‹ De l'hérédité dans les maladiesChapitre 7 sur 47 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Des maladies acquises avant la naissance ; leur distinction d'avec les maladies héréditaires.

30. On a distingué depuis Boërhaave (19) les maladies héréditaires de celles qui ne se contractent que pendant la vie utérine , et que l'on a appelées morbi connati, gentilitii, parentales, connutriti , etc. (20) Louis insiste sur cette distinction (21 ), et c'est ce qu'ont fait aussi Pujol (22) , Petit (23), et la plupart de ceux qui ont traité des maladies héréditaires.

31 . Il est, en effet, des affections dont le développement paraît être en rapport avec l'action d'une cause qui a agi au moment même de la fécondation. S'il n'en était pas ainsi, il serait impossible que le fils pût hériter directement du père d'une maladie quelconque, ou si Ton veut de l'aptitude à cette maladie. Or, les faits que nous citerons plus bas ne permettent guère de douter que > dans quelques cas , des affections morbides ou certaines circonstances d'organisation qui y prédisposent , se transmettent par la ligne paternelle tout aussi bien que par la mère.

32. Les maladies acquises après la fécondation et avant que le fœtus soit sorti de la vulve , constituent pour la plupart des auteurs précédents une seule classe d'affections (Louis, Pujol, Petit, etc.) parmi lesquelles Petit range, à tort ou à raison, les envies ou taches de

naissance, certaines tumeurs fongueuses, la variole communiquée de la mère au fœtus, etc. (20). Il sembie cependant qu'il y ait ici une distinction utile à établir entre les affections qui se communiquent de la mère à l'enfant lors de la vie intra-uterine , ou, si Ton veut, avant la rupture de la poche des eaux, et celles qui ne sont contractées par l'enfant que lors de son passage depuis le col utérin jusqu'au dehors des parties de la génération. Dans ces deux derniers cas, il peut s'agir d'une contagion, et non pas d'une hérédité; mais dans l'un, le mode de contagion est différent de l'autre. Dans le premier cas avant la rupture de la poche, ce n'est guère que par le cordon ombilical que Ton conçoit la possibilité de cette contagion ; c'est ici d'une communication par une sorte de greffe animale qu'il s'agit (21), tandis que dans le second cas, la contagion a lieu par la peau , les membranes muqueuses ou les tissus dénudés, de la même façon qu'elle peut avoir lieu sur l'adulte.

33. Cette distinction entre les maladies héréditaires les affections acquises pendant la vie fœtale; et les causes morbides communiquées à l'enfant dans le vagin ou lesparties extérieures de la génération, n'est pas sans intérêt; car leur influence sur les périodes ultérieures de la vie de l'enfant n'est pas la même dans ces trois cas.

34. Pour les affections héréditaires, l'atteinte primitive portée à la constitution sera profonde et ne se manifestera souvent que long-temps après la naissance; ce sera parfois, comme nous le verrons bientôt, plutôt une prédisposition qu'une véritable maladie. Pour les affections acquises dans l'utérus, les accidents se seront presque toujours déjà déclarés au moment

— j8 — où l'enfant vient à naître; pour celles qui seront le résultat d'une contagion par une surface extérieure, des symptômes primitifs se manifesteront peu de temps , quelques jours à peine, après la naissance.

35. C'est ainsi que la syphilis provenant du père, ou de la mère, lors de la fécondation (si tant est qu'elle se communique de cette sorte), devra altérer le développement du fœtus, et pourra donner lieu à une modification profonde de la constitution ; c'est ainsi que, s'il est vrai que l'enfant puisse en être atteint, lors de la vie intra-utérine, il pourra présenter des symptômes consécutifs sans que sa constitution soit aussi profondément altérée; c'est ainsi que des phénomènes primitifs pourront se développer peu de temps après la naissance, chez l'enfant qui a contracté la syphilis en traversant les parties génitales.

Il est non moins évident que le pronostic et le traitement varieront dans ces trois cas.

36. Or, si une maladie identique dans sa cause, parait devoir devenir différente, sous le rapport de ses symptômes, de son pronostic et de sa curation, et cela, parce qu'elle sera héréditaire, acquise dans l'utérus, ou le résultat d'une contagion vaginale ; il en sera à plus forte raison ainsi lorsque les causes de ces maladies héréditaires, de ces morbi comiati, de ces affections acquises hors de l'utérus et pendant la naissance, ne seront pas identiques.

Ainsi la distinction entre ces divers caractères de maladies mérite d'être conservée.

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