PES
Foi
de la maladie du père sur l'infection des rejetons, la prédisposition à la pébrine des œufs non infectés provenant de papillons corpusculeux, la nécessité pour entrainer l'infection ovulaire d'une infection maternelle intense et précoce. |
Ces résultats si intéressants ne peuvent évidemment pas être appliqués èpso facto à la T., et notamment pour ce qui concerne l'hérédité ovulaire, il serait peut-être aventureux de conclure de l'œuf centrolécithe des arthropodes à l'œuf presque alécithe des mammifères, leur résistance et leur vitalité étant sans doute très
différentes.
Mais nous possédons un deuxième (1) exemple d’hérédité germinative d’une maladie infectieuse, et, celui-là, dans l'espèce humaine : il est fourni par la syphilis.
La question est ici plus complexe; comme toute notion fait défaut sur les formes biologiques que pourrait bien revêtir le virus, et que l'animal est réfractaire à la vérole, on ne peut ruisonner que sur les documents certains amassés par l'observation clinique et qui sont les suivants : Dinay (339) et Fournier (340).
I. — Une mère syphilitique, n'ayant jamais été fécondée par un homme vérolé, peut avoir d'un mari sain un enfant syphilitique ; les faits de ce genre observés par M. Fournier éliminent complètement l'influence paternelle, car on ne peut invoquer ici le résultat de l'imprégnation, c’est-à-dire de cette influence mystérieuse par laquelle une femme fécondée par un premier mari et restée saine pourrait transmettre la syphilis aux enfants d’un second lit. Ces observations peuvent être interprétées dans le sens de l’hérédité ovulaire, mais pas forcément; la femme, étant syphilitique avant la conception, a pu transmettre la maladie soit à l’origine dès le stade ovulaire, soit exclusivement par contagion in utero.
II. — Un père syphilitique peut engendrer des enfants syphilitiques,
(1) Srraus et CaawserLanD (320) en étudiant en 1883 la transmission héréditaire du choléra dés poules, ont bien vu que chez les poules inoculées les ovisacs se montraient remplis de microbes, mais ils n'ont pas recherché si chez Jes poules pondeuses les œufs, engagés dans l'oviducte et entourés d’albumine, étaient également envahis; ils ont démontré l'infection ovulaire sans résoudre la question de savoir si l'œuf infecté est capable de développement.
Quant aux expériences de Marrucor (120) et de BAUMGARTEN (25) sur l’inoculation de cultures fubereuleuses dans des œufs de poule, elles ne réalisent pas le moins du monde une inoculation ovulaire; les germes ont été déposés dans le blanc et sont venus secondairement contagionner un embrvon provenant d'un ovule sain.
la mère du nouveau-né n'ayant aucun symplôme de vérole ni avant, ni pendant, ni après la grossesse. Le fait est solidement établi : aux observations de Dipay il n’est pas possible d’objecter que des symptômes de syphilis ont passé inaperçus ; c’est la démonstration formelle et irréfutable de l’hérédité paternelle; le mécanisme de cette hérédité serait évidemment l'infection ovulaire parle spermatozoïde, si le problème n'était pas compliqué par la loi de Colles.
III. — Loi de Colles. — Une femme restée absolument saine apparemment en devenant mère d'un enfant qui a recu héréditairement la syphilis de son père n'a rien à redouter de cet enfant comme contamination syphilitique : elle est vaccinée contre la syphilis ; ce qui ne peut être interprété que d’une manière: c’est qu’elle est elle-même en puissance de vérole, mais d’une vérole muette, sans symptômes.
IV. — Avant de voir quelle explication peut être donnée de la loi de Colles, il faut observer que celle-ci est l'expression de phénomènes fort semblables par leur nature, sinon par leur modalité clinique, à ceux qu'on a désignés sous le nom de syphilis conceptionnelle et qui consistent en ceci: une femme saine fécondée par un mari vérolé, puis donnant le jour à un enfant syphilitique, ou avortant d'un fœtus syphilitique, peut offrir au cours de sa grossesse des manifestattons de vérole débutant par les symptômes de la période secondaire. 11 est impossible, dans ce cas, d’invoquer une contagion extérieure concomitante, car on ne découvre ni à la vulve ni ailleurs d’accident primitif; d’autre part, ces faits ont été vus chez des femmes pour lesquelles la syphilis héréditaire n’était certainement pas en cause.
Tous les auteurs compétents admettent que la syphilis conceptionnelle est une syphilis toute spéciale, éfiologiquement liée à l'acte générateur.
Peut-on supposer une contamination utérine ou tubaire, se réalisant par le procédé habituel sous l'influence du sperme fécondant? Mais l'hypothèse d’un accident primitif de l’appareil génital interne pour expliquer la syphilis conceptionnelle est insoutenable, de l’avis unanime, et d’ailleurs c’est un fait acquis (FourNIER) que le sperme des syphilitiques est incapable de transmettre la syphilis par inoculation ; non seulement les quelques expériences tentées à ce point de vue (!)ont été négatives, non seulement aucun exemple n’est connu de contamination d’une femme par le sperme, mais un enfant peut avoir reçu la vérole d’un père n'ayant pas d'accident contagieux au moment du coït fécondant, et la mère présenter du même coup une syphilis conceptionnelle.
Considérées en elles-mêmes, syphilis conceptionnelle et vaccination syphilitique suivant la loi de Colles sont deux expressions différentes
d’un même acte morbide, dans l’un et l’autre cas « la syphilis transmise à l’enfant par le père a plus ou moins touché la mère ; tantôt la mère à contracté ce que j'appelle une syphilis à plein tarif, manifestée par les symptômes classiques de la période secondaire; tantôt elle a gagné seulement l’inaptitude à contracter la syphilis ». (Dipay.) De ces faits deux explications sont possibles.
1° L'enfant recevant la syphilis par le père a secondairement infecté la mère au cours de la vie intra-utérine.
2° La syphilis transmise à l’enfant par le père a d’abord passé par la mère, mais sous une forme toute spéciale. « Les spermatozoïdes provenant d’un homme sous le coup d’une syphilis à l’état transmissible peuvent bien, grâce à leur contact avec la membrane muqueuse de la trompe, faire absorber par elle leur principe contagieux en vertu d’un procédé vital dont ni le mécanisme intime, ni les effets locaux neressemblent à ceux de la contagion vulgaire par effraction du tégument. » (Drpay.)
Si la première explication est la vraie, on à dans la syphilis un exemple probant de développement possible d’un embryon infecté dès la conception.
Si la deuxième explication doit être admise, si réellement, comme le fait supposer Dipay, le principe infectant n’a d’action possible sur l'enfant qu'à la condition d’avoir passé par l’organisme maternel, l’hérédité ovulaire cesse d’être démontrable pour la syphilis; l’hérédité syphilique serait dans tous les cas une contagion par les voies de l'absorp-
tion vasculaire (Dinay). Un argument en faveur de cette dernière manière de voir, c’est que la syphilis conceptionnelle a été observée de très bonne heure, dans un cas, vers le trentième jour de la grossesse : il ne saurait donc être question ici, semble-t-il, d’une contagion transmise du fœtus à la mère par la voie placentaire, ce qui conduit à admettre une infection maternelle par le spermatozoïde fécondant.
Ilest vrai que le fonctionnement placentaire n’est bien constitué qu'à la fin du troisième mois : mais avant ce terme l’œuf des mammifères n’en reçoit pas moins ses matériaux nutritifs des vaisseaux maternels si remarquablement développés dans la muqueuse utérine qui bourgeonne autour de l’ovule. Tant que la nutrition fœtale se fait par absorption au travers des membranes embryonnaires et aux dépens
des réserves, qui dès le début du développement se sont accumulées dans la vésicule ombilicale, le passage des microbes du sang de la mère au fœtus est probablement impossible; mais dès le trentième
” jour l’allantoide se développe et envoie des prolongements vasculaires
. dans toutes les villosités choriales ; les deux sangs maternel et fœtal
-resteront jusqu’à la fin du troisième mois largement séparés l’un de
Kuss. 2