‹ De l'hérédité dans les maladiesChapitre 46 sur 47 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

Moyens de guérir les maladies héréditaires une fois développées.

345. Toutes les fois qu'on est appelé pour soigner un malade atteint d'une affection dont les parents étaient eux-mêmes affectés, il faut, avant de traiter la maladie, bien s'enquérir de !a valeur de toutes les circonstances d'hérédité que l'on accuse de la production de ce mal; car il se peut faire que celui-ci ne soit pas le résultat de la cause soupçonnée, et il est bon de dissiper le plus possible les doutes qui pourraient rester dans l'esprit.

346. Dans tous les cas, dès que surviennent, sur des sujets héréditairement prédisposés des accidents,mème légers, mais qui font redouter l'invasion d'une maladie de parenté, il est convenable de s'y opposer avec toute l'énergie possible, sans s'élever cependant au degré où cette énergie pourrait compromettre la santé.

347.11 faut surveiller attentivement la marche de la maladie héréditaire sous le rapport du traitement ; car souvent les symptômes de celler-ci sont mal dessinés. De ce que les symptômes sont obscurs, ce n'est pas une raison pour rester inactif.

348. Quand une maladie héréditaire fait des progrès journaliers et persistants, et cela malgré un traitement rationnel très actif, il faut prendre bien garde

— i6i — ci abuser de celui-ci, et clans certains cas on doit être assez prudent pour se borner à faire de la médecine palliative.

349. Dans toute affection en apparence non héréditaire, mais présentant une grande affinité de nature avec d'autres maladies dont les parents étaient|affectés, on doit conserver quelques doutes sur le caractère du mal , et souvent il sera bon de se conduire, pour le pronostic comme pour le traitement, de la même manière que s'il s'agissait d'une affection dont l'hérédité serait constatée.

350. Lorsque, dans une maladie non héréditaire, survient un symptômeou une série de symptômes qui pourraient rappeler une affection dont les parents auraient été atteints, il importe de combattre ces symptômes avec la même activité que s'il s'agissait de l'invasion même de la maladie héréditaire.

351 . Lorsque la convalescence d'une maladie héréditaire se déclare, d'une part il ne faut pas trop compter sur une guérison solide, de l'autre il faut craindre une rechute ou des accès ultérieurs; enfin, on doit prendre toutes les précautions possibles pour que la convalescence soit complète. S'il reste des symptômes, même légers, il faut redouter la continuation du mal, son passage à l'état chronique, ne pas renoncer au traitement curatif lorsqu'il est praticable , et avoir recours au traitement palliatif s'il peut seul être employé.

352. Dans les maladies héréditaires, le traitement palliatif est malheureusement le seul qui souvent convienne; mais ce traitement palliatif ne consiste pas à se croiser les bras, tout en voyant le malade souffrir et la mort s'approcher; il consiste au contraire à surveiller les symptômes, à les combattre, à calmer les

douleurs,, et à faire vivre les malades le plus longtemps possible.

353. Le traitement des maladies héréditaires, une fois développées, présente donc, quoi qu'en ait dit M. Robin , quelques différences avec celui des maladies qui proviennent d'une autre cause.

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