CHAPITRE QUATRIÈME
Distinctions entre la maladie et l'aptitude héréditaire.
42, Déjà plusieurs fois, dans ce travail , le mot disposition organique héréditaire a remplacé le mot maladie héréditaire. Ce n'était pas sans dessein; Stahl a fait avec beaucoup de justesse cette distinction. Les auteurs, dit Louis (27), « pensent que les parents ne transmettent à leurs enfants que la disposition à telle ou telle maladie ; c'est cette disposition que ces auteurs croient héréditaire, en sorte que les parents peuvent l'avoir reçue de leurs aïeux , et la transmettre à leur postérité sans avoir eux-mêmes jamais été attaqués de la maladie que cette disposition pouvait produire , parce que leur tempérament particulier f et les différents usages qu'ils ont fait des choses non naturelles, ont pu changer en eux cette mauvaise disposition.» C'est en vain que Louis cherche à renverser cette opinion ; ses raisonnements sont peu concluants, et n'ébranlent en rien les faits d'observation qui l'établissent. Aussi la plupart des auteurs qui, depuis Louis, ont étudié les maladies héréditaires, tels que M. Petit (28), M. Sersiron (29) etc., ne manquent pas d'insister sur les aptitudes organiques héréditaires et de les distinguer des maladies héréditaires elles-mêmes. Nous adopterons leur manière de voir, et il nous suffira, pour admettre qu'une maladie est sous l'influence de l'hérédité , qu'une disposition organique à la contracter ait été communiquée lors de la fécondation , et alors que les parents la présentaient eux-mêmes.