‹ De l'hérédité dans les maladiesChapitre 44 sur 47 · O. Mais c'est surtout le croisement des races sur · texte numérisé non relu

O. Mais c'est surtout le croisement des races sur

lequel on s'est appuyé avec le plus de raison pour combattre la transmission des maladies héréditaires. On s'est fondé en ceci sur des faits d'hi toire naturelle avérés : sur les animaux d'espèces variées qui , en s'unissant, produisent des métis; sur Futilité de réunir certaines variétés à certaines autres pour obtenir des individus plus beaux et plus robustes; sur ce fait ; que la race noire finit, par suite de son alliance continuelle avec des blancs, par perdre toute sa coloration. On a même assuré qu'à la quatrième génératiôn il en arrivait ainsi (44)- On s'est encore fondé, pour conseiller les croisements de races, sur l'habitude qu'ont les rois de contracter des alliances avec des princesses étrangères, ce qui paraît, dit-on, avoir une heureuse influence sur les conditions de santé des enfants.

333, O. De là sont résultés les conseils suivants, toutà-fait en rapport avec la raison et avec la pratique : Il faut neutraliser par l'union d'individus de constitution, de tempérament opposés, ce que chacun d'eux pourrait présenter d'exagéré sous ce rapport, et qui pourrait influer en mal sur l'état de santé de sa progéniture : ainsi, un homme athlétique devrait se marier à une femme nerveuse ; ainsi, le lymphatique serait uni à une femme pléthorique, etc.; XJxorem aut virum quœrere qui temperie modo substaniiœ et ferè in omnibus individualibus conditionihus , dissideat longis intervallis ab uxore : sic enim a generatione in generationem delitescet magis sigillutn hœreditarium 9 vincens inculpatum semen, ac prœvalens suprà çitiosum et pravè affectum ( 6* ). L'instinct conduit, a- 1 -on ajouté , à ce précepte donné spar Mercatus, et l'on voit fréquemment, par

— i55 — exemple, un homme d'une haute taille rechercher une petite femme. Si un individu porte une prédisposition marquée aune maladie, il faudra surtout l'unir à une personne qui en soit le plus éloignée possible. Bordeu , Buchan après lui, et Pujol après Buchan (7*) pensent qu'après quelques générations l'aptitude aux maladies héréditaires sera entièrement dissipée. Baumes admettait qu'il en pouvait arriver ainsi pour la phthisie (84). Fernel avait déjà insisté, dit-on, sur l'attention extrême qu'on devait prendre à ne marier sa fille qu'à des hommes robustes. Il a dit aussi : Quamobrem prœclari humano generi consultum videretur si soli parentis bene habili atque sani liberis operam darent (9). Il iaut surtout éviter, dit M. Robin, d'unir des jeunes gens prédisposés, chacun de leur côté, à une affection analogue ou de même na*ture; ainsi, il faut se donner garde de marier un scrofuleux avec une phthisique ( ioA). Il ne serait pas non plus convenable que des vieillards affaiblis contractassent de unions qui pussent donner lieu à des générations débiles; et si l'on marie des gens trop jeunes, dit aussi M. Sauvé (11), on peut craindre d'avoir des enfants petits et chétifs, comme on voit, assure-t-on, naître, de l'accouplement trop précoce d'animaux , des individus plus petits que le reste de l'espèce. Plusieurs auteurs ont été si frappés de ces idées, qu'ils ont presque voulu que les lois condamnassent au célibat ceux qui portaient certaines maladies constitutionnelles héréditaires.

334. La plupart de ces idées ou de ces conseils sont malheureusement des utopies qu'il n'est pas possible de faire exécuter. La mission du médecin est remplie, lorsqu'il a dit ce qu'il convient de faire,

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