Cas négatifs (inoculation des organes fœtaux
Cas rapporté par Verchère (1884) (5). — Une femme meurt enceinte avec des lésions cavitaires considérables ayant détruit en
(1) Je tiens ce reoseignement iinportaot de M. Bourges lui-m'^mc.
L'animal sacrifié aa bout de quelques semaines est reconnu indemne de T.
Expériences de Sanchez Toledo (1889) (111). — Les recherches de Sa.ncuezToledo, faites dans le laboratoire du regretté Straus, présentent une importance considérable en raison du très grand nombre d'animaux mis en expérience, et des précautions minutieuses qui ont été prises pour écarter toute chance d'erreur ; ce qui montre bien que Sanchez ToLEDO a opéré de manière à éviter les contaminations accidentelles, c'est que tous ses résultats ont été négatifs.
Comme animal d'expérience, il a choisi des cobayes femelles pleines:
l'* série. — Les cobayes étaient inoculées dans la jugulaire avec 1 ce. de culture virulente de T. humaine dans du bouillon glycérine, dose considérable qui amenait la mort régulièrement au bout de 12 à 20 jours (les organes étaient farcis de B., comme Sanchez Toledo s'en est assuré par la coloration et la culture} .
Tantôt les femelles mettaient bas avant terme des fœtus morts, ou à terme des petits vivants qui étaient immédiatement mis à mort : tantôt, elles mouraient avant d'avoir mis bas, les fœtus étaient alors extraits des cornes utérines avec toutes les précautions requises.
Tous les petits ainsi recueillis étaient ouverts avec les mômes précautions pour éviter toute contamination possible par le sang ou les liquides maternels, puis on faisait avec le foie et la rate des frottis sur lames et des coupes microscopiques, sans qu'il ait jamais été possible d'y colorer des B. Les cultures du sang du cœur, du suc hépatique et splénique, de parcelles de foie et de rate donnèrent également d'une manière constante des résultats négatifs.
Enfin la presque totalité du foie et de la rate additionnée du sang du cœur du fœtus fut broyée dans un mortier avec un peu de bouillon, et le liquide ainsi obtenu injecté dans le péritoine de cobayes ; ces cobayes conservés pendant plus de six mois dans des cages & part, demeurèrent tous bien portants ; sacrifiés au bout de ce temps, aucun d'eux ne présenta de trace de lésions tuberculeuses.
Ces expériences ont porté sur 15 femelles pleines qui donnèrent 35 fœtus avec les organes desquels ont été inoculés 35 cobayes.
2" série. — Inoculation intra-pleurale de 1/4 de ce. de culture tuberculeuse. Les animaux mouraient dans un laps de temps sensiblement le môme que ceux qui avaient été inoculés dans la jugulaire (12 à 25 jours) ei présentaient les mômes lésions tuberculeuses généralisées des viscères.
il femelles fournirent 17 fœtus. Mômes recherches que pour ceux de la série 1 . Mêmes résultats constamment négatifs.
3* série. — Inoculation sous-cutanée de cultures tuberculeuses ou de crachats de phtisiques riches en bacilles : toutes les femelles inoculées contractèrent la T. type telle qu'on la connaît depuis les expériences de Villemin.
1 3 fœtus provenant de 9 femelles servirent encore aux mômes expériences que celles qui viennent d'ôtre relatées : toutes également aboutirent à des ré" stUtats négatifs.
Eq résumé, 35 cobayes pleines tuberculisées donnèrent 65 fœtus, dont aucun ne présentait de lésions tuberculeuses à la naissance, dont aucun non plus ne renfermait de bacilles dans le foie ni dans la rate ; la plupart de ces femelles étaient aux prises avec une T. expérimentale grave, amenant la mort avec des lésions généralisées en une quinzaine de jours.
Les remarquables expériences de Sancuez Tolbdo n'ont pas été sans gêner singulièrement les partisans de TH. P. de la T. Si dans des conditions expérimentales aussi favorables que celles où s'est placé Sanchez la transmission placentaire du germe n'a pas eu lieu, comment la comprendre dans les conditions habituelles de la phtisie humaine, où le sang ne renferme que des quantités infimes de bacilles (quand il en renferme)? Aussi les objections n'ont pas été épargnées; Baum- GARTEN (174) en invoque surtout deux.
Premièt^e objection, — Les expériences de de Renzi ont constamment échoué quand l'inoculation de la mère avait eu lieu trop tard après la fécondation ; or Sanchez a inoculé des femelles pleines ; il est donc probable que dans une partie des cas, il ne s'est pas écoulé assez de temps entre l'inoculation et la mise bas pour que la transmission placentaire ait pu se faire (la T. congénitale n'a été obtenue par de Rënzi que dans les cas où il s'était écoulé plus de 34 jours entre l'inoculation et la naissance des petits).
A cela ou peut répondre que les expériences de de Renzi n'inspirent pas une confiance suffisante pour qu'on puisse en tirer des conclusions générales, que du reste l'époque d'apparition de la T. congénitale doit sans doute dépendre surtout du mode d'inoculation, enfin que les notions positives résultant des recherches de M. Matuias Duval ont démontré que la facilité du passage des germes au travers du placenta du cobaye est surtout grande dans la seconde moitié de la gestation : si des cobayes inoculées tout au début de la gestation ou avant la fécondation ne transmettent les B. au fœtus que tardivement (ce qui du reste n'est pas prouvé), cela peut tenir à ce que dans les premiers temps le placenta envoie de formation oppose aux germes une barrière difficile à franchir: mais une fois que cette barrière a sa constitution définitive^ il n'en est plus ainsi, et le passage au fœtus, dans les cas où il a lieu, doit demander fort peu de temps; cela résulte d'ailleurs directement des expériences de Gaertner, qui a obtenu une fois l'infection transplacentaire en moins de quatre jours (lapins), et de celles de Mapfucci qui prétend que les fœtus de lapines tuberculisées par inoculation intra-veineuse peuvent être infectés par le bacille 3 ou 4 heures déjà après l'inoculation maternelle.
La deuxième objection est plus difficile à réfuter : on sait, dit Baum-
6ARTEN, que la T. congénitale n'est que rarement développée à la naissance en lésions macroscopiques ou même microscopiques, que dans la majorité des cas elle ne revêt cet aspect que quelque temps après Taccouchement. Or Sanchez a tué tous les petits immédiatement dès leur naissance ; sans doute il a recherché les B. et a fait des inoculations, mais il ne les a pas recherchés, précisément dans les organes (ganglions lymphatiques du fœtus) où la T. congénitale se localise le plus souvent. Cette affirmation de Baumgarten est loin d'être l'expression complète de la vérité; que la T. héréditaire puisse être localisée aux ganglions, on ne peut le nier; mais que ce soit son siège de prédilection, c'est une autre affaire, et on a vu que les faits connus de T. fœtale ne sont guère favorables à cette manière de voir ; il semble au contraire que le foie est un des organes le plus souvent touchés. Quoi qu'il en soit, les expériences de Sancuez Toledo auraient une portée plus grande si dans chaque cas la totalité du fœtus avait été inoculée à des cobayes; si en effet les résultats négatifs de Sanchez éliminent complètement l'idée d'une bacillose étendue des fœtus qu'il a recueillis, ils laissent persister la possibilité d'une infection tuberculeuse localisée dans ces fœtus en dehors du foie et de la rate.
On a cherché à expliquer les résultats de Sanchez par ce fait que, les femelles ayant été inoculées après la conception^ le germe avait reçu en quelque sorte l'impression de l'hérédité, de sorte que les fœtus avaient été formés à l'origine de cellules normales offrant toutes conditions de résistance désirable contre l'infection. Cet argument n'a qu'une valeur infîme : autant il serait de mise appliqué à l'espèce humaine chez qui la réaction de l'organisme aune tendance marquée à entraver le développement des B., autant il est déplacé quand on a affaire à des cobayes, dont le pouvoir de résistance contre la tuberculisation est presque nul. D'ailleurs, en fait, Gaertner a obtenu des résultats positifs en inoculant lui aussi des femelles pleines.
Une dernière objection peut être faite à Sanchez Toledo : c'est qu'il a opéré, dans la plupart de ses expériences, avec de la T, aviaire{i); or l'évolution de la T. n'étant pas absolument la même chez le cobaye suivant qu'on se sert de la T. des mammifères ou de la T. aviaire, les résultats obtenus avec un des B. ne sont peut-être pas tout à fait applicables à l'autre.
Cas de Vignal ^1891] (113). — Vignal a inoculé à des cobayes des fragments d'organes de 11 enfants mort-nés ou n'ayant vécu que quel-
(1) Ayant la publication du mémoire de Koch (1890), établisaaDt la distinctioD entre les deux B., on confondait la T. humaine et la T. aviaire, et les culturel employées couramment dans les laboratoires de Paris étaient des cultures de T. aviaire.
des T. profondes et aouttuses. Tel était, en 1892, l'avis de M. Arloing.
Les persévérantes et remarquables recherches de M. Nocard ont relevé la tuberculine du discrédit oii elle était tombée ; elles ont établi sans conteste que cette substance détermine une réaction générale spécifique parfaitement utilisable pour le diagnostic des T. cachées ; elles ont démontré qu'elle est un moyen incomparable pour déceler les lésions tuberculeuses les plus minimes. Sans doute on voit des bovidés profondément phtisiques ne pas réagir sous son influence, mais dans ces cas le défaut de la réaction est sans inconvénient pratique, puisque les signes cliniques suffisent à affirmer le diagnostic; sans doute aussi on peut trouver chez des animaux n'ayant pas réagi, de petits nodules calcifiés relevant de la T. ; cela encore importe peu, ces vieux foyers ayant très probablement perdu toute virulence; à part ces quelques exceptions, la tuberculine décèle avec une merveilleuse précision les T. des bovidés, quel que soit leur siège, quelle que soit leur forme.
Bang (de Copenhague) est arrivé de son côté à des conclusions semblables à celles de M. Nocard ; d'après Tétude de près de 20 000 injections faites en Danemark, il déclare que la tuberculine convenablement employée permet de faire un diagnostic précis de la T. dans plus de 96 p. 100 des cas.
Aussi la tuberculine est-elle entrée couramment dans la pratique des vétérinaires.
Chez rhomme, il ne peut en être de même ; sans compter que la tuberculine est toujours plus ou moins tenue en suspicion par les médecins à cause de ses méfaits passés, l'application de cette méthode au diafjnoslic de la T. rencontre des difficidtes peut-être insurmontables en raison de r extrême fréquence des petits foyers tuberculeux latents et insignifiants que la majorité des adultes recèlent dans un coin quelconque de leur organisme, notamment dans leurs poumons et dans leur médiastin. Or MM. Nocard et Bang ont montré que Tintensilé de la réaction provoquée par la tuberculine n'est pas en rapport avec l'intensité des lésions ; il semble môme que la réaction soit le plus
« Or, dit M. NocARD (115), dans toutes les exploitations Infectées où j*ai opéré, le même fait s'est reproduit : alors que les adultes étaient frappés dans la proportion de 7, 8 ou 9 sur 10, les jeunes, fils de mères tuberculeuses, échappaient à Tinfection dans la proportion de 8 à 9 sur 10, et quand je parie de jeunes,j'entends des animaux âgés de 6 mois, 1 an, 18 mois; quand il s'agit de bovidés ce n'est déjà plus la première enfance. Dans une grande exploitation du Nord de la France où les animaux passent toute la belle saison au pâturage, alors que 46 adultes sur 57 étaient trouvés tuberculeux, \ 9 veaux ou velles de 4 à 7 moiSt tous issus de mères tuberculeuses, étaient complètement indejnnes (novembre 1892) ; c'est que Tinfection ne se fait bien que dans rétable infectée à la faveur d'une cohabitation intime et prolongée ; le séjour dans le pâturage commun peut être considéré comme pratiquement sans danger ; ce qui est redoutable, c'est l'entassement des animaux dans retable infectée et leur séjour prolongé au contact des malades... iVeu^ mois plus tard, je suis retourné dans le Nord pour voir ce qu'étaient devenus depuis ce temps les jeunes animaux, fils de mères tuberculeuses, que j'avais reconnus sains en novembre 1892. Eh bien, tous ces animaux sans exception ont subi victorieusement Vépreuve de la tuberculine, cette démonstration éclatante a enfin convaincu le propriétaire, jusque-là imbu de la doctrine de T. héréditaire (1).
« Partout où j'ai opéré, j'ai pu rassurer les propriétaires sur l'avenir de leur élevage en leur affirmant que les jeunes déclarés sains par la tuberculine resteraient sains, à la seule condition de les tenir éloignés de leurs mères tuberculeuses et de tout autre animal infecté; partout ces prévisions se sont réalisées; nulle part on ne m*a signalé de nouveaux cas de T. parmi les sujets reconnus sains 6 mois, 1 an, 18 mois auparavant. »
Ces expériences sont absolument démonstratives ; il est évident, comme le fait observer M. Nocard, que si des bovidés âgés de un à deux ans sont reconnus indemnes par la tuberculine, on peut les considérer comme définitivement à Tabri de l'évolution tardive du germe tuberculeux que leur mère aurait pu leur transmettre héréditairement. La seule objection qu'on puisse opposer à M. Nocard, c'est que les vaches reconnues tuberculeuses par la tuberculine avaient (une partie d'entre elles au moins) des lésions minimes^ peu aptes à entraîner une contamination du fœtus : le résultat eût été plus probant si on avait opéré sur un lot de vaches cliniquement tuberculeuses dont tous les rejetons auraient été tuberculinisés.
Bang a communiqué à la Société des Vétérinaires danois y dans la séance du 29 juin 1894 (66), le récit d'une longue expérience
(1) En août 1894, l'épreuve a été renouvelée encore une fois par M. Nocard : pas un des veaux nés de mères tuberculeuses et pour la plupart de pères tuberculeux, mais conservés isolés des malades, pas un ne manifesta la moindre réaction : pat UD n'était devenu tuberculeux. Quelle influence a eue sur eux rbérédité maternelle?
qu'il a poursuivie à Taide de la tuberculine dans une exploitation agricole profondément infectée de T. ; il a obtenu des résultats semblables à ceux de M. Nocard.
Au mois de mai 1892, un troupeau de Thurebylille, composé de 208 têtes de bétail, est tuberculinisé ; quoique à première vue les animaux eussent une apparence saine, cependant 80 p. 100 des vacties laitières réagirent, environ 40 p. iOO des taureaux et 40 p. 100 des génisses et des veaux.
Après l'épreuve, Tétable fut désinfectée à fond et divisée en deux parties par une forte cloison de bois, de manière à isoler les animaux sains des animaux ayant présenté la réaction ; un personnel spécial fut affecté aux deux divisions, mais la séparation n'était pas aussi complète que si on avait pu disposer de deux étables à dis lance Tune de l'autre.
On décida qu'on essayerait (ïéUver les veaux provenant des vaches qui avaient réagi aussi bien que ceux provenant des vaches saines ; en même temps, pour découvrir si quelques veaux étaient nés avec la tuberculose, ils furent tous injectés dans leur jeune âge; l'injection eut lieu en hiver, dans un intervalle de 4 à 6 semaines : durant la période qui s'écoula avant cette première épreuve, chaque veau était tenu isolé dans une petite stalle. Bien entendu les veaux étaient nourris avec du lait bouilli.
Deux fois par an, on tubei*culinisail toute la partie saine du troupeau, afin de pouvoir, aussi vite que possible, éloigner les animaux, qui, malgré toutes les précautions, auraient été contaminés.
Pendant deux ans, on travailla d'après ce système et voici les résultats obtenus pour les veaux :
Aucun des sujets nés dans F exploitation après le commencement de V expérience et dont les mères appartenaient pour la plupart à la section malade, n*a montré la réaction fébrile pendant ces deux années.
L'expérience de Bang a une portée doctrinale considérable : elle permet de saisir, sur le fait le mécanisme de Tinfection des enfants de tuberculeux; voilà, en effet, un troupeau où la grande majorité des animaux étaient bacillisés : 40 p. 100 des veaux provenant de cet élevage réagissaient à la tuberculine.
On prend des précautions minutieuses pour éviter toute contagion par la voie digestive comme par la voie atmosphérique ; à partir de ce moment tous les veaux sont trouvés indemnes de 7*., non seulement à la naissance, mais alors même qu'ils sont élevés pen^ dont deux ans dans V exploitation. Et pourtant, la plupart de ces veaux étaient nés de vaches ayant réagi et de taureaux dont beaucoup avaient aussi réagi.
J*ai eu occasion de tuberculiniser, sur le conseil de mon cher maître M. Hutinel, Tenfant d'une femme atteinte de granulie vers la fin de la grossesse, en voici l'observation :
constitue un foyer tuberculeux petit ou grand, facilement accessible ou profondément caché, en tous cas possible à découvrir par une autopsie suffisamment minutieuse.
11 y a donc grand intérêt à pouvoir examiner les cadavres de descendants de tuberculeux après une survie plus ou moins grande, à condition toutefois que toute chance d'infection extra-utérine ait été écartée. Or cet examen a été fait maintes fois avec résultats négatifs.
Cas de Galtier (1888) (110). — Le 13 février une lapine, est inoculée par injection intra-veineuse avec la matière tuberculeuse d'un cobaye. Elle fait S petits le 9 mars, soit 24 jours après, et les élève : elle meurt le 27 mai de T. généralisée, tandis que ses petits, tués le 23, le 24, le 25 mai et le i«' juillet n'ont présenté aucune trace de la maladie,
Can de Bang (1888) (9). — « J'ai vu plusieurs jeunes lapins nés d'une mère atteinte de T. expérimentale, nourris par elle-même, qui sont restés parfaitement sains. J'ai obtenu le même résultat chez quelques lapins dont les deux parents étaient inoculés avec du lait tuberculeux avant la conception. »
Aux cas de Galtieh et de Bang on pourrait objecter que les animaux n'ont pas été laissés en vie suffisamment longtemps. Le même reproche ne saurait être adressé aux observations suivantes :
Cas de Koch (188i). — Koch a observé un grand nombre de cobayes qui élaient pleines au moment de Tinfection tuberculeuse, jamais elles n'ont mis bas de petits tuberculeux au moment delà naissance; ces petits demeurèrent sains pendant de longs mois.
Cas de Grancheret Strans (1885) (106). — Straus el Grancher ont, en 1884 et 1885, inoculé la T. à plusieurs cobayes femelles, avant ou après la fécondation : ces femelles mirent bas des petits, dont quelques-uns^ morts presque aussitôt f n'avaient ni tub. visibles ni B. dans les tissus ; plus de 20 petits furent sacrifiés et des fragments assez volumineux de leurs viscères (foie, rate, poumons) furent insérés dans le péritoine de cobayes qui restèrent indemnes. Enfin un certain nombre de petits, allaités pendant quelque temps par leurs mères tuberculeuses, demeurèrent en vie et bien portants; sacrifiés au bout de 5 mois, 1 an, 15 et iQ mots, aucun ne présenta de traces de T.
Cas de Jàckh 1895) (169). —1"' cas. Une cobaye inoculée de T. met bas, 53 jours plus tard, 3 petits; elle est sacrifiée 10 jours après; à Tautopsie, T. disséminée discrète (tub. de la rate, un tub. hépatique, un tub. pulmonaire, 3 ganglions caséeux au bile du foie, un noyau caséeux du grand épiploon). — Des 3 petits, l'un est perdu de vue, les deux autres sont tués à 6 mois 1/2; ils sont macroscopiquement et microscopiquement sains ; des morceaux du foie sont inoculés sans succès à des cobayes.
2' cas. Une cobaye met bas 47 jours après une inoculation tuberculeuse;
3° Dans une autre série de faits, les poulets naissent chétifs, cachectiques et finissent par mourir sans présenter de tubercules ni de bacilles dans les organes. Gomme on obtient le môme résultat on injectant dans les œufs des cultures stérilisées de T. aviaire, il faut admettre que les embryons ont détruit les B, virulents inoculés et qu'ils ont subi l'influence cachectisante des R. morts résorbés ;
4<> Les poulets peuvent enfin triompher après la naissance, de Tétat marasmatique déterminé par la dissolution dans leurs humeurs des cadavres bacillaires.
Il faut remarquer que jc^mais Maffucci n'a observé de tub. chez les poulets qui mouraient dans les 1 9 premiers jours après l'éclosion : d'où cette conclusion que les tissus embryonnaires, lorsqu'ils ne détruisent pas les germes, ne les laissent pas se développer immédiatement, ils les conservent viables, et leur développement a lieu plus tard, au cours de la vie du jeune poulet ; on peut môme dire que non seulement les tissus de l'embryon, mais aussi pendant quelques temps ceux des jeunes poulets, s'opposent au développement des germes, puisque chez les poules inoculées dans les veines, on peut trouver au bout de cinq jours des tub. dans le foie, alors que chez les poulets inoculés pendant la couvaison avec la même dose de cultures, les tub. n'existent au plus tôt que 20 jours après l'éclosion.
D'autre part, l'apparition des tub. tardifs n'a eu lieu qu'à la suite d'injection de fortes doses de culture : quand la dose était minime, les tub. n'apparaissaient pas, ce qui montre bien, dit Maffucci, que le sang et les tissus embryonnaires ont, chez le poulet, la force suffisante pour détruire le virus.
En résumé, d'après Maffuccî, l'inoculation du blanc d*uii œuf fécondé avec de la T. aviaire peut être suivie, soit de la mort de Tembryon, soit de la destruction des bacilles par les tissus de Tembryon, celuici résistant ou non à l'influence nocive des bacilles résorbés, soit du développement tardif, plusieurs semaines après leclosion, de tubercules avec bacilles.
Expériences de Baamgarten et Raccnglia (1802) (174). — Le 15 juillet 1890, inoculation de 12 œufs de poule fécondés avec une culture pure de T. aviaire dans la couche la plus externe du blanc.
Une partie des œufs se putréfièrent malgré toutes les précautions minutieuses qui avaient été prises; ces expériences sont fort difficiles à réussir à cause des très grands dangers que présente pour l'œuf une infection surajoutée.
Seuls deux poulets sortirent de l'œuf, bien portants, quoique délicals ; ils furent élevés à l'abri de toute infection tuberculeuse.
1" L'un mourut 5 mois après l'inoculation, donc âgé de 4 mois; T. ancienne étendue du péritoine, T. hépatique à peu près du môme âge, et T. plus récente do la rate et des poumons. La muqueuse intestinale est saine.
2° Le deuxième poulet mourut 15 jours plus tard, à 4 mois 1/2: il avait une T. réceîite du foie et de la rate (rien aux poumons ni à Tmlcstin). Ces tub. ne pouvaient guère avoir plus d'une semaine et ne dataient certainement l)as de l'époque de la naissance.
L'expérience de Baumgarten confirme celles de MafFucci; dans les deux cas s'est trouvée réalisée une T, congénitale sans lésions par conta-
. On peut maintenant se faire une idée du mécanisme suiyant lequel les B. franchissent le placenta chez la femme et chez la vache. Théoriquement, si on admet des lésions placentaires, trois hypothèses sont possibles (1).
/•■• hypothèse : Le placenta est devenu perméable grâce à des lésions anatomiques banales, telles que des foyers hémorragiques détruisant en quelque point la barrière placentaire et permettant ainsi aux microbes de passer par effraction. C'est la théorie de Malvoz.
S"" ht/polhèse : Pour f en que des altérations épithéliales minimes du revêtement cellulaire villeux se soient produites sous une influence quelconque, les B. peuvent arriver aux vaisseaux fœtaux en cheminant au travers des villosités. (Théorie soutenue en 1891, par Birch-Hirschfeld et Schmorl.)
5° hypothèse: Les B. ne triomphent de l'obstacle placentaire qu*à la condition de créer des lésions nécrotiques qui font brèche (NocARD, Schmorl et Kockel).
La première hypothèse n'est plus guère admise ; elle n'a pas été vérifiée dans l'étude de la transmission placentaire des infections les plus diverses, ou du moins les lésions hémorragiques invoquées par Malvoz ont toujours paru fort rares ; en ce qui concerne spécialement la T. elle ne s'appuie sur aucun fait.
La 2** hypothèse est basée sur l'étude de la bacillose placentaire dans le cas de Birch-Hirschfeld et Schmorl ; or cette étude était incomplète ; non seulement un foyer jaunâtre riche en B. n'avait pas été étudie histologiqucment, mais, de plus, des recherches poursuivies après la publication de leur travail leur ont permis de trouver dans le placenta des foyers tuberculeux qui avaient échappé au premier examen (129).
La 3* hypothèse enfin est fondée sur les 1 4 observations énumérées tout à l'heure; je rappelle que deux d'entre elles concernent des cas de T. placentaire très avancée d'après le simple examen macroscopique et que toutes les autres donnent la des-
(1) Il y aurait encore la possibilité d'une infection fœtale par voie lymphatique, hypothèse qu'il ent imposai ble de discuter, les lymphatiques placentaires n'ayant pas été étudiés (Schmorl et Kockel).
Tétude du placenta des lapins et des cobayes; MAFFUccr, Ausset, ont trouvé le placenta normal dans des cas où le fœtus élait bacillisé; mais cela ne veut pas dire le moins du monde qu'il en soit de même chez Thomme.
Si au contraire, chez les ruminants, à structure placentaire compliquée, on démontrait l'intégrité histologique d'un placenta perméable pour les B., la question du passage sans lésions, chez Thomme, aurait fait un grand pas.
Dans les cas de T. congénitale chez les bovidés et chez l'homme le placenta a été examiné 17 fois ! 8 fois existaient des lésions tuberculeuses avérées ; 1 fois seulement (cas de Sarwey), on a fait la recherche microscopique de la T. sans rien trouver; mais étant donnée la difficulté évidente de cette étude (1), difficulté telle que Birch-Hirschfeld et Schmorl, à l'époque de la publication de leur mémoire, avaient méconnu des petits foyers tuberculeux qu'ils découvrirent ultérieurement, on ne peut attacher une importance décisive au résultat négatif de Sarwey. Dans les 8 autres cas, le placenta macroscopiquement élait normal : cela ne prouve absolument rien contre satubercnlisation possible, car les tub. peuvent facilement échapper à l'œil nu s'ils sont de dimensions minimes. D'ailleurs 3 de ces placentas en apparence sains, ont été inoculés au cobaye, et dans les 3 cas (2)
(1) « Il est à penser que l'altération tuberculeuse du placenta est bien plus fréquente qu'on ne croit jusqu'ici; dans les cas où l'on dit n'avoir trouvé aucune lésion du placenta, peut-on être effectivement certain qu'il n'y avait pa^ de lésion? Je suis sûr que pour le placenta que j'ai étudié, si je n'avais entrepris une étude minutieuse, beaucoup des altérations que j'ai cousignéos auraient certainement échappé. Bien des fois un amas insolite de cellules trouvé dans une préparation m'a servi de guide pour la recherche d'un tub. vrai, que je trouvais bien plus haut ou plus bas dans la série des préparations. Ainsi il est à penser qu'en débitant avec soin le placenta des animaux tuberculeux, ou le trouverait altéré par la T. bien plus souvent; de petites lésions peuvent échapper facilement À un examen superficiel, et échappent certainement si l'on ne pratique des coupes en séries et si on n'étudie les préparatio is une par une avec beaucoup de soin, ce qui n'est pas toujours agréable. 8i cela est vrai pour le placenta des animaux, les difficultés se multiplient pour le placenta humain, celui-ci étant un organe beaucoup plus volumineux, au point qu'il est à peu près impossible d'étudier les altérations sur des coupes en séries ponant sur tout l'organe (Calabress) (127). »
(2) l«r cas (Lamdouzy et Martin). Mère atteinte de phtisie pulmonaire et laryngée avec poussée aiguë, on inocule un peu du sang du cœur du fœtus et un petit fragment de placenta, le cobaye inoculé avec le placenta meurt tuberculeux au bout de 40 jours, l'autre cobaye succombe le 65'^ jour également de T.
2* cas (Avihaonbt). La mère était morte de T. généralisée.
3* cas (LoNoB). Mère morte de phtisie pulmonaire et intestinale avec granula-
fœtale ; donc les germes n'avaient passé qu'en proportion infinitésimale.
Du reste, dans toutes les observations de T. placentaire étudiée au microscope, les altérations étaient très marquées dans le placenta maternel (1), très minimes dans le placenta fœtal, et le fœtus infecté avait une bacillose beaucoup moindre qu'on n'aurait pu s'y attendre d'après l'intensité de l'infection sanguine maternelle et d'après l'état avancé des lésions placentaires.
Un point intéressant serait de savoir dans quelle forme de T. maternelle se réalise de préférence la T. placentaire : les 13 obs. de placentas tuberculeux chez la vache et chez la femme ont été recueillies dans des cas très différents : T. cliniquement localisée à l'appareil génital interne (1 fois), phtisie pulmonaire avec endomélrite caséeuse (3 fois), phtisie très avancée sans généralisation (2 fois), T. miliaire diffuse (6 fois), vache vivante à lésions inconnues (1 fois). Les deux conditions essentielles de la T. placentaire semblent être d'après cela la granulle ou la 7. génitale. Mais en acceptant l'opinion que toute T. congénitale a été précédée d'une lésion placentaire spécifique, on arrive aux conclusions suivantes :
\*^ La transmission intra-utérine de la T, peut se réaliser par formation de tub. placentaires chez une femme atteinte d'une T. localisée peu grave. Théoriquement on conçoit fort bien cette possibilité, puisque révolution de la T. nousmontre journellement des foyers bacillaires isolés donner naissance à une autre T. locale sans qu'il se produise d'infection sanguine permanente; seulement, en raison de l'inaptitude du placenta à cultiver le B., la localisation sur cet organe doit être dans ces conditions excessivement rare : elle existait probablement dans les cas de Sabouraud, âusset, Henre, Sabrazes, Siegen.
2® La T. placentaire a plus de chances de survenir quand la muqueuse utérine est le siège de lésions tuberculeuses. Dans la plupart des obs. de ce genre, l'endométrite spécifique coexistait avec une T. i
pulmonaire grave ; il peut se faire aussi que la salpingo-ovarite 1
(t) A Texception du cas de BiRCH-HmsciiKELD et Schmorl. j