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en avait jusqu’à 3 à 5 dansles préparations successives). Le cobaye injecté avec ce sperme fut atteint de T. généralisée bacillaire.
Mais, comme le fait observer M. Rxczus (264), « le tuberculeux génital ne songe guère au coît, il est bientôt peu dangereux, et comme le canal déférent et l’épididyme sont obstrués, la voie d’excrétion n’est pas libre du côté affecté ». De plus la T. génitale de l'homme n est pas extrêmement fréquente et, bien qu’elle soitindolente, son possesseur finit tôt ou tard par s’en apercevoir. Il ne semble donc pas que de ce fait la crainte d’une H. P. de la T. puisse être sérieuse.
La question de la virulence du sperme a, au contraire, un intérêt trèsgrand en ce qui concerne les phlüisiques sans lésions génitales. Ces malades sont capables d'accomplir efficacement l’acte sexuel jusqu’à une période avancée de leur affection : phéisicr salaces, disaient les anciens, et GAERTNER a vu que les cobayes tuberculeux peuvent fournir des quantités notables de sperme
jusqu’à la veille ou l’avant-veille de leur mort. LE SPERME DES TUBERCULEUX SANS LÉSIONS GÉNI- TALES EST-IL VIRULENT?
Garrrer et Marrucar ont étudié la question expérimentalement.
[. — Pour se procurer du sperme d’animaux tuberculeux, en évitant aussi rigoureusement que possible une contamination bacillaire du liquide séminal, GAERTNER provoquait une éjaculation par friclions du pénis chez des cobayes qu'on avait le soin de laver au préalable, puis de plonger dans de l'eau bouillie à la température de 40-42° ; afin d’obtenir la plus grande quantité possible de sperme, Gaertner choisissait des mâles qu'on avait éprouvés à l’avance comme ayant des éjaculations copieuses; le sperme élail recueilli tous les 3 ou 4 jours et immédiatement injecté dans le péritoine d’un cobaye. Huit cobayes furent tuberculisés par la voie trachéale : ces huit mâles fournirent 32 éjaculations, dont chacune fut inoculée à un cobaye ; cinq fois, l'animal devint tuberculeux ; le sperme avait été obtenu 7, 13, 20, 25, 32 jours après l’inoculation trachéale de cinq animaux différents : les cobayes d'épreuve qui
«réagirent, eurent une survie prolongée (plusieurs mois et même un an); donc les B. étaient peu nombreux dans le liquide injecté.
Ainsi l’inoculation parla voie trachéale a déterminé l'infection du sperme dans le 1/6 des cas, tandis que la proportion s'élevait: «à 1/2 par inoculation testiculaire. Si maintenant on considère, : non plus le nombre des éjaculations renfermant des B., mais le nombre des animaux à sperme bacillifère, on voit que proportion de ceux-ci est presque la même dans les deux cas (5/8 et 5/9).:
Nos.
IT. Recherches de Maffucci (1894) (30). — Maffucci a recherché les B. dans le sperme d'animaux (lapins) tuberculisés par l'inoculation intra-veineuse de fortes doses de T. humaine ; il ne donne pas le détail des expériences qu'il a faites et se contente d'indiquer, d’une manière assez confuse du reste, les conclusions auxquelles il est arrivé : en voici les points essentiels :
1° Les B. qui circulent dans le sang peuvent parvenir au sperme sans qu ul existe d'altération du testicule ou des parois des vésicules séminales.
2° 11 y a tout lieu de penser qu'ils sont fournis au sperme, non par les testicules, mais par la muqueuse des vésicules séminales, car, d’une part, en tuant les animaux 4 et 9 jours après l’inoculation, on trouve des B. dans le sperme des vésicules, mais non dans les canalicules séminifères, et d'autre part, en liant le cordon spermatique avant l’inoculation, on obtient, même au bout de deux mois, un sperme dépourvu de B. : autrement dit, si on empêche le sperme de passer par les vésicules, il ne s’infecte pas.
Ces expériences de Gagrrxer et de Marrucar ne tranchent nullement la difficulté; elles ont porté sur des animaux inoculés d'une manière très sévère, présentant peut-être des lésions génitales, se trouvant en tous cas dans les mêmes conditions qu'un malade atteint de T. miliaire aiquë : or c’est la virulence du sperme des phtisiques vulgaires qu'il nous importerait de connaître.
S'il faut en croire Fiore Sraxo, la virulence serait la règle.
Fiore Spano a étudié le sperme de trois séries de sujets :
4° D'un coxalgique mort sans lésions pulmonaires ni génitales : le sperme recueilli dans les vésicules séminales fut inoculé sans succès au cobaye.
2 D'un homme atteint d’une fumeur blanche ; 3 ce. de liquide d'une pollution nocturne donnèrent également un résultat négatif par la voie expérimentale.
- 3° De sixphtisiques de 25 à 41 ans, morts de leur T. ; le sperme était pris dans les vésicules séminales « avec des soins méticuleux » : l'appareil génital examiné au microscope avait dans
mir,
tous les cas été reconnu sain : cinq fois sur six !! le liquide séminal fut trouvé bacillisé, une fois parle simple examen microscopique, trois fois par les cultures et par les inoculations, une fois par les inoculations et les colorations. Non seulement le sperme était virulent, mais il devait l’être à wn degré extrême, puisque trois fois (dans la moitié des cas!!) on réussit à colorer des B., et que, dans une inoculation, le cobaye avait dès le treizième jour des ganglions inguinaux caséeux avec B.
Ces résultats étonnants, contraires à ceux de tous les autres expérimentateurs, sont bien suspects : il est probable qu'une cause d'erreur quelconque a échappé à Fiore Spano : observons du reste que bien qu'il prétende « pouvoir éliminer en toute sûreté même une T. génitale commencçante », il semble s'être contenté d'examiner histologiquement les testicules et non l'épididyme, ni la prostate, ni les vésicules séminales.
AGuer (161) et Dervicce (263) n’ont pas réussi à colorer des B. dans le sperme des vésicules séminales de six phtisiques morts sans lésions de l'appareil sexuel. La quantité de sperme examiné dans chaque cas a été trop infime pour qu'une conclusion ferme soit possible; néanmoins ces recherches sont utiles à signaler, ne serait-ce que pour mieux juger celles de Fiore Spano.
Même observation pour les expériences de Rourrr (162) qui inocule dans la chambre antérieure de lapins ou de chevreaux (!) du sperme puisé asepliquement dans la vésicule séminale de dix phtisiques à l’aide d’une anse métallique ; la quantité de sperme recueilli a donc été bien faible! Les dix inoculations échouèrent (2 chevreaux.et 8 lapins conservés six semaines).
Wesrermayer (1893) (167) a cherché par de nombreuses colorations sur coupes, et par l’inoculation à des lapins conservés de 6 à 8 semaines de quantités notables (plusieurs grammes) de substance testiculaire, les testicules de 14 individus morts de phühsie chronique avancée. Les résultats ont été constamment négatifs.
Wazruer (1890 (168) (1) a étudié les organes génitaux de
(1) Les recherches de Waurner faites en 1890 n’ont été publiées qu’en 1894.
no
12 phtisiques : dans 3 cas, il s’est borné à examiner les coupes au microscope : dans les 9 autres cas, il a de plus inoculé au cobaye dans le péritoine, après laparotomie, des fragments testiculaires. — Tous les animaux sont restés indemnes. — D'autre part, il n'a pas pu découvrir un seul B. sur 161 préparations de testicules, 48 préparations d'épididymes et 63 préparations de prostates.
DosrokLowskr (1895) (170 bis) sur 24 cadavres de tuberculeux sans T. génitale, n’a pas constaté davantage la présence de l'agent infectieux dans le liquide séminal; pas une seule fois, il n’a trouvé de B. ni dans le sperme, ni dans les préparations de testicules, d'épididymes, ou de vésicules séminales. « Je suis done amené à conclure, dit-il, que seul le sperme des tuberculeux ayant un noyau de T. dans l’appareil génital renferme l'agent infectieux. »
AzsrecuT (1898) (170) eut l’occasion de recueillir le sperme des testicules de deux taureaux sacrifiés à l’abattoir de Munich et trouvés atteints du T. pulmonaire extrêmement avancée : au microscope il ne renfermait aucun B. et les cobayes inoculés demeurèrent parfaitement sains (chaque sperme avait été injecté dans le péritoine de quatre cobayes et de deux lapins).
Jazcku (1895) (169) a inoculé à des cobayes le contenu des. vésicules séminales et la substance testiculaire de cinq tuberculeux : trois fois il eut des résultats positifs : examinons-les de plus près :
4° Les deux cas négatifs concernent un phtisique pulmonaire avec T. miliaire généralisée (sic), et un homme ayant de la T. du cerveau, des capsules surrénales, des ganglions lymphatiques. 6
20 Un cas posilif a trait à un individu atteint de phtisie pulmonaire, de T. intestinale, et de T. miliaire des reins et du foie : le testicule et le sperme tuberculisèrent les cobayes, mais non les lapins simultanément inoculés.
30 Un cas positif fut obtenu chez un homme porteur d’un mal de Pott : les poumons élaient sains; il y avait un abcès par congestion : le sperme se montra virulent, le testicule pas. Le |
4° Le dernier cas positif concerne un phiisique mort avec une T. miliaire péritonéale, et avec des tubercules dans le foie, les reins, les uretères, la vessie, la prostate ; au microscope les parois des vésicules séminales parurent
saines, de même que les testicules. — Deux cobayes inoculés avec le Sperme devinrent tuberculeux. |
On voit que les résultats positifs de Jazcxane démontrent nullement l'infectiosité du sperme d'un phtisique vulgaire sans T. génitale, puisque dans les 3 cas il y avait, soit de la bacillose sanguine ayant peut-être déterminé un petit nodule dans les vésicules, soit un abcès par congestion (l'examen histologique des parois vésiculaires n'ayant pas été fait, leur intégrité ne peut être affirmée), soit de la T. prostatique (un reflux de la sécrétion prostatique dans les vésicules peut expliquer ici l’infectiosité du .Sperme).
En résumé, si, au lieu d'examiner en bloc les résultats de toutes ces recherches, on les soumet à une critique raisonnée, on voit que la seule conclusion vraisemblable est celle-ci : « Le sperme des phtisiques ordinaires, sans T. miliaire, sans T. génitale ou pelvienne, n'est pas virulent. » Cette proposition n’est pas absolument certaine ; de nouvelles expériences seraient utiles pour en établir formellement l'exactitude, mais cette dernière est confirmée par l'étude de la T. génitale primitive chez la femme.
Non-infectiosité du sperme des phtisiques déduite de la rareté de la T. génitale primitive de la femme.
1°" point. La T.génitale secondaire n’est pas rare chez la femme. — C'est là une notion classique; la T. génitale secondaire occupe surtout les parties profondes du canal sexuel, siégeant par ordre de fréquence dans les #rompes, l'utérus [Daurios (265) sur 72 obs. de T. génitale a trouvé 27 cas de T. utérine, mais cette T. est généralement consécutive à la descente du mucus caséeux sécrété par la trompe (CorwiL) (9)], l'ovaire {où elle est rare), le vagin, le co!, la vulve. Donc l'appareil génital est apte à cultiver le B.
2° point. La T. génitale par inoculation directe est possible. — Au Congrès dela T. de 1888, Corniz a rapporté les expériences qu’il a faites à ce sujet avec Dosrocowsxi; il introduisait dans le vagin de cobayes, à l’aide d’un tube de verre terminé par une extrémité arrondie et bien émoussée, de façon à ne produire aucune érosion de la muqueuse vaginale, 2 ou 3 gouttes de culture tuberculeuse ; les cobayes étaient sacrifiées 4, 6, 12, 20 et 30 jours
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après l'opération ; dans tous les cas, on a constaté des lésions utérines (inflammation catarrhale du col, puis versle 15° jour formation de petits follicules tuberculeux microscopiques au-dessous du revêtement épithélial conservé). Donc l'infection de l'utérus est possible par la voie vaginale si on y introduit des B.
GarrTner (28) s’est rapproché davantage des conditions de la vie ; il a mis des femelles en contact avec des mdles inoculés de T. dans le testicule (ayant donc, comme nous savons, du sperme virulent). Sur 59lapines, onze moururenttuberculeuses; dans deux cas on ne put démontrer l’origine génitale de la T., mais dans les neuf autres cas, l'utérus ou le vagin étaient si fortement intéressés qu'on était obligé de regarder ces organes comme le point de départ de l'affection. La fréquence de cette T. génitale par voie. spermatique s'explique, dit Gaertner, par ce fait queles lapines se livrent à l'amour jusque près du terme de la grossesse. Au contraire, les cobayes repoussent le mâle dès qu’elles sont pleines; aussi chez elles, la T. génitale s’est-elle produite moins souvent. Sur 65 femelles cobayes cohabitant avec les mâles infectés, cing moururent de T. à point de départ vaginal.
3° point. La T. génitale primaire (1) est très rare chez la femme. — Divers auteurs ont prétendu que la rareté de la T. génitale chez la petite fille, comparée à sa fréquence chez la femme, est une preuve en faveur de l’existence d’un assez grand nombre de cas de T. génitale par inoculation directe, donc deT. primaires. Mais ne sait-on pas que la T. secondaire a tendance à se localiser précisément sur les organes qui fonctionnent beaucoup, et n'est-il pas évident dès lors que la T.génitale doit être la plus fréquente à la période d'activité sexuelle? Il faut bien avouer que tous les - prétendus exemples qu’on a donnés de T. génitales primaires sont * fort sujets à caution. Quelle valeur accorder à ces observations - qu’on rencontre si souvent dans la littérarure médicale où l'on ‘ conclut à une T. génitale primitive sous prétexte que les manifestations pulmonaires de la maladie étaient très en retard sur les manifestations génitales ou même manquaient complètement?
(1) I s’agit de T. primaire au
sens éliologique du mot, que l'origine de cette T° ‘soit ou non l'acte sexuel. | ps ;
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Comme les accidents pelviens ont été les premiers en date, ou les seuls observés, que les poumons se sont pris plus tard ou pas du tout, on conclut que c'est dans les organes génitaux que la T.a commencé ! Ce raisonnement confond deux manifestations bien différentes de laT, pulmonaire: 1° la T. pulmonaire banale des clinicicns, et 2° la T. pulmonaire d’inhalation latente, la seule qui nous importe au point de vue étiologique (Voir plus loin la description de cette forme de T.
Les autopsies pourraient nous renseigner plus utilement : encore ne le font-elles pas toujours. Aïnsi dans une observation récente, Lemière (de Lille) (272) conclut à une T. génitale primaire après avoir rencontré chez une femme de 53 ans morte de brightisme, une ancienne péritonite guérie par transformation fibreuse, trois noyaux calcaires gros comme un pois au sommet du poumon droit et plusieurs noyaux calcaires dans les ligaments larges et dans les ovaires (les ganglions n’ont du reste pas été examinés el un des noyaux ovariens renfermait encore de la matière caséeuse). Donc, rencontrant deux manifestations tuberculeuses de même âge, d'une part dans un organe où les B. ont pu arriver facilement par la voie aérienne, d'autre part, en des points (ovaires, ligaments larges) où leur apport direct est fort difficile à comprendre, l’auteur subordonne la première localisation bacillaire à la seconde! Il nous semble que le contraire serait plus vraisemblable.
Auenermanx (261) a trouvé, à l’autopsie d’une femme en couches, une T. caséeuse des trompes avec T. miliaire généralisée sans phtisie pulmonaire, et pense que le diagnostic de T. génitale primaire s'impose. Or les poumons étaient soudés au thorax et renfermaient de nombreux nodules submiliaires, avec des noyaux broncho-pneumonique dans les lobes inférieurs. Il est impossible de savoir dans ces conditions s’il y avait ou non de la T. d’inhalation. C'est une observation dont on ne doit rien conclure au point de vue éliologique. Observons du reste que le mari n'était pas tuberculeux. :
L'observation de FrankenBurGEr (268) est passible des mêmes reproches : les deux poumons étaient soudés aux plèvres, et il
Re er
est à peu près certain que l’auteur, ne connaissant pas la forme spéciale que revêt la T. d’inhalation, n’a pas songé à la chercher.
On voit que si on y regardait de près, le nombre des observations probantes diminuerait passablement ; comme les T. génitales cliniquement primitives ne sont pas communes, que rigoureusement étudictes elles deviendraient plus rares encore, enfin que toutes les T. génitales primaires ne sont pas dues à une contamination par le sperme, puisque nombre de ces T. ont été observées chez des petites filles, chez des vierges, ou chez des femmes n'ayant pas eu de coït suspect, nous sommes en droit de conclure à l'extréme rareté de l'infection bacillaire génitale par les rapports sexuels. KzePrp (70) chez la vache, où pourtant l’endométrite tuberculeuse est fréquente, arrive à la même conclusion.
Du reste, M. Recrus (264) a suivi dans sa clientèle privée 6 malades mariés atteints de T. génitale localisée; aucune des femmes n’a été infectée; donc même dans ces conditions favorables, il est peu probable que ces hommes aient produit des spermatozoïdes chargés de B. et capables de remonter jusqu'aux trompes; sans quoi la tuberculisation utérine ou tubaire aurait eu bien des chances de se constituer, au moins dans une partie des cas.
Rassemblons toutes ces notions : {° les B. colonisent volontiers dans les organes génitaux internes de la femme, 2° l'infection de ces organes a été réalisée expérimentalement non seulement en introduisant dans le vagin des cultures tuberculeuses, mais
encore par le coïtavec des mâles à sperme virulent, 3° la T. géni-
tale primaire de la femme est fort rare; 4° les phtisiques sont aptes au coït jusqu’à une période avancée; n’en résulte-t-il pas évidemment que le sperme des phtisiques ne doit être infectieux que dans des conditions exceptionnelles, ou en tous cas qu’il ne l’est que d’une manière peu intense ?
Ainsi l'observation humaine comme l’expérimentation directe nous conduisent à penser que les B., contrairement aux assertions de Jani et de Fiore Spano, n'existent pas souvent dans le sperme.
Cela déjà nous met fort en garde contre la possibilité de l'H.P. de la T. paternelle; mais il y a plus : des raisons sérieuses per-