainsi dans ce relevé statistique établi sur

nos documents. Nous trouvons, dune part, sur 45 pieurites, que six fois les parents avaient été atteints de cette maladie, tandis que sur 122 cas depneumonites, il n'y en avait que 4 où l'on eût noté sur les parents une maladie semblable ; mais à coup sûr, cette énorme différence vient de ce que les malades se sont plutôt souvenus de l'affection des parents qui avaient porté un point de côté violent, que de toute autre chose ; en sorte que nous attachons fort peu de prix à ce résultat négatif de l'hérédité dans la pneumonite. Cette affection est trop fréquente pour que les parents de ces hommes n'en aient pas été beaucoup plus souvent atteints. D'ailleurs, le nombre des cas où il y a eu pieurite chez les pères et mères des malades affectés euxmêmes de pleurite, n'est pas assez grand pour pouvoir faire admettre l'influence de l'hérédité, attendu qu'il y a plus d'un septième des hommes atteints dans leur vie d'inflammation de la plèvre, et que les cas de coïncidence de la maladie sur les enfants et les parents, s'élèvent à moins du septième. 6 sur 45.

1 24. Mais une affection du même groupe que les précédentes passe, aux yeux de beaucoup de praticiens, comme héréditaire. Je veux parler du rhumatisme articulaire aigu, de Y arthro- rhumatisme de MM. Chomel et Requin. — Notez qu'ici nous n'entendons parler que de l'affection aiguë des jointures avec coexistence de l'état fébrile, et non pas du rhumatisme musculaire, qui, dans notre opinion, est une tout autre maladie.

125. Or, ces messieurs ne révoquent point en doute l'influence de l'hérédité sur l'aptitude à contracter cette affection. % Il y a, disent-ils, une autre circonstance à signaler, c'est d'être né de parents rhumatisants ou goutteux. Quand on a cette triste origine,

on a eu, pour ainsi dire, sa première attaque dans la personne de ses ascendants. Et sur soixante-douze malades que M. Chomel interrogea là-dessus à l'époque où il préparait sa thèse, trente -six se trouvèrent être issus d'origine rhumatisante, vingt-quatre étaient nés de parents sains, et douze ne purent donner de renseignements à ce sujet (3). M. Roche, qui a établi bien avant moi que l'arthrite, dans ce cas, était liée à une altération spéciale du sang, à laquelle il attache avec raison une extrême importance, a, dit-on, observé des cas d'arthrites fébriles héréditaires. J'ai relu l'article arthrite indiqué comme source de cette citation, et je n'y ai trouvé qu'une chose : la conformité des idées de M. Roche avec les miennes, et de plus, que la goutte était héréditaire, ce qui la différencie du rhumatisme articulaire aigu (4). Du reste, l'opinion de M. Chomel est généralement partagée. Stahl avait déjà cité un fait relatif à l'hérédité du rhumatisme fébrile : un jeune homme de vingt-quatre ans en fut atteint pour avoir mis des bottes mouillées (5), son père avait cruellement souffert de la goutte pendant quatorze ans. Les autres faits dont il parle, se rapportent plutôt à l'hérédité de la goutte qu'au rhumatisme.

\ 26. Il est positif qu'en interrogeant les malades sur les circonstances antécédentes des parents, ils ne manquent pas de dire que ceux-ci ont été atteints de rhumatismes.

Voici quelques réflexions sur cesujet, que j'ai émises ailleurs (6):

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