‹ De L'Hérédité Parasitaire De La Tuberculose HumaineChapitre 13 sur 113 · HP · texte numérisé non relu

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l’autre; pourtant certains échanges sont possibles et deviennent de plus en plus faciles au fur et à mesure que la barrière diminue d'épaisseur. Fort vraisemblablement les diverses bactéries pathogènes connues ne peuvent franchir le placenta qu’à partir de ce moment ; mais qui nous dit que le virus syphilitique dont nous ignorons totalement la nature ne passe pas plus tôt? À priori cela n’est pas invraisemblable.

Du reste la plupart des syphilis conceptionnelles se manifestent (Dinay) dans le troisième mois; c’est précisément l’époque où dans le placenta les deux circulations fœtale et maternelle arrivent à devenir très voisines l’une de l’autre.

D'autre part il faut reconnaître que l’hypothèse de l'infection primilivement ovulaire, secondairement maternelle, est la seule qui soit possible à comprendre :

1° Que l’ovule soit infectable par un sperme qui ne peut transmettre la syphilis par inoculation cela ne saurait étonner. « En matière de syphilis, dit M. Fournier, fécondation et inoculation sont choses qui ne se ressemblent en rien. » En effet les conditions d’une imprégnation génératrice sont tout autres que celles d’une inoculation à un organisme déjà formé. 2° En second lieu, l’absence de lésion primitive est forcée si la syphilis se transmet par les échanges vasculaires, puisque le virus pénètre alors directement dans le sang maternel. 3° Enfin, on comprend pourquoi peut survenir dans un Cas une syphilis avec symptômes, dans l’autre cas une simple vaccination spécifique : la syphilis conceptionnelle serait due (FouRNIER) à la transmission placentaire d’une quantité notable de virus, la vaccination, au passage d’un nombre infime de germes (ou peut-être au passage des seuls produits solubles).

D'ailleurs, ces deux formes de syphilisation semblent également réalisées dans le cas d’un enfant mis au monde par une mère contaminée au cours de la grossesse: ici la contagion transplacentaire seule peut se produire de la mère au fœtus : tantôl l’enfant porte des lésions syphilitiques, tantôt il est indemne : n'est-il pas vacciné ? « On a avancé, et ceci est au moins vraisemblable, qu’un tel enfant ne recevra pas l'infection de sa mère qui l’allaite, quelque susceptible que cette femme soit de transmettre son mal par contact à d’autres personnes » (Dray).

En résumé, la transmission de la vérole par une infection primitivement ovularre d'origine paternelle est infiniment probable; bien entendu, si cette infection est possible par un spermatozoïde, a

“fortiori, est-elle réalisable dans l'ovisac, par le virus maternel. Ces faits ne permettent de conclure ni pour ni contre l’héré-

dité parasitaire de fécondation dans la T. ; ils prouvent simplement que, a priori, on n’a pas de raison valable pour la déclarer impossible. On verra plus loin les arguments qui permettent, de par l'étude de la T. congénitale, de la regarder comme peu vraisemblable ou en tous cas peu fréquente.

Du reste on est en droit à l'heure actuelle de mettre les défenseurs de l’hérédité ovulaire en demeure de donner de leur hypothèse une démonstration expérimentale. Un savant anglais, Water Heape (1), a réussi en effet à faire développer dans l'utérus d'une lapine des œufs fécondés empruntés à une autre lapine : si donc l’hérédité conceptionnelle d’origine ovulaire ou d’origine spermatique existe, il doit être possible de la mettre en évidence, puisqu'on est en mesure d'éliminer complètement la cause d'erreur créée jusqu'alors par la contagion placentaire. Les partisans de la théorie de Baumgarten ne sauraient reculer devant l’occasion qui leur est offerte de vérifier leur hypothèse.

(1) Voici quelques indications rapides sur les remarquables expériences de Wazrer HeaAPe (338) :

1° Expérience de 1890. Deux ovules fécondés ont été recueillis chez une lapine angora fécondée trente-deux heures auparavant par un lapin angora, et ils ont été introduits dans la trompe de Fallope d’une lapine belge, fécondée trois heures auparavant par un mâle de la même race. La lapine belge a mis bas six petits, dont quatre étaient des lapins belges et deux des angoras : tous les petits étaient de race pure.

20 Expérience de 1897. Après avoir échoué à plusieurs reprises, Walter Heape a réussi une seconde fois, en 1897, à obtenir d’une lapine des petits conçus par une autre lapine: une lapine danoise est couverte par un mâle danois, vingtquatre ou trente heures plus tard, une lapine belge est couverte par un mâle.de même race ; la lapine danoise est tuée et les œufs fécondés trouvés dans sa trompe de Fallope transportés dans la trompe de Fallope de l’autre lapine : celle-ci met au monde sept petits, dont cinq lapins belges et deux lapins danois.

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